Selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié mercredi 1er septembre, le nombre de catastrophes météorologiques dans le monde a quintuplé au cours des 50 dernières années. D’après l’OMM, ces catastrophes deviendront probablement plus fréquentes et plus graves en raison du changement climatique.

 

Le rapport de l’OMM montre que plus de 11 000 catastrophes météorologiques (par exemple, des inondations, des tempêtes ou des sécheresses) ont été enregistrées entre 1970 et 2019. Ces catastrophes ont causé plus de deux millions de décès et entraîné 3640 milliards de dollars de pertes économiques.

En 50 ans, le nombre de catastrophes météorologiques a été multiplié par cinq, avec 711 catastrophes enregistrées pour la période allant de 1970 à 1979 et 3165 pour la période allant de 2010 à 2019.

Au cours des 50 dernières années, le nombre de décès causés par des catastrophes météorologiques a été divisé par trois, mais les dommages économiques ont été multipliés par sept. Selon Mami Mizutori, directrice du Bureau des Nations unies pour la prévention des catastrophes, trois facteurs expliquent ces données : l’amélioration des systèmes d’alerte, l’augmentation du nombre de personnes vivant dans des zones à risque et l’augmentation de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes.

D’après le rapport de l’OMM, les tempêtes sont à l’origine des pertes économiques les plus importantes tandis que les sécheresses, les inondations et les températures extrêmes sont à l’origine du plus grand nombre de décès. La majeure partie de ces décès (91 %) ont été enregistrés dans les pays en développement.

Toujours selon le rapport de l’OMM, sept des dix catastrophes météorologiques les plus coûteuses sont dues à des tempêtes ou à des ouragans aux États-Unis, pays à l’origine de 38 % des pertes économiques mondiales (1400 milliards de dollars). Parmi ces catastrophes, trois se sont produites en 2017, notamment les ouragans Harvey (96,9 milliards de dollars de dommages), Maria (69,4 milliards de dollars) et Irma (58,2 milliards de dollars). L’ouragan Katrina a été le plus coûteux avec 163,6 milliards de dommages.

Pour les scientifiques, cette augmentation du nombre de catastrophes météorologiques est due au changement climatique et à l’amélioration du signalement de ces phénomènes. Le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, a déclaré que le changement climatique entraînera probablement des catastrophes météorologiques « plus fréquentes et plus graves » dans de nombreuses régions du monde. « Cela signifie davantage de vagues de chaleur, de sécheresses et de feux de forêt, comme ceux que nous avons observés récemment en Europe et en Amérique du Nord », a indiqué Petteri Taalas. « Cependant, derrière ces sombres données, se cache un message d’espoir. L’amélioration des systèmes d’alerte précoce multidangers a permis de réduire considérablement la mortalité. En résumé, nous sommes bien meilleurs pour sauver des vies. »

Au cours des 50 dernières années, une catastrophe météorologique s’est produite en moyenne chaque jour.

Cette année, les États-Unis ont subi un grand nombre de catastrophes météorologiques, notamment de fortes vagues de chaleur, des incendies de forêt, des températures glaciales qui ont privé d’électricité une grande partie du Texas, des tempêtes et, plus récemment, l’ouragan Ida. Certaines parties de l’Europe ont également connu des vagues de chaleurs extrêmes et des incendies de forêt. Le changement climatique est également à l’origine de vastes inondations en Europe et en Chine. Les scientifiques ont déjà détecté des signes annonciateurs d’une défaillance des courants océaniques. Dans un récent rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a averti que les températures mondiales dépasseront certainement les limites fixées par l’Accord de Paris si des mesures drastiques et immédiates ne sont pas prises. En outre, certains changements qui se sont déjà produits pourraient être irréversibles pendant des millénaires.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

<<< À lire également : « Code rouge pour l’humanité » : L’homme est à l’origine d’un changement climatique « sans précédent », selon un rapport de l’ONU >>>