La signature du Traité du Quirinal, prévue pour 25 novembre à Rome représentera un signal fort pour les relations politiques et économiques entre la France et l’Italie, mais aussi un nouveau point de départ dans le processus d’intégration européenne.


 

C’est un moment favorable entre la France et l’Italie. Depuis l’arrivée de Mario Draghi à la tête du gouvernement italien, les relations entre la France et l’Italie se sont améliorées avec une convergence d’idées et une prise de position commune face à des sujets cruciaux tels que la relance économique post pandémie, la gestion de flux migratoires ou la Lybie.

Il y a un ensemble d’évènements et facteurs qui se déroulent en même temps qui pourraient être bénéfiques aux deux pays. En Italie, Mario Draghi est largement soutenu par l’opinion publique et il a réussi à remettre en marche le pays avec un vaste programme de réformes et de soutien à l’économie. En France, où le pays entamera la présidence de l’Union Européenne, l’appui du président Macron constituera un élément important notamment sur la question des règles sur les dépenses publiques (3% déficit-PIB, 60% dette-PIB), mais aussi sur le programme de défense européenne fortement voulu par Emmanuel Macron et dont l’Italie partage la même volonté. En Allemagne, la sortie de Angela Merkel donne la possibilité à un nouvel axe de gestion politique et économique en Europe, avec un rééquilibre entre les trois plus importantes économies de l’Union.

 

Quels bénéfices peut ‘il apporter le traité du Quirinal à la France et l’Italie ?

La relance économique constitue le levier de croissance indispensable aux deux pays pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Et ceci passe incontestablement par des réformes certes mais aussi à travers le développement de nouvelles synergies économiques dans les domaines de l’innovation. 

L’économie franco-italienne se base déjà sur une forte interdépendance, tant sur le plan industriel que financier avec plus de 4.000 entreprises installées de deux côtés des Alpes, qui représentent plus de 300.000 salariés dans différents secteurs tels que les banques, l’automobile, la chimie, l’aérospatial, l’énergie, la construction et les travaux publics, le secteur naval, la sidérurgie, la mode, l’industrie agroalimentaire, les transports et les biens d’équipement.

L’accord bilatéral pourrait donner un ultérieur apport en définissant les axes prioritaires à développer tels que le cloud computing, la quantique, l’intelligence artificielle. Sur la quantique comme sur l’intelligence artificielle, la France comme l’Italie peuvent s’appuyer sur leurs pôles d’excellence et développer d’importantes synergies et projets stratégiques communs avec un fort soutien de pouvoir publics. Leur proximité culturelle peut jouer un atout majeur car rappelons que ce technologiques sont dominantes également dans le secteur de la défense.

Un autre sujet central est constitué par la formation aux métiers du futur. Pour cela les deux pays pourraient développer de programmes de formation communs et résoudre en partie le manque de haut profils dans les domaines stratégiques et éviter le départ dès leur meilleurs ressources vers d’autres pays actuellement plus attractifs.

Le traité du Quirinal ouvre des horizons intéressants, et il sera encore plus important s’il y aura une réelle volonté de deux pays de redéfinir une vision et une stratégie commune face aux multiples défis auxquels ils sont confrontés. Ceux deux pays ont beaucoup d’atouts, de points de force et aussi ils connaissent les mêmes inquiétudes. Jouer donc la compétition entre ces deux pays n’est pas seulement inutile mais risques d’affaiblir encore plus leur position. C’est le bon moment pour surmonter les différences et s’inscrire dans une nouvelle démarche capable de jouer ensemble un rôle majeur en Europe et dans le monde.

 

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