Rétrospective d’une année 2017 au féminin. Il y a eu les mot-dièse #BalanceTonPorc et #MeToo accompagnant les témoignages contre le harcèlement sexuel. Et puis le mot féminisme a été élu mot de l’année aux Etats-Unis. Et puis « celles qui ont brisé le silence » ont été couronnées personnalité de l’année par le magazine Time. De la marche des femmes en janvier à l’affaire Weinstein, de La servante écarlate à l’écriture inclusive, retour sur une année 2017 marquée par la libération de la parole des femmes. Et peut-être, un changement de société.  

  • 21 janvier 2017 : Les femmes marchent sur Washington

La marche a été organisée au lendemain de l’intronisation du nouveau Président des Etats-Unis Donald Trump, le 20 janvier 2017. Elle vise à alerter la nouvelle administration sur plusieurs sujets, dont les droits des femmes, Donald Trump ayant eu à plusieurs reprises des attitudes offensantes envers les femmes. Si le mouvement est parti de Washington, des centaines de marches se sont tenues dans le monde entier.


  • Avril 2017 : The Handmaid’s tale

La plate-forme video Hulu adapte et diffuse la série The Handmaid’s tale, adaptation du roman de Margaret Atwood La servante écarlate publié en 1985. Trop souvent réduit à son féminisme alors qu’il parle plus largement de l’humain, de politique, d’écologie et de rapports de force, La Servante écarlate voit ses ventes exploser, au même titre que le 1984 de Orwell.

  • Août 2017 : L’entrepreneuriat féminin progresse de 10%

Les femmes créent des entreprises. Et de plus en plus. 74 pays ont été étudiés par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), résultat : le taux d’activité entrepreneuriale des femmes a progressé de 10%, réduisant l’écart de 5% avec les hommes, en 2016-2017, par rapport aux années 2014-2015. Ces dernières années dans le monde, ce sont 163 millions de femmes qui ont créé une entreprise, alors que 111 millions de femmes dirigeaient une entreprise déjà constituée, un chiffre en augmentation de 8%.

  • Septembre 2017 : Débat sur l’écriture inclusive et l’accord de proximité

Et si, la formule « le masculin l’emporte sur le féminin » enseignée dans les écoles induisait une certaine manière de percevoir la place des femmes et des hommes dans la société ? A la rentrée, le vieux débat sur l’écriture inclusive et l’accord de proximité, qui avait déjà fait l’objet d’une pétition en 2012 joliment intitulée « que les hommes et les femmes soient belles », est revenu sur le devant de la scène avec la parution d’un manuel scolaire en écriture inclusive. En octobre, les « immortels » y ont vu « un péril mortel ». Depuis, de plus en plus d’entreprises, de politiques, de rédactions et d’enseignants commencent à écrire inclusif : que ce soit avec l’accord de proximité, le point milieu, ou l’utilisation du féminin et du masculin.

  • Octobre 2017 : L’affaire Weinstein éclate

Intimidation, manipulation, agression sexuelle, viol. Les accusations pleuvent contre le producteur Harvey Weinstein. Cara Delevigne, Asia Argento, Emma de Caunes, Léa Seydoux… Toutes dénoncent un prédateur sexuel dont le comportement était apparemment connu du tout Hollywood. L’affaire prend également une tournure politique : le producteur est un généreux donateur du parti démocrate. Une enquête du New York Times a révélé l’existence de huit accords amiables passés pour étouffer des accusations de harcèlement sexuel. La chape d’immunité levée, les victimes ont enfin pu témoigner. Dans le New Yorker d’abord, puis dans le reste des médias, Asia Argento, Léa Seydoux, Cara Delavigne, Angelina Jolie… La liste des victimes de Weinstein est longue. Interminable.  Et les témoignages rapportent des faits plus sordides les uns que les autres. Asia Argento et deux autres femmes parlent de viol, Emma de Caunes raconte que le producteur s’est présenté nu devant elle, Léa Seydoux qu’il lui a sauté dessus… Mais voilà, à mesure que les accusations tombent, une petite phrase fait son apparition : « tout le monde savait. »

  • 13 octobre 2017 : #BalanceTonPorc

La journaliste Sandra Muller lance sur Twitter : « #BalanceTonPorc ! Toi aussi, raconte en donnant le nom et les détails d’un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. » Si la majorité des messages ne donnent pas de nom, les témoignages sous #BalanceTonPorc s’accumulent et s’ajoutent aux hashtags #MeToo et #MoiAussi.

