Le Consumer Electronic Show, plus grand salon tech mondial, s’est tenu la semaine dernière à Las Vegas, dans des conditions particulières. Malgré la double pression de la montée en puissance de la 4ème vague du variant Omicron, et de l’annulation de dernière minute de grandes marques, la Consumer Technology Association, qui organise l’évènement, avait décidé de maintenir l’évènement.


Pour donner confiance aux participants, s’assurer que le salon se déroule dans de bonnes conditions, et qu’il ne soit pas source d’un cluster, les organisateurs avaient édicté des règles sanitaires très strictes : obligation du pass sanitaire, auto tests, port du masque obligatoire, et à une semaine de l’évènement, suppression du dernier jour du salon.

Chacun était conscient que cette édition allait être unique. Dès l’embarquement, l’excitation était palpable, chacun souhaitant, soit découvrir les dernières innovations de ses propres yeux, les tester, les toucher, soit mettre en valeur le savoir-faire de sa jeune société, et trouver des clients.

L’heure est au bilan, voici mon point de vue

 

Les chiffres clés

Plus de 2 300 entreprises du monde entier exposaient, dont plus de 800 start-up (à son habitude, la France était là en nombre avec 140 start-up). Ce chiffre est à comparer aux 4 500 exposants de 2020. Physiquement, cela se traduisait par la fermeture du South Hall, et des espaces vides au Convention center.

La fréquentation s’élevait à quelque 40 000 participants (ils étaient 170 000 en 2020) dont 1 800 médias mondiaux. Le salon était toujours un événement mondial, avec 30% des participants venant de l’extérieur des États-Unis – représentant 119 pays.

Comme son nom ne l’indique pas, le salon couvrait tous les secteurs d’activité : intelligence artificielle, mobilité, santé numérique, maison intelligente, industrie, et bien d’autres encore, y compris l’agriculture.

 

Un salon différent, plus ciblé

Google, Amazon, Meta, Lenovo et d’autres grands noms de la technologie avaient annulé leur présence peu avant Noël, effrayés par la propagation rapide du variant Omicron.

D’ailleurs, la décision de venir ou pas au salon en cette période incertaine a reflété la différence originelle entre un grand groupe et une start-up : une approche du risque opposée.

Les grands groupes, réticents au risque, ont décidé d’alléger voire d’annuler tout simplement.

Les start-up, à l’aise en milieu ambigu, ont maintenu en très grande majorité leur présence.

Selon les premiers échos, elles ne l’ont pas regretté. Même si la fréquentation était moindre, le public était plus ciblé, plus averti et les discussions plus poussées. Certaines reviennent avec des contrats signés, d’autres avec plus de 150 leads.

 

La représentation française

La France était la deuxième délégation la plus présente au CES cette année, après les Américains, grâce notamment à Business France qui avait loué un certain nombre d’espaces pour permettre à différentes délégations et régions d’être présentes. Une représentation moins importante en nombre que les années précédentes, mais certainement plus qualitative. A titre de comparaison, la délégation italienne était de 43 start-up, la hollandaise de 50 start-up, la Suisse de 16 start-up… Les autres pays ont ainsi pris conscience de l’importance d’être au CES.

La France était également mise en avant au travers de la plateforme My Global Village / Village Francophone, une plateforme de networking en marge du CES de Las Vegas qui fédère les décideurs francophones : startups, investisseurs et donneurs d’ordre) sur les grands évènements.

Pour le CES 2022, cette véritable plateforme d’intelligence collective a proposé différents formats de partage :

  • des pitchs de plus de 100 startups, sélectionnées parmi 400, qui se sont relayées pour présenter leurs solutions innovantes
  • des sessions TV interconnectant le studio central de Las Vegas et les studios connectés dans les territoires français et francophones à distance
  • des parcours thématiques (santé, Edtech, Retail, …) proposés par des experts-curateurs

 

Une présence inédite

Le Lab 3DExpérience, programme mondial d’accélération des startups et d’innovation ouverte de Dassault Systèmes, était présent sous une forme originale, puisqu’il ne présentait pas moins de 50 startups… sous forme de jumeaux virtuels, présents dans une plateforme de réalité virtuelle, en mode interactif via un casque VR.

Cela a eu la vertu de concilier maîtrise du risque sanitaire des collaborateurs et limitation de l’impact carbone des startups se rendant physiquement sur le salon.

Le concept est intéressant, les visiteurs n’auront cependant, ni pris le temps de visiter chacun des jumeaux numériques des 50 startups, ni d’échanger, de tester et de toucher leurs produits.

 

5 techs remarquées, voire remarquables

Le salon CES est une foire avec pas moins de 1 000 lancements de nouveautés, la sélection best-of dépend alors de ses propres goûts et obsessions.

Voici une sélection de 5 innovations qui ont marqué l’événement selon moi.

  • La voiture BMW qui change de couleur

Le tour de magie est rendu possible par un système d’encre électronique qui recouvre la carrosserie de cette BMW iX Flow, la même technologie que celle utilisée par les liseuses électroniques.

  • Sony se lance dans la voiture

La compagnie a confirmé qu’elle allait lancer une division automobile nommée Sony Mobility Inc. Elle a également présenté le concept Vision-S 02, un VUS à sept places, qui souhaite proposer de nouvelles expériences à bord en s’appuyant sur l’expérience de la compagnie en matière de jeux, d’audio et de divertissement.

  • Ameca, le robot de forme humaine le plus avancé au monde

La startup britannique Engineered Arts, a attiré un très grand nombre de visiteurs et les médias du monde entier, avec son robot humanoïde très expressif, Ameca, avec qui tout un chacun pouvait interagir. Bluffant !

L’approche Samsung est à saluer, puisqu’ils ont privilégié une exposition par usage plutôt que par produits. Plusieurs concepts ont attiré mon œil, notamment le Samsung Freestyle, un vidéoprojecteur orientable à 180 degrés, léger et compact. Il est transportable facilement et est capable de se connecter à n’importe quelle source.

  • La veste Skinetic

Sur l’espace FrenchTech, le gilet haptique d’Actronika, Skinetic, a fait sensation. La veste procure aux utilisateurs une nouvelle expérience de la réalité virtuelle immersive en leur permettant de ressentir des sensations réalistes de chaque interaction dans le monde virtuel (pluie, coup de feu, choc, …). L’ajout du sens du toucher va révolutionner l’expérience gaming.

 

Le Metaverse, de star promise au flop

Le Métaverse devait être la star du salon CES 2022. Ce monde fictif virtuel dans lequel chacun pourra interagir et retrouver des éléments du monde réel a de multiples promesses. Son attrait a explosé avec l’annonce de Facebook d’y consacrer des investissements massifs.

Les termes Metaverse, NFT, et dans un degré moindre, web3, fleurissaient dans les keynotes et les accroches des exposants. Pour autant, lorsque la discussion était engagée sur ces sujets, les discours étaient encore creux et vagues.

La représentation la plus solide, même si elle était décalée sur un salon tech, était une description des différents concepts sous forme de tableaux statiques explicatifs, sur un espace dédié au Metaverse à Eureka Park.

Néanmoins, le web3 et le Metaverse ont fait son leur entrée au Consumer Electronics Show de Las Vegas, nul doute qu’ils consolideront leurs promesses lors des prochaines éditions.

Ce CES 2022 restera comme une édition réellement différente de toutes les autres. Il aura été unique sous bien des aspects et il restera comme une expérience inédite pour ceux qui auront pris le risque de s’y rendre.

 

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