L’Australie, son bush, ses mystères, sa nature variée et sauvage… Et si vous partiez à l’aventure autrement ?C’est l’idée et l’envie de Caroline, 33 ans, « millenial » française et engagée, qui a fondé Rewildin, une start-up lancée en Australie avec son compagnon Dimitri Douchin. L’idée parait originale: une plateforme, sorte de Airbnb des escapades en pleine nature.

Les lieux proposés se situent au cœur du “bush” australien, et ne proposent que des Camping privés, des glamping (camping glamour et bohème), des tipis, des cabanes construites dans les arbres, des éco-lodges.

Le camping en Australie, plus qu’une vraie tradition, est quasiment un art de vivre. Le glamping en soit est un marché en plein essor qui attire de plus en plus de touristes en quête d’authenticité, d’aventure et de partage au niveau local, mais qui, pour autant, ne veulent pas sacrifier au minimum de confort.

Rewildin, propose des expériences uniques, pas seulement en terme d’hébergement mais propose aussi de participer à des ateliers nature (permaculture, poterie, cueillette, vie primitive, etc). Quoi de mieux pour partir vraiment à la rencontre de votre hôte ? Celui-ci peut partager ses connaissances et son mode de vie en harmonie avec la nature.

Comment ce projet est-il né ?

L’idée originelle était de claquer la porte et de partir dans une aventure surprise. Ce sont lors de voyages en pleine nature avec notre van que nous sous sommes confrontés à un challenge : comment trouver des lieux absolument cachés en pleine nature et accessibles. Nous ne trouvions pas notre bonheur sur Airbnb et nous refusions de passer des heures sur Google pour trouver notre nid d’amour au sein du “bush” australien. Ne trouvant aucune alternative de site internet pour des escapades en pleine nature, nous avons donc décidé de créer le nôtre !


 » Nos road trips en van ont été un excellent moyen de valider notre concept en interviewant les campeurs et voyageurs sur notre route, tous partageaient notre frustration. »


Malgré un parcours enrichissant de manager chez Mi9 (joint-venture avec Microsoft) et une expérience chez Expedia, je savais qu’il me fallait sortir du statut salarial et que je devais tenter l’entreprenariat. Je sentais que c’était le moment de créer, d’apprendre, d’entreprendre et d’agir. Mon partenaire et moi nous sommes lancés à cœur perdu dans cette folle aventure de start-up, sans argent, ni réseau, sans expérience, dans un pays étranger, dans une langue et culture différente mais avec la détermination inconsciente du débutant et le désir d’assouvir une mission écologique par la même occasion.


Comment expliquer cette transformation de femme employée à entrepreneure ?

J’ai grandi en banlieue parisienne, obtenu mon master en Technologies de l’Information et E-business à l’école de commerce ISC Paris. J’ai eu la chance de décrocher le poste de mes rêves chez Yahoo. Cinq ans de fabuleuse aventure humaine et professionnelle chez un géant américain. Seulement, j’avais 28 ans lorsque j’ai ressenti un vide inexplicable, un besoin de quête de sens. Je savais au fond de moi que quelque chose de différent m’attendait, ailleurs. Initialement en congé sabbatique de six mois en Australie, la tentation était trop forte et un nouveau volet s’ouvrait à moi.

Je ne pouvais plus reprendre ma vie confortable parisienne. J’avais une soif d’aventures, de nature, de grands espaces et d’inconnu. Cette période d’introspection a été incroyable !

Ayant sillonné tout le pays, tous les états de l’Australie, la Nouvelle-Zélande. J’y ai rencontré l’homme de ma vie, mon partenaire Dimitri. Ensemble nous avons découvert la permaculture à travers des séjours volontaires (wwoofing) dans des fermes écologiques. J’étais éblouie par la faune et la flore, les animaux sauvages, les paysages à couper le souffle. Ce voyage initiatique m’a permis de me redécouvrir, de renaître, de trouver ma mission dans ce monde, mon ‘why’.

Mon style de vie a radicalement changé suite à cette prise de conscience, je suis devenue végane, j’ai arrêté de consommer de l’alcool, de faire du shopping (j’étais une shopping addict à Paris). Mon partenaire et moi avions décidé d’expérimenter la vie minimaliste et d’adopter une sobriété heureuse et une consommation responsable. Nous avons vécu trois ans dans deux vans différents, explorant tous les weekends de nouveaux endroits magnifiques et insoupçonnés.

Quels sont les étapes clés dans l’évolution de Rewildin ?

Rewildin a commencé par une campagne de crowdfunding en décembre 2016, lors de laquelle nous avons récolté $10,241 en 30 jours ce qui nous a permis de démarrer la version béta de la plateforme pour le 15 août 2017. Nous avons remporté le Slingshot Best Pitch 2018 et avons été accompagnés par l’incubateur leader en Australie afin d’accélérer la start-up. Notre projet est arrivé en finale lors de Startcon 2017, une conférence annuelle majeure dans l’écosystème des start-ups. Avec trois compétitions de pitch remportées en 9 mois, la notoriété de Rewildin a grandi également avec un partenariat avec The Seek Society, fabricant et fournisseur de tentes et accessoires glamping, en début d’année.


Quelles missions vous donnez-vous à présent ?

Inspirer les personnes à se reconnecter avec eux-mêmes et avec la nature. J’ai vécu des moments profonds au contact de la nature, découvert les bienfaits sur moi-même et face à cette beauté éblouissante de la nature, je me suis dit qu’il était nécessaire et urgent de protéger notre planète, de changer nos habitudes de consommation, de reconsidérer notre empreinte carbone. Respecter la nature et se respecter soi-même, être tolérant avec soi-même, ralentir, vivre pleinement le moment présent.  


Ma philosophie : L’amour triomphe. Simplement être à l’écoute de son cœur et de son intuition, remettre le cœur au ‘cœur ‘ de sa vie, de ses décisions. Un mantra qui m’inspire car il lie rêves et nature, que j’ai remanié, « Plant dream, sprinkle seeds and grow a happy life » (Plante des rêves, sème des graines et récolte une vie heureuse).