Le Forum, organisé par Laurent Germain, MEDEF international, président du French Saudi Business Council, et Ahmed Bin Laden, président du Saudi French Business Council, a notamment vu la participation de M. Franck RIESTER, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, de M. Khaled AL-FALEH, ministre saoudien de l’Investissement et de M. Fahad AL-RUWAILY, ambassadeur d’Arabie Saoudite en France.

 

Leurs excellences M. Franck RIESTER, ministre de l’Europe, M. Khaled AL-FALEH, ministre saoudien de l’Investissement et de M. Fahad AL-RUWAILY, ambassadeur d’Arabie Saoudite en France, reçues par Laurent Germain au MEDEF

 

Le point fort du forum a été la signature de deux protocoles d’accord par HEC Paris et l’INSEAD, les meilleures écoles de commerce françaises. Les deux écoles prévoient d’accroître leur présence dans le Royaume avec une plus grande coopération en matière de recherche et en accueillant davantage d’étudiants saoudiens. « La formation des femmes dans le Royaume est une question importante, et nous sommes ravis de pouvoir y contribuer », a déclaré Peyrache Eloic, le président de HEC.

Ce forum était symptomatique de la coopération économique extrêmement forte entre les deux pays et de l’imbrication rapide des deux économies. En effet, la France est déjà le premier investisseur étranger européen en Arabie Saoudite, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. 297 entreprises françaises ont investi un montant estimé à 18,4 milliards de riyals saoudiens (4,1 milliards d’euros). Cette performance est particulièrement impressionnante quand on sait que les IDE sont en plein essor dans le royaume : l’année dernière, malgré une contraction d’environ 30% des IDE dans le monde, l’Arabie saoudite a connu une croissance de 20% des investissements étrangers. Le maintien du leadership des entreprises françaises en Arabie saoudite est devenu une clé de voûte de l’influence de la France au Moyen-Orient.

L’Arabie saoudite est incroyablement dynamique depuis 2015, notamment en raison, pour citer Franck Riester, de « l’ampleur des changements positifs que l’Arabie saoudite a connus ces dernières années ». Laurent Germain du MEDEF international, dont l’influence en tant que président du French Saudi Business Council a poussé M. Khaled AL-FALEH à le surnommer « le deuxième ambassadeur de France en Arabie Saoudite », s’est exclamé « Vous avez passé le COVID de manière impressionnante. Vos prévisions de croissance économique pour la prochaine décennie sont solides comme le roc. Je pense que vous êtes un marché en plein essor pour nous ».

Mais la volonté politique est aussi un facteur important pour cet approfondissement des liens entre la République et le Royaume. Franck Riester a notamment déclaré que « la France soutient pleinement la vision 2030 de l’Arabie saoudite et souhaite en faire partie ». Selon lui, le plan de relance français 2030 et la vision saoudienne 2030 sont synchronisés dans le sens où « Tant pour la France que pour l’Arabie saoudite, 2030 sera une année charnière ». Il a souligné l’importance du leadership français en matière de « gestion de l’eau, de transports publics et d’énergies renouvelables », où « nos entreprises françaises peuvent offrir une expérience et une expertise inégalées ».

Du côté saoudien, la chaleur a été plus que réciproque. Son Excellence le ministre saoudien de l’investissement M. Khaled AL-FALEH a commencé son discours en regrettant que ses parents « n’aient pas été assez intelligents » pour l’éduquer en français. Ce qui aurait pu passer pour de la courtoisie diplomatique a cependant été considéré comme une francophilie plus sérieuse lorsque l’auditoire a appris que le 23 septembre était la fête nationale de l’Arabie Saoudite, et que par conséquent sa présence à l’étranger ce jour-là n’aurait pas été possible si la France n’était pas un partenaire stratégique essentiel pour l’économie saoudienne.

Al-Faleh a appelé à des « actions pragmatiques, concrètes, orientées vers les affaires ». Il a répété qu’il était possible d’approfondir davantage les liens, mais que la stratégie franco-saoudienne consistant à « s’appuyer sur nos secteurs privés pour faire avancer notre partenariat économique » signifiait que c’était aux entreprises privées des deux côtés d’écrire la prochaine page des relations économiques franco-saoudiennes. Pour motiver les acteurs privés français, il a souligné que contrairement à de nombreux pays asiatiques, l’Arabie saoudite n’exige pas des entreprises françaises qu’elles s’associent à une entreprise locale pour établir une filiale dans le royaume. Franck Riester, dans la tradition gaulliste française, a également déclaré que la France « peut faire plus pour NEOM », la ville de 500 milliards USD du prince héritier Mohammed bin Salman, et pour d’autres méga-projets saoudiens dirigés par le gouvernement.

Le ministre Al-Faleh a également souligné l’ampleur du changement culturel intervenu en Arabie saoudite depuis 2015. Les visas et les e-visas sont plus faciles que jamais à obtenir. Les industries relatives au tourisme et à la qualité de vie, où il considère la France comme un leader, se développent rapidement. Ces changements sont particulièrement clairs dans les réglementations économiques, où il pense que « 50% des réformes réglementaires ont déjà été faites ». Ces réformes vont du PPP à l’arbitrage international, en passant par des conditions de concurrence équitables pour les acteurs nationaux et internationaux, des réformes de la propriété intellectuelle et même des réformes des lois sur les faillites.

Demain, les deux ministres visiteront la station F, le plus grand incubateur de startups du monde, créé par le fondateur de Freemobile Xavier Niel. Espérons, dans l’intérêt des deux pays, que la rencontre des cerveaux français avec l’argent saoudien débouche sur quelques licornes supplémentaires !