A l’initiative de VivaTech – via le journal Les Echos dont LVMH est propriétaire -, le leader mondial du luxe a montré, une fois de plus, son attachement aux start-up et à leurs valeurs en remettant, pour la deuxième année consécutive, le prix « LVMH Innovation Award », récompensant la jeune entreprise la plus innovante. Une “proximité” savamment cultivée par le groupe de luxe, déjà fondateur de “la maison des start-up” à Station F. 

Qui voyage loin ménage sa monture.  L’adage sied à merveille à LVMH qui, non content d’être devenu l’an passé la première capitalisation boursière du CAC 40, sème de nombreuses « graines » au sein de l’écosystème start-up, espérant en récolter les fruits à l’avenir.  Loin de toutes considérations relatives à des partenariats et autres engagements financiers, le groupe de l’avenue Montaigne multiplie les initiatives de « patronage bienveillant » à l’égard de jeunes pousses ayant suscité son intérêt et son attention. Au gré des innovations de celles-ci, le premier groupe de luxe mondial  suit avec attention le « parcours de vie » de ces jeunes pousses désireuses de porter l’étendard de l’entrepreneuriat à la française… où d’ailleurs. Car, en effet, ce ne sont pas moins de 800 (!) start-up qui ont candidaté cette année à ce prix remis par Bernard Arnault en personne, première fortune de France selon notre classement annuel.  Du Canada à Israël en passant par la Corée du Sud, toutes ces « pépites » ont bataillé ferme pour faire partie des 30 finalistes. Devant un jury particulièrement exigeant composé, outre Bernard Arnault, de son fils Alexandre, seulement 24 ans et déjà à la tête du malletier Rimowa, passé sous pavillon LVMH en septembre 2016, mais également de Ian Rogers, « Chief Digital Officer » du groupe, c’est finalement la jeune pousse française Oyst qui a récolté les lauriers.


Cette entreprise, qui propose un système d’achat en un clic, sans saisie de login, de mot de passe  ni informations de livraison, succède ainsi à Heuritech, lauréate 2017 et start-up du « deep learning » appliqué à la mode et au luxe. Diverses innovations qui ont séduit Bernard Arnault qui a néanmoins tenu à rappeler, loin d’un point presse informel, que LVMH n’avait pas « pour ambition de devenir une entreprise technologique mais de demeurer la référence sur son secteur de prédilection, le luxe ». Une fois ce « rappel » effectué, le patron du groupe au 70 marques est néanmoins revenu sur son « tropisme » pour l’univers de la technologie, narrant notamment l’épisode, peu connu du grand public, relatif à l’investissement du Groupe Arnault, dès 1999, dans l’un des espoirs de la Tech mondiale et loin d’être le mastodonte que l’on connaît aujourd’hui : la plateforme de distribution de films et de vidéos Netflix.  L’occasion idoine pour le dirigeant de mettre en exergue l’engagement historique et les valeurs de LVMH, « partagées par toutes les start-up présentes en ce jour ».  

La France, nouvelle porte de l’Europe

Et d’appeler de ses vœux l’émergence prochaine d’un « champion mondial de la Tech à l’échelle française et européenne », revenant ainsi sur les propos d’Emmanuel Macron tenus la veille lors de l’inauguration du salon par le chef de l’Etat. « La France est la nouvelle porte de l’Europe. Venez ! », avait alors déclaré le président de la République à destination des investisseurs et autres acteurs de premier plan de la « Tech » mondiale en évoquant également la bonne tenue de l’écosystème start-up. « « Avec 2,5 milliards d’euros levés l’an dernier par les start-up, le niveau a plus que triplé en trois ans et la France est désormais leader européen sur certains volets », avait également noté Emmanuel Macron. Une vérité « chiffrée » mise en avant lors de la remise du LVMH Innovation Award par Ian Rogers, « Chief Digital Officer » de LVMH. « Des start-up en bonne santé sont le reflet d’une industrie en bonne santé ». Simple et efficace.

Se servir des lueurs du passé pour éclairer l’avenir en se confrontant à une nouvelle génération d’entrepreneurs tous plus innovants les uns que les autres, tel semble être le credo de LVMH qui n’en oublie pas ses « fondamentaux ». Ainsi, avec un chiffre d’affaires de 10,85 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, LVMH a une fois de plus dépassé les attentes du marché et du consensus Inquiry Financial qui se situait peu ou prou aux alentours de 10,64 milliards d’euros. Dans le détail, les ventes ont enregistré une progression significative de 13% en croissance organique (9% attendu par les analystes), après 12% au quatrième trimestre 2017, signe que LVMH continue sur sa belle lancée du « millésime » 2017. Et la « future licorne » française figure peut-être parmi les 30 finalistes de ce prix estampillé LVMH. Avec un tel « parrain », le futur champion de la Tech française pourrait tracer son sillon vers le succès plus vite qu’escompté.