  • 17 octobre 2017 : La grande cause nationale se transformera en projet de loi en 2018

Face aux révélations causés par l’affaire Weinstein, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité des femmes et des hommes, annonce que la grande cause nationale du quinquennat sera transformée en projet de loi en 2018, avec trois objectifs :

L’allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs.

L’instauration du non-consentement présumé des enfants en matières de relation sexuelle.

La création de sanctions contre le harcèlement de rue.

  • 3 novembre, 11h44 : Les femmes travaillent bénévolement

C’est une campagne menée par Les Glorieuses. Le message est fort : à compter de ce vendredi 3 novembre, à 11h44, les femmes travaillent « bénévolement » jusqu’à la fin de l’année. Autrement dit, les femmes gagnent 15,8% de moins que les hommes. 

  • 25 novembre 2017 : Grande cause du quinquennat

A l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, Emmanuel Macron a officiellement lancé la grande cause de son quinquennat, l’égalité entre les femmes et les hommes. Ses trois priorités : un « meilleur accompagnement des victime », « éducation et combat culturel en faveur de l’égalité », et « renforcement de l’arsenal répressif ».

  • Décembre 2017 : « Feminism » élu mot de l’année aux Etats-Unis 

Féminisme, nom masculin, du Latin femina : « mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société », selon le dictionnaire Larousse. Ce mot, et précisément son homologue américain « feminism », a été élu mot de l’année 2017 aux Etats-Unis par le groupe Merriam-Webster, un dictionnaire en ligne parmi les plus consultés aux Etats-Unis. Chaque année, le dictionnaire effectue un palmarès des mots les plus consultés de l’année. Sans surprise, au regard de l’actualité de l’année marquée par la marche des femmes en janvier et l’affaire Weinstein en octobre, « feminism » est en première place. Le dictionnaire Merriam-Webster, définit ainsi le « feminism » : « La théorie de l’égalité politique, économique et sociale des sexes ET l’activité organisée en faveur des droits et des intérêts des femmes. »

Et le magazine Time déclare “personnalité de l’année” les personnes qui ont brisé le silence et lancé un mouvement. 

  • 29 décembre 2017 : Deux ministères épinglés

Les ministères de la Justice et des Armées devront s’acquitter d’une amende de 60 000 et 120 000 euros pour ne pas avoir respecté la loi Sauvadet sur la parité. Et trois collectivités devront payer 240 000 euros de pénalités. La loi Sauvadet de mars 2012 prévoit qu’à compter de 2017, 40% des primo-nominations soient accordées aux femmes. En 2016 selon Le Monde, celles-ci représentaient 34,9% des hauts cadres et 35% des premières nominations dans la fonction publique.  

  • Décembre 2017 : Les femmes absentes des personnalités les plus médiatisées en 2017

Baromètre Forbes-Pressed : 16,9% de femmes dans le classement des 1 000 personnalités dont la presse a le plus parlé en 2017. 83,1% des personnes les plus médiatisées en 2017 sont donc des hommes. En cette fin d’année, Forbes France, en partenariat exclusif avec Pressedd, la plate-forme n°1 de la presse française, propose un baromètre de la visibilité des femmes dans les médias. Sur quatre grandes thématiques, politique, culture, sport, et business, les femmes sont donc beaucoup moins citées que les hommes. Et cela ne va pas en s’arrangeant : en 2013, sur les 1000 personnalités dont la presse avait le plus parlé, 19,2% étaient des femmes.