Prodige de la coiffure, Alexandre Serio est une personnalité phare de la mode et de la scène artistique. Il s’exprime dans une créativité débordante, avec un sens du style aussi affuté qu’inné. Il a un goût sûr de la mise en scène, un attrait viscéral pour le monde du spectacle, un culte de la beauté exacerbé et une quête de l’esthétisme totalement assumée. Ce mélange de passion et de talent, il le met au service de ses clientes et clients, dans son salon 5 étoiles nîmois, ainsi que des plus grandes stars. L’homme de l’art sublime chanteuses et comédiennes à l’occasion des cérémonies les plus prestigieuses et est appelé lors des fashion weeks de Paris, Milan et New York pour coiffer les mannequins des grandes maisons de couture.


 

Quel a été votre parcours pour devenir coiffeur ?

Alexandre Serio : Je dis souvent que je suis tombé dans la coiffure par hasard, bien que je ne sois pas certain que le hasard existe vraiment… Enfant, je voulais devenir potier, puis, adolescent, acteur. D’ailleurs, je disais que j’étais comédien ! Pour moi, on ne le devient pas, on l’est au fond de soi. Hélas, nous étions dans les années 90 et, comédien ce n’est pas un métier, disait-on… Il me fallait un vrai projet. Alors, en fin de troisième, lorsque la question d’une orientation s’est posée, j’ai noté, en premier choix, « styliste » sur ma feuille, puis en second, n’ayant pas d’idée, j’ai écrit, comme ma camarade de classe, « coiffeur ». La vie a fait le reste… Je n’ai pas été accepté dans l’école de styliste que je convoitais, alors ma seconde option s’est imposée. J’ai fait ma rentrée des classes dans une école de coiffure, mais j’ai très vite détesté cela. C’est au cours d’un stage que j’ai rencontré un manager, Juan, qui m’a donné le goût, l’envie, et surtout la passion du métier. Il avait travaillé avec les plus grands — en défilé de mode et en édito mode — et là, j’ai compris que c’était ce que je voulais : évoluer au-delà d’un simple salon. Ensuite, j’ai découvert qu’il existait des shows de coiffure, des performances scéniques qui inspiraient les coiffeurs. Pour moi, c’était l’occasion de faire ce que j’aimais le plus au monde : de la scène !

 

Comment êtes-vous devenu ce coiffeur plébiscité par les stars ?

Le hasard des rencontres au début, puis le bouche-à-oreille m’ont permis d’avoir des célébrités comme clientes. Très vite, l’éventail des personnalités que j’ai eu l’occasion de coiffer s’est élargi : je me suis occupé de Charles Aznavour ou d’Adriana Karembeu, en passant par de nombreuses chanteuses et comédiennes. Récemment, j’ai coiffé Benjamin Voisin et Noée Abita, tous deux « révélations » lors de la dernière cérémonie des Lumières de la presse internationale. Je coiffe aussi de nombreuses personnalités lors de festivals ou d’avant-premières, à Cannes et aux Champs-Élysée Film Festival.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je la trouve partout. Que ce soit dans la rue, à une terrasse de café, mais aussi dans un film, un clip vidéo. Les voyages m’inspirent énormément. New York a été pour moi le déclencheur de la série URBAN COLLECTION. Marrakech est le lieu où j’ai créé ma collection ESCALE EN ORIENT. Pour la scène, tout part de la musique. Je trouve la musique, puis j’imagine l’histoire que j’ai envie de raconter en coiffure.

« Je sais dès les premières minutes dans quelle direction il faut aller »

 

Comment avez-vous développé vos techniques et votre style ?

Je suis inspiré par les coiffeurs qui m’ont fait rêver plus jeune. Mon style est marqué par des influences très françaises, avec des références à la mode et à l’histoire, agrémentées du caractère irrévérencieux des Anglo-Saxons.
J’aime prendre le temps de créer des techniques de coupe, de coiffage, et surtout de penser la mode coiffure dans son ensemble. Je prends en considération le look total, mais surtout la personnalité de la cliente, qu’elle soit connue ou anonyme.

Je n’ai aucun mal à dire à une chanteuse, une actrice ou une cliente du salon ce qu’elle doit faire pour améliorer son style, sa coiffure, sans peur de choquer ou de vexer. Je sais que cela va dans l’intérêt de la personne que j’ai en face de moi. Parfois, dans la vie de tous les jours, je peux manquer d’assurance, mais dans mon métier, dans mon art, je ne doute jamais, je ne me trompe jamais. Je sais dès les premières minutes dans quelle direction il faut aller.

 

Comment êtes-vous passé du salon aux défilés de mode new-yorkais ?

Je dirais encore une fois que le hasard n’existe pas, mais que certaines personnes croisent votre route un jour et marquent votre vie. Cela a été le cas pour moi. J’ai fait la connaissance d’un chef coiffeur lors d’un show que je donnais en Espagne et nous sommes devenus amis. Il est le coiffeur de grandes personnalités, notamment de la famille Beckham. Je travaille avec lui sur plusieurs fashion weeks notamment à Milan et Londres. Là encore, j’aime apporter ma french touch en créant les looks des top models que je coiffe.

New York est ma ville de cœur, c’est là-bas que je me rends pour imaginer mes collections de coiffures et j’en profite pour tourner mes vidéos promotionnelles sur les différentes formations que je conçois spécialement pour les coiffeurs français.

 

Quelles rencontres ou quels talents ont marqué et inspiré votre carrière ?

Ma première rencontre fut celle de mon maître d’apprentissage, Juan Carlos Retamar qui m’a transmis son goût et sa passion. Par la suite, la collaboration de John Nollet avec Monica Bellucci, Vanessa Paradis et Nicole Kidman a réveillé en moi le goût des choses simples et travaillées. Bien sûr, je suis admiratif de l’œuvre et de la précision de Vidal Sassoon.

 

Quels sont vos projets pour 2021 ?

J’étais sur la scène des Folies Bergères le 12 septembre où j’ai donné, avec l’équipe Artois dont je fais partie depuis près de 4 ans maintenant, un show. C’est la seconde fois que j’ai la chance de fouler cette scène. En tant que coiffeur ambassadeur pour la marque italienne DAVINES, j’ai un rôle de consultant et je participe à de nombreux projets.

En cette fin d’année, je vais quitter mon salon nîmois quelques jours, car je serai en résidence durant une semaine à l’Hôtel Chouleur Margaret à Nîmes. Cet endroit m’a profondément inspiré. Avec son propriétaire, Denis Allegrini, nous allons créer un salon éphémère. J’en profiterai aussi pour créer une collection de photos et vidéos qui portera le nom du palace.

 

Où peut-on vous retrouver ?

Lorsque je ne suis pas en déplacement, je suis présent à mon adresse nîmoise « Alexandre Serio Suites ». On peut également me suivre sur Instagram alexandreserio_officiel

 

Alexandre Serio est de ceux qui ont su réinventer leur métier, pour s’y épanouir et s’y exprimer pleinement. Il est sorti des rangs de son école de coiffure, saisissant, au fil de ses rencontres, l’idée ou le chemin de traverse qui allaient le guider. Son parcours et sa réussite sont inspirants en de nombreux points, et tout particulièrement en celui-ci : peut-être que le hasard existe, peut-être qu’il n’existe pas, mais, pour qui sait provoquer sa chance et jouer de curiosité, il peut être un formidable tremplin.

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