Qui l’eût dit ? En pleine crise sanitaire marquée par un long confinement et par une activité économique fortement réduite, l’année 2020 aura néanmoins vu la naissance de trois nouvelles licornes françaises : Content Square, Mirakl et Voodoo. Tel est l’un des enseignements du baromètre Top Tech Tomorrow, un baromètre annuel établi par KPMG, qui met en lumière les sociétés technologiques championnes dans leurs domaines, promises à une possible cotation.
 
Content Square est spécialisé dans le marketing digital, Mirakl est un créateur de solutions logicielles pour l’économie des plates-formes, Voodoo est un éditeur de jeux vidéo. Trois entreprises qui illustrent la prégnance des technologies digitales dans la vie économique et les loisirs.
 
On aurait pu croire que l’année 2020 se soit révélée décevante en matière d’investissements dans les jeunes (ou moins jeunes) entreprises françaises de technologies. Il n’en est rien. Cette année a même vu la conclusion d’opérations très importantes de levées de fonds comme celles réussies par Mirakl (250 millions d’euros), EcoVadis (182 millions), Colonies (180 millions), Content Square (174 millions) ou Ynsect (165 millions).
 
 
 
Ce « Top 5 » constitue un plus haut historique en termes de montants levés, de franchissement du seuil de 100 millions d’euros par opération, et de maturité des sociétés puisque leur moyenne d’âge est de 9,2 ans contre 6,6 ans en 2019. Mais il faut noter également les opérations réalisées par les sociétés Innovafeed (140 millions) spécialisée dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale et végétale, ou Cap Vert (100 millions d’euros), qui opère dans les énergies renouvelables.  
 
L’année 2020, un cru exceptionnel 
 
Globalement, l’année 2020 s’est révélée un cru exceptionnel avec 4,4 milliards d’euros de levées de fonds contre 4 milliards en 2019. “Avec plus de 4,4 milliards d’euros levés (+10% vs 2019), dont 12 opérations à plus de 100 M€, 2020 confirme la montée en maturité de nos Techs, en dépit d’une croissance globale inférieure aux tendances observées par le passé”, explique Jean-Pierre Valensi, associé en charge des marchés de capitaux chez KPMG. 
Sur une période de trois ans, entre 2017 et 2020, le nombre d’opérations a été multiplié par 1,7 (de 98 à 166), les montants investis par trois (de 1,4 à 4,4 milliards d’euros) et le ticket moyen est passé de 20,7 à 26,1 millions d’euros. En outre, 2020 s’est aussi singularisée par le fait que les levées de fonds ont été plus importantes au second semestre qu’a premier. Traditionnellement, c’est le mouvement inverse qui s’observe, tant en montants levés qu’en nombre d’opérations. Comment expliquer cette « anomalie » Il est possible qu’elle soit liée à la pandémie. Un certain nombre d’opérations, planifiées pour le premier semestre ont été retardées par les mesures sanitaires et notamment le confinement. Mais surtout, le confinement a confirmé la validité de « l’equity story » de sociétés et de projets ce qui a donné lieu à une accélération des opérations.
 
Jean-Pierre Valensi : (KPMG) : « Dans ce contexte exceptionnel, nos champions de la Tech ont répondu présent. Ces entreprises ont révélé leur réel potentiel ainsi que leur utilité sociale et économique au sein d’une variété de chaînes de valeur et en mettant à disposition du plus grand nombre des solutions très innovantes »
 
Avec près de 650 millions d’euros levés au second semestre le secteur des applications et technologies d’entreprises effectue un retour en force, avec des opérations d’envergure comme celle de Mirakl. Le secteur du développement durable et de l’énergie a concentré plus de 520 millions d’euros de levées de fonds au second semestre, mais sur l’ensemble de l’année 2020, il est celui qui a mobilisé le plus de capitaux (950 millions d’euros) avec des opérations d’envergure comme Ynsect ou Innovafeed. En revanche, le secteur du tourisme et des transports confirme une année sombre avec des opérations quasi inexistantes.
 
 
Cette bonne tenue du marché des levées de fonds est un signe de la vitalité de ce secteur en France malgré les effets de la pandémie sur l’activité économique en général. L’écosystème d’entreprises françaises de technologies matures se renforce, séduit de plus en plus les investisseurs internationaux et enrichit l’écurie française des licornes et l’on ne peut qu’espérer que ce phénomène prenne encore de l’ampleur dans le futur proche. « Dans ce contexte exceptionnel, nos champions de la Tech ont répondu présent. Ces entreprises ont révélé leur réel potentiel ainsi que leur utilité sociale et économique au sein d’une variété de chaînes de valeur et en mettant à disposition du plus grand nombre des solutions très innovantes » confirme Jean-Pierre Valensi.