Nommée directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) en 2011, Christine Lagarde faisait déjà partie des femmes les plus puissantes au monde. Aujourd’hui, elle étend son influence après sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne. 

Sa nomination a été annoncée par un tweet de Donald Tusk, Président du Conseil européen, après une concertation avec ses homologues. Si cette affectation doit encore être confirmée par le Parlement européen (le vote des chefs d’État n’est qu’une première étape), Christine Lagarde est néanmoins en passe de devenir la première femme présidente de la Banque centrale européenne (BCE).

Christine Lagarde a déclaré ce mardi : « Je suis très honorée d’avoir été nominée pour la Présidence de la BCE. Au vu de ce qui précède, et en consultation avec le Comité d’éthique du Conseil d’administration, j’ai décidé de quitter provisoirement mes fonctions de DG du FMI durant la période de nomination ».

La femme politique française succéderait ainsi au président actuel de la BCE, Mario Draghi, titulaire du poste depuis 2011 et dont le mandat prendra fin le 31 octobre de cette année. Mario Draghi laisse derrière lui un climat d’incertitude autour de l’euro et de la politique monétaire européenne ; il a récemment annoncé des baisses de taux d’intérêt et un programme d’assouplissement quantitatif, malgré un taux de chômage à son plus bas depuis une décennie et une inflation atteignant à peine la moitié de l’objectif de la BCE, fixé à 2 %.

En tant que directrice générale du FMI (elle est alors la première femme à occuper ce poste), Christine Lagarde était aux commandes d’une organisation rassemblant 189 pays et visant à assurer la stabilité du système monétaire international, promouvoir le commerce international et la croissance économique, et réduire la pauvreté. Le FMI dispose de mille milliards de dollars qu’il peut prêter à ses membres, notamment pour renflouer (sur décision de Christine Lagarde) des pays tels que la Grèce ou l’Argentine.

Avant de se faire une place au FMI, Christine Lagarde avait officié au cabinet d’avocats d’affaires Baker & McKenzie, puis était devenue la première femme ministre de l’Économie dans un pays du G7.

Pionnière dans de nombreux domaines, Christine Lagarde a toujours défendu la cause féminine et l’émancipation économique avec vigueur. Elle déclarait même un jour : « Si Lehman avait été Sisters au lieu de Brothers, le monde serait peut-être très différent aujourd’hui ». Le mois dernier, lors du Forbes Women’s Summit, Christine Lagarde s’était exprimée sur la nécessité d’impliquer plus de femmes dans la population active.

« Il est évident que l’économie serait stimulée, la productivité serait accrue et nous gagnerions en stabilité ».

Le Conseil européen a également nommé Ursula von der Leyen (ministre fédérale allemande de la Défense) à la tête de la Commission européenne, l’organe exécutif de l’Union européenne chargé de proposer et de mettre en œuvre les politiques communautaires.

Jamie Cox, associé directeur du groupe Harris Financial, estime que « le fait que deux femmes soient aujourd’hui à la tête de l’Union européenne n’est pas sans importance. Il s’agit d’une étape décisive pour toutes les femmes, et pas seulement dans ce cas précis ».