CHANGEMENT CLIMATIQUE | Des dizaines de grandes entreprises mondiales, dont Nestlé, Delta Air Lines et Swatch, sont « fortement exposées » aux risques climatiques, a averti jeudi 23 septembre un groupe d’importants investisseurs. Ils ont exhorté les entreprises à accroitre davantage leurs efforts pour faire face aux risques liés au changement climatique.

 

Selon l’Institutional Investors Group On Climate Change (IIGCC, le Groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique), 50 entreprises dans le monde sont plus susceptibles d’être exposées aux risques liés au changement climatique : inondations, incendies de forêt, chaleurs extrêmes ou encore ouragans.

Dans un rapport publié jeudi 23 septembre, plus de 50 membres de l’IIGCC, soit un groupe à la tête de quelque 10 000 milliards de dollars d’actifs dont font partie Lombard Odier et Impax Asset Management, ont exhorté les entreprises à risque à accroitre davantage leurs efforts pour identifier les menaces et y répondre. L’IIGCC a également publié des lignes directrices en matière d’action des entreprises pour résoudre les problèmes liés au changement climatique.

Parmi les recommandations des investisseurs, l’on trouve des mesures concernant l’élaboration de stratégies pour faire face aux risques climatiques physiques, le renforcement de la résilience à ces risques, l’inclusion des risques dans les cadres de gouvernance climatique et la communication de ces risques dans le temps pour mieux mesurer les progrès réalisés.

Selon le rapport de l’IIGCC, les risques physiques liés au changement climatique peuvent permettre aux entreprises de s’améliorer. En effet, ceux-ci offrent aux entreprises la possibilité de développer et d’adopter de nouvelles technologies, de proposer de nouveaux produits et services ainsi que d’améliorer leur processus et leurs infrastructures.

Stephanie Pfeifer, directrice générale de l’IIGCC, a déclaré qu’il était « plus important que jamais » que les investisseurs comprennent et prennent en considération les risques liés au changement climatique. Selon elle, « les entreprises ne peuvent pas se permettre d’ignorer les conséquences » potentielles sur leurs activités.

Alors que les investisseurs ont augmenté la pression sur les entreprises pour qu’elles réduisent leurs émissions de carbone, les risques physiques plus concrets sont souvent négligés. Marion Maloney, responsable de l’investissement responsable et de la gouvernance au sein du fonds de pension de l’Agence britannique pour l’environnement, a déclaré à Reuters que le débat sur le changement climatique comporte « deux parties » et les risques physiques sont souvent mis de côté.

Si de nombreuses critiques tournent en dérision le coût de l’adoption d’une économie plus verte, le changement climatique est bien plus coûteux selon la Banque centrale européenne. Rien qu’aux États-Unis, un certain nombre de catastrophes naturelles liées au changement climatique ont eu lieu cette année, notamment de graves vagues de chaleur et de froid, des sécheresses, des incendies de forêt, des tempêtes et des ouragans. Dans le monde entier, le nombre de catastrophes en lien avec le changement climatique a été multiplié par cinq au cours des 50 dernières années. Ces catastrophes sont certes devenues moins dangereuses, mais elles sont plus coûteuses d’après un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Selon l’OMM, sept des dix catastrophes les plus coûteuses ont été provoquées par des tempêtes et des ouragans aux États-Unis. Les pertes subies par ce pays du fait des phénomènes météorologiques extrêmes représentent 38 % de l’ensemble des pertes économiques mondiales (soit 1400 milliards de dollars). Selon plusieurs estimations, l’ouragan Ida pourrait rejoindre cette liste. La grande majorité des experts attribue cette augmentation des phénomènes météorologiques violents au changement climatique provoqué par l’homme.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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