Les grandes conférences de presse de l’E3 ont pris fin pour laisser la place auc démonstrations et aux expositions. Les plus grandes entreprises, comme Sony, Nintendo ou Microsoft, ont présenté leurs produits. Nous avons donc vu des jeux très prometteurs, bien que l’absence de certains nous ait surpris. Nous sommes désormais prêts à accueillir le nombre impressionnant de nouveaux titres qui sortiront entre septembre prochain et mars 2019. Qui a fait le plus d’effet ?

C’est assez difficile à dire car cet E3 était étrange à différents niveaux : certaines présentations étaient curieusement courtes, une tonne de jeux sont très bien conçus, ce qui donne le sentiment général d’un secteur en pleine forme. Mais qui a fait pâle figure par rapport aux autres ? La réponse à cette question est toute trouvée. Après sa conférence de presse lundi soir, Sony était confiant avec un éventail de jeux impressionnant, mais hier, la marque a réussi à se retrouver en queue de peloton d’un seul coup.

Il est évident que Sony disposait des meilleurs jeux vidéos du salon : Ghosts of Tsushima, Death Stranding, Spider-Man et The last of us part 2 paraissent tous incroyables, chacun dans leur propre style. Il sont tous assurés de recevoir des récompenses et d’atteindre des records de vente. Microsoft est bien loin de pouvoir rivaliser avec ces jeux. Même Nintendo ne leur arrive pas à la cheville, bien que ce dernier, comme toujours, fasse des jeux dans son propre style. Sony a présenté ses jeux à sa manière, un peu spéciale, ce qui a pu perturber le public, mais cela ne fait aucun doute qu’ils ont marqué les esprits. Sony n’a rien montré de nouveau, si ce n’est la confiance de la marque, qui a eu l’audace de se présenter sur scène avec ses quatre jeux précédemment annoncés.

Mais ce n’est pas dans l’esprit de l’E3. Le salon est l’endroit où les éditeurs doivent attiser la curiosité des amateurs de jeux vidéo, et les rendre impatients de pouvoir y jouer. Et à ce niveau là, Sony a fait chou blanc.

Hier, Epic Game et Nintendo ont annoncé ce que tout le monde attendait : Fortnite : Battle Royale est désormais disponible sur Nintendo Switch, avec les mécaniques de cross-play et de progrès croisés qui caractérisent le jeu jusqu’à maintenant. Si vous jouez sur Nintendo Switch, vous pouvez facilement former des équipes avec vos amis sur Xbox One, PC ou iOS, et vous pouvez également transférer vos progrès tout aussi facilement à partir d’une Xbox One, d’un PC ou d’iOS. Il ne manque pas quelque chose dans cette liste ? La PS4 se fait remarquer par son absence.

Voilà ce qui dérange les joueurs voulant télécharger ce jeu sur Nintendo Switch : si vous avez déjà utilisé un compte Epic sur une PS4, vous ne pourrez alors pas l’utiliser pour jouer sur une Switch, vous serez bloqué par un message d’erreur. Vous devrez donc créer un nouveau compte, perdant au passage votre liste d’amis, vos progrès ou tous les accessoires que vous aurez achetés. Et cette incompatibilité n’est en aucun cas technique, la preuve en est que les autres plateformes n’ont rencontré aucun problème. C’est seulement Sony qui protège son territoire de manière très féroce. Les fans sont bien entendu furieux, et Sony semble vouloir dire que si vous souhaitez vous offrir une console compatible avec les écosystèmes des jeux cross-play à l’avenir, vous feriez mieux de vous tourner vers Microsoft ou Nintendo. C’est exactement ce que Phil Spencer, de Microsoft, essaie de dire depuis quelques années maintenant, mais il a enfin pu utiliser la balle que Sony s’est tirée dans le pied pour appuyer son argument.

Sony dominait le marché jusqu’à présent, et c’est le moins que l’on puisse dire. La PS4 a rapidement supplanté la Xbox One en début de génération, pour ensuite totalement dominer le marché, et présente aujourd’hui une suite sans précédents de studios et d’IP exclusifs. Mais en ce moment, la marque est en train de perdre le combat pour l’avenir, en adoptant une posture restrictive et conservatrice comme celle qui avait freiné la sortie de la Xbox One de Microsoft. Sony a encore le temps de se rattraper, car la prochaine génération ne verra pas le jour avant 2020. Car si elle ne fait pas machine arrière pour décider d’ouvrir sa plateforme rapidement, la marque va atteindre un point de non retour. Il suffit de demander à Phil Spencer à quel point il est difficile de se rattraper une fois ce point dépassé.