En 2013, Leonid Goncharov crée son premier Anticafé à Paris, rue Quincampoix. Cinq ans après, le 12ème établissement vient d’ouvrir. Le jeune entrepreneur, formé à l’ESCP Europe et aux Etats-Unis, a fait du « bootstraping » sa méthode : construire pas à pas et trouver des alternatives au manque de moyens. Il se donne pour objectif 50 Anticafé ouverts dans toute l’Europe d’ici 2020.

« Faire un maximum avec un minimum de moyens. » C’est la devise de Leonid Goncharov. En 2013, cet ukrainien formé à l’ESCP Europe et aux Etats-Unis part à la conquête de Paris avec pour idée d’y implanter un concept, alors novateur, à la croisée des chemins entre l’espace de coworking, le café et la maison. Ce sera Anticafé, un espace où le temps, c’est de l’argent. Si le café y coule à volonté, chaque minute compte : le client, souvent accompagné de son ordinateur portable pour travailler, paye une première heure à cinq euros, puis au prorata du temps passé. A l’époque, Leonid a été pris pour un fou.


« Les commerçants de la rue faisaient des paris pour savoir quand je me casserais la figure », a appris par la suite le jeune homme. La rue, c’est la rue Quincampoix où l’entrepreneur avait repéré une galerie dont le gérant ne pouvait plus garder le bail. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il souhaite y implanter son premier Anticafé, une idée germée durant ses études entre la France et les Etats-Unis. Le jeune homme d’alors 22 ans négocie en Anglais, avec des Français peu convaincus par le projet.

Bootstrapping

Pourtant, le premier Anticafé ouvre ses portes en avril 2013, après avoir été aidé gracieusement par des amis pour les travaux, de jeunes designer en échange d’un bureau gratuit, dans le sous-sol de ce premier local. Et par ce propriétaire accommodant qui accepte que l’espace lui soit sous-loué. « Je n’ai pas cru dans ton projet, mais j’ai cru en toi », lui dit le désormais ancien propriétaire. Bootstrapping. Monter pas à pas son entreprise, avec les moyens du bord et surtout, trouver des solutions alternatives à chaque obstacle.  

« Mon idée était de réunir trois univers, le café, le coworking, et la maison, et de prendre le meilleur de chacun », explique Leonid. Du café, il prend l’accessibilité, l’ouverte et les services. Du coworking, la possibilité de travailler seul ou en petit groupe. Enfin, de la maison, l’ambiance, le côté chaleureux. Le design est épuré et agréable et les tables conçues pour accueillir des travailleurs indépendants (30%), des étudiants (30%), des salariés, mais aussi des clients de passage, comme dans un bistro classique. « Je ne veux pas d’une ambiance de bibliothèque ! »

Viser les entreprises

Avec 4 millions de chiffre d’affaires, l’entreprise peut penser à grandir. Présent dans sept villes, Anticafé comptabilise sept espaces à Paris (bientôt 8), dont un à Station F et un à la Défense, un à Bordeaux, Lyon, Aix, Strasbourg et Rome. « Mon objectif est de 50 établissements en Europe d’ici 2020, en m’appuyant sur des franchises », estime Leonid Goncharov qui découpe chacune de ses réponses en deux ou trois parties parfaitement équilibrées.

Premièrement, il souhaite créer un réseau. « Notre premier client à Lyon était un client de Paris. » S’implanter partout, c’est promettre à ces travailleurs nomades de se sentir chez eux, peu importe la ville dans laquelle ils se trouvent. Deuxièmement, « parce que le marché est en plein boom et que grâce à notre communauté, nous serons prêts à faire face aux plus gros ». Enfin, parce que l’entrepreneur veut se positionner sur un nouveau créneau, celui des grands groupes. Anticafé permet ainsi l’organisation d’événements (conférences de presse, team building, etc.). Leonid a ainsi su adapter son offre et propose désormais, en plus de ses abonnements et de ses programmes membership, des cartes prépayées par les entreprises qui permettent aux salariés, mais aussi aux clients du groupe, d’avoir accès à un nombre d’heures. « Cette flexibilité st source d’inspiration et attire les nouvelles générations. »

Prochaine étape, la diversification, déjà entamée avec l’ouverture d’un escape game réservé aux grands groupes en semaine pour du team building, et pour les clients le week-end.