La mini-série Le Serpent est disponible depuis vendredi 2 avril sur Netflix. Dans ce drame policier, Tahar Rahim incarne Charles Sobhraj, un tueur en série qui dans les années 1970 traque les touristes occidentaux sur les routes en Asie du Sud. L’acteur français s’est livré sur les difficultés rencontrées pour entrer dans la peau du personnage.

 

Dans une récente interview téléphonique accordée à Forbes, Tahar Rahim s’est livré sur son rôle dans la série et sur les difficultés qu’il a rencontré pour entrer dans la peau d’un tueur en série aussi froid et calculateur. « Au début, je n’y arrivais pas. C’était impossible. J’avais besoin de comprendre comme un homme pouvait agir de la sorte », explique-t-il. « Il était profondément cruel. »

Néanmoins, l’acteur français aime jouer des rôles difficiles et il est devenu célèbre pour sa capacité à entrer complètement dans la peau d’un personnage. Récemment, il a incarné Mohamedou Ould Slahi, un prisonnier détenu dans la prison de Guantanamo pendant 14 ans, dans le drame judiciaire Désigné coupable. Le film s’inspire des mémoires de Mohamedou Ould Slahi, Les Carnets de Guantanamo (éd. Michel Lafon). Ce rôle incroyablement difficile a propulsé la carrière de Tahar Rahim à un niveau supérieur outre-Atlantique. L’incroyable performance de l’acteur, qui partage l’affiche avec Jodie Foster et Shailene Woodley, lui a valu de nombreuses critiques dithyrambiques et des récompenses, notamment une nomination aux Golden Globes dans la catégorie « Meilleur acteur ».

Dans la mini-série coproduite par Netflix et BBC, Le Serpent, Tahar Rahim incarne donc un tueur en série au sang-froid. Cette série ne compte que huit épisodes et fait déjà sensation au Royaume-Uni et en France. Tous les éloges sont amplement mérités !

Inspirée de terribles faits réels, la série raconte l’histoire de Charles Sobhraj, un psychopathe complexe, et des nombreuses tentatives pour le traduire en justice. Charles Sobhraj et sa petite-amie, Marie-Andrée Leclerc (incarnée par Jenna Coleman) ont voyagé à travers la Thaïlande, le Népal et l’Inde entre 1975 et 1976. Au cours de leurs voyages, ils ciblaient et piégeaient de nombreux touristes. Ils s’attaquaient aux voyageurs qui arpentaient la hippie trail (littéralement, la piste hippie) en Asie du Sud-Est. Une fois prises dans leur toile de mensonge, les victimes avaient peu d’espoir de s’en sortir.

 

« J’ai étudié les tueurs en série et ce qui pouvait conduire une personne à en devenir un. Charles Sobhraj a été abandonné par son père et maltraité par sa mère. Son comportement venait de quelque part, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment l’on peut ne ressentir aucune empathie. Il était si cruel, si vicieux. Malgré tout, nous avons dû trouver les réponses à de nombreuses questions », précise Tahar Rahim.

 

Charles Sobhraj se faisait passer pour un marchand de pierres précieuses. Avec Marie-Andrée Leclerc, ils formaient un couple cool, bien habillé et amusant. Cette ruse leur a permis de commettre de nombreux crimes avant de devenir les principaux suspects dans une série de meurtres de jeunes voyageurs occidentaux.

Affaire Charles Sobhraj
Article de presse en Inde, datant de février 1997, sur l’affaire du tueur en série Charles Sobhraj. | Source : Getty Images

 

Tahar Rahim est captivant dans le rôle de Charles Sobhraj, mais entrer dans la peau de ce personnage n’a pas été de tout repos. Pour vraiment incarner le tueur en série, l’acteur a opté pour une approche différente. Il explique qu’habituellement il crée un personnage de l’intérieur vers l’extérieur. Or cette fois, il est parti de l’extérieur vers l’intérieur.

« J’ai étudié les tueurs en série et ce qui pouvait conduire une personne à en devenir un. Charles Sobhraj a été abandonné par son père et maltraité par sa mère. Son comportement venait de quelque part, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment l’on peut ne ressentir aucune empathie. Il était si cruel, si vicieux. Malgré tout, nous avons dû trouver les réponses à de nombreuses questions », précise Tahar Rahim.

L’acteur français a travaillé avec le réalisateur Tom Shankland, et à eux deux ils ont réussi à assembler certaines pièces du puzzle. Une réplique a été essentielle pour Tahar Rahim. « Il dit quelque chose comme : “Si je devais attendre que le monde vienne à moi, j’attendrais toujours. Tout ce que je voulais, je devais le prendre”. C’est là que ça m’est venu, car c’est ce qui m’est arrivé en tant qu’acteur. »

Originaire de Belfort, Tahar Rahim n’avait aucun lien avec Hollywood. « Je venais de la campagne, d’une famille nombreuse, et n’avait pas du tout de liens avec le métier d’acteur et c’était difficile. » Il a affronté de nombreux obstacles et, avec très peu d’argent, a déménagé en ville pour étudier le cinéma. « Je savais que si je voulais être acteur, je devais le faire. Cette lutte est le seul lien que j’ai trouvé avec Charles. »

Charles Sobhraj avait un charisme qui lui permettait de tromper tant de gens. Tahar Rahim a vraiment réfléchi à la manière dont ce maître de la manipulation pourrait approcher ses proies. Il n’adopterait pas une approche directe, il se glisserait sur le côté. Il serait subtil et doux. L’acteur a donc pensé au serpent, et plus précisément au cobra. « Le cobra est hypnotique. Quand il chasse sa proie, il reste très calme au début. Et puis soudain, il mord. »

« J’aimerais que le public comprenne que cette série ne glorifie pas ses crimes. Elle célèbre la force et la bravoure de ceux qui se sont réunis pour l’arrêter. »

 

À ce moment-là, il était trop tard pour toutes ses victimes. Néanmoins, chaque tueur commet une erreur. Dans le cas de Charles Sobhraj, son orgueil démesuré a causé sa perte. Lorsque les restes d’un couple néerlandais sont découverts, l’affaire atterrit sur le bureau de Herman Knippenberg (incarné par Billy Howle), un jeune diplomate de l’ambassade des Pays-Bas à Bangkok. Au fur et à mesure, Herman Knippenberg devient obsédé par cette affaire. Avec sa femme Angela (incarnée par Ellie Bamber), ils commencent leur propre enquête. Ils sont finalement rejoints par des policiers du monde entier et par des témoins de la manipulation sournoise de Charles Sobhraj.

Après quelque temps et une traînée de cadavres, tout s’écroule autour de Charles Sobhraj. Il devient l’homme le plus recherché par Interpol et de nombreux mandats d’arrêt sont lancés contre lui sur plusieurs continents. Concernant la série, Tahar Rahim veut que les choses soient claires. « J’aimerais que le public comprenne que cette série ne glorifie pas ses crimes. Elle célèbre la force et la bravoure de ceux qui se sont réunis pour l’arrêter. »

Pour Tahar Rahim, ce rôle était un rêve d’acteur. « J’ai toujours voulu explorer le mal dans un personnage et cette fois, je l’ai fait. C’est très intéressant pour un acteur. Je ne pouvais pas trouver un personnage plus éloigné de moi et de ma vraie nature que Charles. C’était une expérience formidable. »

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Dana Feldman

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