2h40 d’échanges parfois tendus et une question, lancée en fin de débat par Edwy Plenel : #MeToo, harcèlement, violences, égalité, « qu’allez-vous dire, qu’allez-vous faire ? ». Alors que l’Assemblée Nationale épluchera le 15 mai prochain le projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, le Président de la République a indiqué qu’il n’avait « pas attendu #MeToo ».

« Je n’ai pas attendu #MeToo pour m’en rendre compte. » Hier soir, le Président de la République était interviewé par les journalistes de Mediapart et de RMC-BFMTV Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin. 2 heures 40 d’échanges, parfois tendus, entre les trois hommes. Grève des cheminots, frappes en Syrie, Notre Dame des Landes, nombre de sujets ont été abordés. Et en toute fin d’émission, Edwy Plenel a interrogé Emmanuel Macron sur le débat ouvert par le mouvement #MeToo lancé aux Etats-Unis après l’affaire Weinstein. « Qu’allez-vous dire, qu’allez-vous faire ? », a demandé le fondateur de Mediapart.

« Quand j’ai lancé En Marche !, il y a eu une grande consultation citoyenne dans laquelle est ressortie la problématique des inégalités et des violences faites aux femmes. »  

Emmanuel Macron a insisté sur le fait qu’il n’avait pas attendu #MeToo. Premier élément mis en avant, la parité. « J’ai fait en sorte que mon mouvement investisse autant de femmes que d’hommes. Si vous regardez notre Assemblée nationale, nous avons fait élire autant de femmes que d’hommes, ce qui n’était jamais arrivé dans la République. » Idem pour le gouvernement, paritaire, comme celui de son prédécesseur, a-t-il souligné.

Rappelons que le principe d’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives est inscrit dans la Constitution depuis 1999. Et que la loi parité hommes-femmes, votée en 2000 est appliquée depuis 2001.

« Nous avons une stratégie nationale portée par Marlène schiappa (secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-homme, ndlr) », a ajouté le Président de la République qui après l’instauration de la parité dans son mouvement et au gouvernement compte s’attaquer à celle dans la haute fonction publique.

Sur les inégalités salariales, silence radio. Pourtant, en Europe, les femmes touchent en moyenne 16,3% de moins que les hommes, selon Eurostat, et en France ce pourcentage atteint 24%, selon l’Insee. « Cela fait 35 ans que la loi n’est pas respectée », « c’est inégal et c’est complètement aberrant », avait déclaré le 6 mars sur France Info la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Projet de loi

Au-delà de la parité, la question est aussi celle du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles, grande cause nationale en 2018. Le 15 mai prochain, l’Assemblée épluchera le projet de loi porté par Marlène Schiappa et Nicole Belloubet, ministre de la Justice.  

Quant à la parité et la diversité des journalistes (choisis par l’Elysée) sur le plateau, Emmanuel Macron  a conclu l’émission par une belle bourde en parlant de « confrères féminines ». Sur les réseaux sociaux, les consoeurs ont apprécié.