Le secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi était très attendu à VivaTech. Sur le stand de bpifrance, ce jeudi après-midi, il est revenu sur le bilan du start-up tour. Sur les 100 mesures issues de ce tour de France de huit mois à la rencontre des entrepreneurs, il a tenu à en détailler dix. Et à profité du micro défaillant pour dévoiler la création prochaine de l’indice Next40, une liste des 40 start-up à suivre et à présenter au monde comme les premières de cordé de l’entrepreneuriat français. Une sorte de Cac40 des start-up.

« Je veux que vous les connaissiez comme les entreprises du Cac40 ! » Sur le stand VivaTech de bpifrance, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi vient de révéler la création prochaine d’un indice Next40, une sorte de Cac40 des start-up.


Il y avait foule sur le stand de bpifrance ce jeudi après-midi, et Mounir Mahjoubi a pris quelques minutes pour serrer la pince à chacun, comme pour illustrer le tour de France des start-up qu’il vient d’accomplir. De février à novembre, il a participé à 16 ateliers, rencontré une centaine d’entrepreneurs de tous les secteurs « pour leur demander comment faire pour améliorer les choses ». En complément de ces entretiens, 1 500 personnes ont contribué en ligne pour soumettre leurs inquiétudes, leurs doléances.

Pour clore cette virée de huit mois à la rencontre des entrepreneurs, le secrétaire d’Etat au Numérique a présenté ses conclusions, une somme de 100 mesures pour aider les start-up à se financer, à grandir, à s’exporter. Surtout, à leur faciliter la tâche et leur éviter les freins du quotidien. Ces mesures, consultables en ligne, sont organisées en quatre grandes thématiques : simplification, financement, recrutement, international. Ainsi qu’une série de mesures spécifiques à chaque secteur.

A.C

Simplifier

France Expérimentation. Le dispositif date de François Hollande, il est réactivé depuis début mai. Il s’agit d’un « guichet unique » qui permet aux entrepreneurs de signaler si la loi bloque la création et le déploiement d’une idée, et demander une souplesse pour tester une innovation.

Un correspondant start-up dans chaque ministère. « Je reçois des centaines de messages chaque jour me disant : « Mounir, j’ai une start-up dans la healthTech, il faudrait alerter le ministère de la Santé ». » Désormais, les entrepreneurs pourront s’adresser directement au ministère de leur secteur. Ces délégués seront à la fois chargés de répondre aux start-up, mais aussi d’acculturer chacun des ministères. Une mesure obtenue de haute lutte, « après des semaines de négociations ».

Atténuer les seuils. Dans le cadre de la loi Pacte, (Plan pour la croissance et la transformation des entreprises), Mounir Mahjoubi veut alléger  les contraintes résultants des dépassements de seuils de onze, vingt et cinquante salariés. « Nous voulons que les start-up grossissent vite. »

Financement

Venture loans. Un nouvel outil, et une expérimentation par bpifrance pour accompagner les levée de fonds « de 20, 50 ou 100 millions d’euros ».

Promouvoir l’essor des ICO, les Initial Coin Offerings. « Ils peuvent être bénéfiques si on apporte la confiance », souligne le secrétaire d’Etat. Pour cela, la loi Pacte prévoit la création d’un visa pour les entreprises émettrices de jetons respectant certains critères.

Un guichet unique d’achat de l’Etat. « Aujourd’hui, le seuil d’exonération des procédures de marchés publics pour les PME innovantes est de 25 000 euros et la procédure est trop complexe », indique Mounir Mahjoubi qui compte la simplifier et relever le seuil à 100 000 euros.

Recruter

Développer la formation. « Il faut identifier les compétences et ouvrir des formations. » En 2019, une spécialité numérique et sciences informatiques fera son apparition au lycée, et 10 000 formations au numérique seront créées.

Assouplir le French Tech Visa afin de faciliter le recrutement de talents étrangers.

International

Indice Next40. « Nous voulons faire grandir les start-up à haut potentiel. » Pour cela, l’indice Next40 sera lancé à l’automne. Un équivalent du Cac40 pour les start-up. Un groupe d’une dizaine de personnes, des entrepreneurs, des personnes issues de la French Tech se réunira prochainement pour déterminer quelles start-up seront susceptibles d’intégrer cette liste des 40 qui sera renouvelée tous les 6 mois ou tous les ans.

Ces mesures seront activées dans les mois qui viennent, notamment avec la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) portée par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, et qui devrait être présentée le 20 juin en prochain en conseil des ministres, après plusieurs reports. Certaines mesures seront intégrées à d’autres textes, notamment pour les mesures sectorielles.

Parmi elles, « une feuille de route » pour la EdTech (les start-up de l’éducation qui ont souvent des difficultés à se connecter à l’éducation nationale), une stratégie nationale sur le véhicule autonome, etc.