Il aura fallu attendre trois ans pour que les États-Unis réintègrent le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU). En juin 2018, le gouvernement Trump avait annoncé, à la surprise générale, que les États-Unis se retiraient du Conseil en raison du « parti pris chronique de l’assemblée contre Israël » et des résultats douteux de certains États membres en matière de droits humains.


 

Le retour des États-Unis au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a fait l’objet d’un vote à bulletin secret et a obtenu 168 voix sur les 193 membres de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le mandat de trois ans des États-Unis commencera le 1er janvier, en même temps que celui de 17 autres États membres élus au Conseil jeudi 14 octobre, et durera jusqu’en 2024.

Linda Thomas-Greenfield, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU nommée par le président Joe Biden, a déclaré dans un communiqué que ce retour au statut de membre à part entière du Conseil des droits de l’homme de l’ONU permettrait aux États-Unis de « participer pleinement » à l’objectif du Conseil de « protéger et promouvoir les droits humains. »

Linda Thomas-Greenfield a également annoncé que les États-Unis s’attaqueront en priorité aux crises des droits humains et aux « questions de nécessité absolue » dans des pays comme l’Afghanistan, la Birmanie, la Chine, l’Éthiopie, la Syrie et le Yémen. »

Une partie des républicains n’a pas apprécié cette décision de réintégrer le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Nikki Haley, qui était l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU sous l’ère Trump, a qualifié le Conseil « d’organisation hypocrite et intéressée qui se moque des droits humains. » Elle a ciblé un « parti pris chronique contre Israël » concernant la question palestinienne et l’inclusion d’États membres au bilan douteux en matière de droits humains, comme l’Arabie saoudite, le Venezuela, Cuba et la République démocratique du Congo. « Si le président Biden se souciait vraiment des droits humains, il nous tiendrait éloignés du cloaque qu’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU », a déclaré Nikki Haley. Le sénateur Jim Risch, qui siège à la commission sénatoriale des affaires étrangères, s’est insurgé contre le fait que les États-Unis « accordent une légitimité à un organe qui compte dans ses rangs des États auteurs de violations des droits humains. »

L’élection des États-Unis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU intervient alors que le gouvernement Biden s’était engagé à ce que le pays réintègre le Conseil afin de contribuer à promouvoir la liberté d’expression et à améliorer les droits humains dans le monde. Le secrétaire d’État Antony Blinken a reconnu en février que le Conseil des droits de l’homme était un « organe imparfait qui a besoin d’être réformé », mais il a déclaré que le retrait des États-Unis en 2018 avait créé un « vide de leadership […] que des États aux programmes autoritaires ont utilisé à leur avantage. » La Chine et la Russie ont été élues au Conseil l’année dernière. Joe Biden s’est engagé à rejoindre de multiples alliances internationales dont Donald Trump s’est retiré au cours de son mandat à la Maison-Blanche, notamment l’Accord de Paris sur le climat et l’Organisation mondiale de la santé.

Jeudi 14 octobre, 17 autres États ont été élus au Conseil, notamment l’Argentine, le Bénin, le Cameroun, la Finlande, la Gambie, le Honduras, l’Inde, le Kazakhstan, la Lituanie, le Luxembourg, la Malaisie, le Monténégro, le Paraguay, le Qatar, la Somalie et les Émirats arabes unis.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Carlie Porterfield

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