Saudi Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, poursuit sa progression. Elle signe la plus grosse introduction en bourse au monde, avec une valorisation à 1 700 milliards de dollars, subtilisant ainsi le titre de plus grand groupe mondial à des géants comme Apple et Microsoft.

Saudi Aramco a fait le choix de fixer ses actions à 8,53 $, ce qui représente 25,6 milliards de dollars levés au total, soit l’introduction en bourse la plus importante jamais réalisée. La compagnie pétrolière éclipse de ce fait Alibaba, qui avait établi une cotation record dans le secteur du commerce en ligne, avec 25 milliards de dollars en 2014. Saudi Aramco devrait inscrire ses actions à la bourse locale d’Arabie Saoudite, le Tadawul, plus tard ce mois-ci.

Le cours des actions confère ainsi au groupe une valeur d’entreprise de 1 700 milliards de dollars, un montant encore inférieur à la valorisation souhaitée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui voudrait atteindre les 2 000 milliards de dollars. Notons que ce montant suffit toutefois à dépasser des sociétés comme Apple, valorisée 1 170 milliards de dollars, et Microsoft, valorisée 1 140 milliards de dollars.

L’Arabie saoudite a déjà mis sur le marché 1,5 % du capital de Saudi Aramco, s’appuyant principalement sur des investisseurs nationaux et régionaux après un retournement de situation, puisque de nombreux grands investisseurs étrangers étaient sceptiques sur les finances et la valorisation de la société.

Par ailleurs, des sources ont déclaré à Reuters que Saudi Aramco pourrait exercer un droit de rallonge (greenshoe) de 15 %, qui lui permettrait de vendre des actions supplémentaires et d’augmenter l’introduction en bourse pour atteindre un montant maximum de 29,4 milliards de dollars. Bien que le groupe n’ait pas encore commenté le prix de l’introduction en bourse, une annonce officielle est attendue de sa part.

L’introduction en bourse d’Aramco avait été annoncée par le prince héritier Mohammed ben Salmane en 2016, dans le cadre de son programme de réforme socio-économique Vision 2030, qui vise notamment à réduire la dépendance du pays vis-à-vis du pétrole. Depuis, l’introduction en bourse a été ajournée deux fois, en raison de préoccupations liées à la valorisation, aux renseignements financiers et aux risques de sécurité. Le président de Saudi Aramco, Yasser al-Rumayyan, avait par la suite déclaré à CNBC que l’introduction en bourse était un pari sûr pour les investisseurs, malgré les inquiétudes persistantes suscitées par l’attaque du 14 septembre contre les installations de la compagnie pétrolière. Après cet événement, il avait fallu des semaines entières au gouvernement saoudien pour rétablir la production pétrolière.