Pourquoi la fonction RH est-elle reléguée au second plan dans les start-up ? Pourquoi priorise-t-on une partie des fonctions supports telles que le Directeur Financier et néglige-t-on le DRH en charge d’un atout pourtant essentiel pour la croissance : les talents ?

Chief People Officier ou Chief Happiness Officier, les chargés de bonheur en entreprise sont légion dans les start-up. Bien que leur rôle affiché soit de mettre de l’humain dans le quotidien des collaborateurs, la dimension RH est encore trop souvent incarnée uniquement par le fondateur. Mais quels que soient le charisme et les valeurs de ce fondateur, ils ne suffisent pas à traiter les questions de fond que sont le développement et la rétention des talents.


 

Fidéliser ses talents : un enjeu que les start-up ne devraient pas négliger

L’humain créé de la valeur, les start-up le savent, mais au final, rares sont celles qui recrutent un Directeur des Ressources Humaines expérimenté pour les accompagner dans leur croissance. Majoritairement, les start-up se concentrent sur le recrutement des talents et sur leur marque employeur généralement incarné par les fondateurs ; et sous-investissent dans le reste de la « life cycle » de leurs collaborateurs : développement, évaluation, formation, rémunération, sortie… qui sont autant de moyens de fidéliser les collaborateurs dans la durée et de construire le futur.

Or, la fidélisation des bons talents reste le nerf de la guerre, et encore plus dans un marché de l’emploi en surchauffe dans lequel les compétences, dont ces entreprises ont besoin,  sont rares et demandées. Peut-être que les start-up devraient arrêter de considérer un turnover important comme étant une composante structurelle et inévitable de leur fonctionnement. Peut-être devaient elles voir la fonction RH comme une fonction stratégique dans leur développement.

 

DRH n’est pas un gros mot, mais un levier de croissance

Quel dirigeant de start-up et quel Partner de fonds d’investissement accepterait de se passer d’un solide Directeur Financier ayant déjà fait ses preuves au sein d’une entreprise en forte croissance pour accompagner un fondateur ? Aucun.
En revanche quel dirigeant de start-up accepterait de se passer d’un Directeur des Ressources Humaines ayant fait ses preuves pour accompagner un fondateur et la croissance d’une entreprise ? Tous.

D’où vient cette différence dans la perception et le traitement de la fonction RH ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées :

  • La fonction est incarnée par les fondateurs de la start-up qui portent la culture de leur entreprise ;
  • La technicité et la valeur ajoutée de la fonction ne sont pas perçus par les fondateurs ;
  • La fonction est encore trop rattachée dans l’imaginaire collectif à sa dimension relation sociale et représente par ricochet le « vieux monde » dont les fondateurs veulent se différencier ;
  • Les fonds de capital-risque n’en font pas un sujet de board, en dehors du suivi des effectifs et de la masse salariale, et ne poussent donc pas à la professionnalisation de la fonction.

C’est dommageable !
D’autant plus quand tout le monde s’accorde pour dire que le succès d’une start-up dépend de sa capacité à exécuter et donc à trouver et à retenir les talents qui vont permettre cette exécution. Il est donc temps de mettre la fonction RH au cœur du fonctionnement de l’entreprise et de recruter les professionnels qui sauront lui donner sa dimension stratégique.