En pleine crise sanitaire, les Français ont délaissé leur voiture et la mortalité sur les routes a baissé de 63 %. Mais les départs en vacances risquent d’inverser la tendance. L’IA pourrait-elle changer durablement la donne ? 

La mortalité routière du deuxième trimestre de l’année 2020 a baissé de 63 % pendant les mois de confinement, par rapport à la moyenne des mêmes périodes entre 2015 et 2019. Cependant, durant les mois d’été, le bilan hebdomadaire du nombre de tués sur les routes de France pourrait doubler selon la Sécurité Routière.


Il faut dire qu’en raison de la crise sanitaire Covid-19, les Français devraient privilégier l’usage de l’automobile pour se rendre sur leurs lieux de vacances, principalement dans l’Hexagone », souligne l’organisation, qui appelle à la vigilance et à la prudence en rappelant qu’en 2018, 574 personnes ont perdu la vie sur les routes de France pendant la période estivale (juillet et août) et 12 318 ont été blessées, dont 5 176 hospitalisées.

Si l’humain est souvent la cause des accidents, notamment les plus graves liés généralement à l’alcool et la vitesse, la technologie, notamment l’intelligence artificielle embarquée, pourrait aider à réduire la mortalité routière. A condition que les conducteurs en acceptent les contraintes. Une étude de l’Ifop commandée par NetApp dévoile le niveau d’acceptation de l’Intelligence Artificielle dans les voitures au sein du public français. Cette étude est le pendant français d’une étude allemande, ce qui rend possible la comparaison directe des deux marchés.

Conclusions : 11% seulement des sondés estiment connaitre les avantages qu’apporte l’IA dans les voitures. Les bénéfices sécurité sont globalement valorisés : freinage automatique, alertes état de fatigue, dangers du trafic. Ainsi, 37% des sondés trouvent bien que leur voiture freine automatiquement pour éviter une collision ; 34% trouvent bien que leur voiture les alerte sur leur état de fatigue avant l’endormissement au volant ; enfin, 34% trouvent bien que leur voiture les prévienne des dangers du trafic environnant.

Pour autant, le public français ne semble pas encore prêt pour les bénéfices plus lointains de l’Intelligence Artificielle et en premier lieu les véhicules 100 % autonomes ; en effet, seuls 12% des sondés se laisseraient volontiers conduire par un tel véhicule.

Ces chiffres sont en retrait assez marqué par rapport à ceux de l’Allemagne, où l’étude équivalente avait révélé que 52,1 % des sondés trouvaient bien que la voiture freine automatiquement pour éviter une collision. Dans le même temps, 41,5 % des sondés allemands trouvaient bien que leur véhicule les alerte sur leur état de fatigue, et 49,8% que leur véhicule les prévienne des dangers du trafic environnant. Enfin, 16,4 % des sondés en Allemagne déclarent qu’ils conduiraient un véhicule 100 % autonome.

L’étude Ifop pour NetApp comporte également un volet relatif à la collecte et à la gestion des données des véhicules. Et là, le public français s’exprime en faveur d’un contrôle total sur les données, et souhaite savoir exactement ce qu’il advient d’elles (37 % des sondés ; 40 % des hommes et 35 % des femmes). Les sondés estiment également qu’il est important de savoir que les données récoltées sont anonymisées avant d’être exploitées (37 %). En Allemagne, ces chiffres sont respectivement de 47,7 % et de 43,1 %.

De façon générale, le public français fait preuve d’une certaine défiance à l’égard de l’exploitation des données des véhicules ; seuls 8% des sondés estiment que « les avantages de la collecte de données sont supérieurs aux désavantages qu’elle induit » (9,7 % en Allemagne). De même, seul 5 % de l’échantillon se dit d’accord avec le fait que des fournisseurs de services tiers aient accès aux données générées par leur véhicule (5,6 % en Allemagne).

Dans le même temps, 18 % des Français ont conscience que les assureurs, les services de l’Etat, ou encore des fournisseurs de services tels que les systèmes de navigation ont un intérêt à collecter les données des véhicules. Les Allemands semblent plus conscients de ce phénomène (29,6 % mais la marge de progression reste importante.