Nous avons entendu beaucoup de choses à propos des fluctuations de prix des cryptomonnaies ces six dernières semaines. Avec une évaluation à 795 milliards de dollars (644 milliards d’euros) en tout début d’année, le marché a chuté jusqu’à atteindre 340 milliards de dollars (275 milliards d’euros). Beaucoup de commentateurs ont donc essayé de trouver des explications à ce déclin. On a notamment entendu dire que cette chute était due à l’arrivée imminente de réglementations dans certains pays, à l’exubérance surévaluée des marchés et à des symptômes d’éclatement de la bulle. Suite à cette cacophonie de spéculations, le marché s’est stabilisé avant de montrer des signes de reprise.

 

C’est donc le bon moment pour analyser la viabilité des cryptomonnaies en fonction de la réelle évolution du secteur et non en fonction des spéculations.

 

À en croire les investisseurs australiens, l’activité locale est optimiste pour l’avenir des cryptomonnaies. Malgré les spéculations sur les éventuelles incidences nuisibles de la réglementation, le gouvernement australien a approuvé une nouvelle loi grâce à laquelle le pays s’engage à prendre les dispositions nécessaires pour accorder le statut d’actif « classique » aux cryptomonnaies.

 

Plus précisément, le Centre australien de transaction et d’analyse (AUSTRAC) a récemment révisé ses lois anti-blanchiment d’argent afin de demander davantage de transparence et de suivi au secteur des cryptomonnaies. Grâce à la mise en place d’un registre  pour les échanges de monnaies digitales (Digital Currency Exchange), les échanges en question devront consigner une série de détails spécifiques aux transactions réalisées sur leurs plateformes.

 

Le gouvernement australien semble faire des efforts afin de mieux comprendre le secteur des monnaies digitales et d’anticiper une adoption plus large de la part de la population.

 

Un extrait de la nouvelle réglementation détaille comment l’AUSTRAC souhaite l’appliquer et demander aux plateformes d’échange d’être plus transparentes grâce à l’enregistrement des transactions : « Le chapitre explique comment fonctionnent l’enregistrement sur le registre, le renouvellement de l’enregistrement, la révision des décisions, l’actualisation et la correction des informations, la correction des entrées sur le registre, la publication d’informations et la transaction preuve des transactions d’échange de monnaies digitales (pour inclure des identifiants supplémentaires, particulièrement intéressants pour les fournisseurs d’échanges).

 

Il faut noter que le gouvernement australien n’a pas conçu sa réglementation dans le but de nuire aux cryptomonnaies. Sa politique vise davantage à réduire les activités néfastes et peu scrupuleuses qui peuvent voir le jour avec la popularisation de cette classe d’actif.

 

Le parlement australien confirme cette prise de position avec cette déclaration :

« La loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme de 2006 comprend désormais la réglementation portant sur les fournisseurs d’échanges de monnaies digitales ».

 

Plutôt que de rendre cette nouvelle classe d’actifs illégale, le gouvernement présente des lignes de conduite pour le maintien d’une activité appropriée en accord avec son évolution graduelle. L’anonymat des cryptomonnaies faisait hésiter les spéculateurs et le gouvernement espère apaiser leurs craintes en encadrant le secteur des cryptomonnaies.

 

En amendant sa loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme pour y incorporer le secteur des cryptomonnaies, le gouvernement australien s’engage envers réglementation fluide et non rigide.

 

Cette décision arrive en même temps que de nombreuses réglementations potentielles pouvant engendrer une tendance à la baisse sur les marchés de cryptomonnaies. Une réglementation moins rigoureuse en Australie pourrait engendrer des prises de position plus strictes de la part d’autres gouvernements, car la volatilité actuelle du marché présente des risques pour les investisseurs encore novices.

 

Cependant, en investissant des ressources dans la recherche et la création de nouvelles lois, le gouvernement australien montre son engagement envers la longévité des cryptomonnaies tout en essayant de répondre à ses problématiques.

 

De la même manière, le service des impôts australien (ATO) réfléchit à l’incorporation du sort réservé aux cryptomonnaies à ses propres juridictions.

 

L’un des porte-paroles de l’ATO a récemment annoncé que l’organisation souhaitait prendre les devants sur la manière dont l’Australie peut classifier les cryptomonnaies et concevoir des mesures nécessaires afin d’améliorer l’élaboration des politiques à venir.

 

« La création, l’échange et l’utilisation des cryptomonnaies évoluent rapidement. L’ATO continue de travailler activement à la fois sur son territoire et à l’international pour identifier et répondre à tous les problèmes inhérents à la taxation des cryptomonnaies et résultants de nouvelles transactions, de nouvelles structures ou de l’arrivée de nouveaux participants. »

 

De plus, les décisions d’AUSTRAC et d’ATO aident à tordre le cou aux idées reçues et elles sont soutenues par la récente reprise de marché.

 

Les spéculations allaient bon train avant l’adoption de la réglementation de l’Australie. De nombreuses personnes avaient peur que le pays interdise purement et simplement les cryptomonnaies. Au contraire, la nouvelle réglementation semble donner une certaine crédibilité à cette classe d’actif. Comme le montre l’exemple de l’Australie, les réglementations aident à légitimer les crytpomonnaies en tant que classe d’actif à part entière.

 

Le gouvernement a la responsabilité de protéger ses membres et donc d’amender la loi incluant les cryptomonnaies au lieu de les interdire. Cette prise de position montre que le pays est confiant pour l’avenir des cryptomonnaies en tant que classe d’actif, au delà de l’exubérance de marché actuelle.

 

Des pays comme le Canada, le Japon et Singapour commencent à adopter des réglementations similaires. Ces prises de décisions se répandent dans le monde entier. Les réglementations plus importantes aident à apaiser les craintes de manipulations incontrôlées malgré la spéculation due à la nature du secteur. L’initiative de ces gouvernements confère davantage d’assise aux cryptomonnaies.

 

D’autres réglementations verront le jour et suivront l’évolution du secteur.

 

La récente reprise est peut-être une preuve que la confiance envers les cryptomonnaies renait, malgré la peur, l’incertitude et le doute toujours latents.