Au sortir de sa première année à l’Elysée, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a visiblement convaincu une majeure partie des chefs d’entreprises de l’Hexagone, séduits par les réformes engagées. Si ce « public » semblait déjà acquis à sa cause, les patrons français attendent encore davantage.

Tancé sur le front social et sur la question migratoire avec les déclarations pas toujours très heureuses de son ministre de l’intérieur Gérard Collomb, le président de la République peut, en cette période chahutée, compter sur le soutien indéfectible des patrons français. Ainsi,  selon les résultats d’une enquête réalisée par Ifop pour Consult’in France, plus des trois quarts des dirigeants interrogés considèrent favorablement les mesures engagées au cours de la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron pour l’emploi, la croissance et l’investissement. Ils estiment également que la compétitivité a cessé de se détériorer. Dans le détail, la proportion de dirigeants estimant que la compétitivité des entreprises de leur secteur s’est détériorée dans les douze mois précédents est ainsi passée de 36% en 2016 à 15% cette année. Si la situation s’améliore à leurs yeux, les patrons estiment en revanche que l’exécutif doit poursuivre ses efforts et ne pas s’endormir sur ses lauriers.

« Beaucoup de choses ont été lancées mais on est au milieu du gué et il reste encore beaucoup à faire », a appuyé Olivier Marchal, vice-président de Consult’in France et président de Bain & Cie France, lors d’une conférence de presse. « Il y a surtout une urgence à continuer », a-t-il insisté en évoquant la perspective d’un changement potentiel de conjoncture sous l’effet des tensions commerciales internationales croissantes et de la dissipation progressive de l’alignement des planètes (pétrole, euro, taux) depuis plusieurs mois. Mais depuis le début de ce mandat, c’est peu dire qu’Emmanuel Macron n’a pas ménagé sa peine, et mis en branle les réformes nécessaires pour faciliter la vie des dirigeants et leur offrir davantage de marge de manœuvre économique. Outre envers les patrons français, le chef de l’Etat a également lancé, ces derniers mois, plusieurs « opérations-séduction » à destination de dirigeants étrangers, car il désire de faire de la France une véritable terre d’accueil des entreprises des quatre coins du monde.

« Encore beaucoup à faire »

Ainsi, le 22 janvier dernier, à la veille du sommet de Davos, le président de la République avait réuni la « crème » des patrons étrangers sous les ors du château de Versailles, pour leur vanter les mérites de cette France « New-Look » du point de vue économique. Parmi les principaux convives, citons pêle-mêle le dirigeant de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, celui de JP Morgan, Jamie Dimon et celui de Facebook, Sheryl Sandberg. Mais également les groupes d’envergure internationale comme Rolls Royce, SAP, UPS, Bosch, GlaxoSmithKline, Novo Nordisk, Novartis, Cisco, Google, Alibaba ou JD.com. Tout ce « beau monde » a eu toute latitude d’échanger avec les différents institutionnels présents comme bpifrance, Business France ou encore l’Agence des Participations de l’Etat, mais également avec le Premier ministre en personne et une quinzaine de ministres. Emmanuel Macron s’était, de son côté, entretenu personnellement avec Sheryl Sandberg (Facebook), Sundar Pichai (Google), Vasant Narasimhan (Novartis) et Bill McDermott (SAP).

Plus récemment, à la veille du salon VivaTech et dans le cadre du mini-sommet baptisé « Tech for Good », l’ancien ministre de l’Economie a reçu à L’Elysée une soixantaine de PDG, start-up et autres acteurs du numériques pour “engager un dialogue sur l’impact des innovations technologiques et leur contribution au service de l’intérêt général”. Emmanuel Macron s’était ainsi entretenu avec Mark, PDG de Facebook, en pleine tempête après les révélations de l’utilisation des données de 87 millions de ses utilisateurs obtenues de manière inappropriée par la firme de marketing politique Cambridge Analytica, qui avait notamment travaillé sur la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Zuckerberg s’est dit disposé à réaliser d’importants investissements pour protéger les données des utilisateurs de Facebook, des améliorations qui devraient avoir un impact significatif sur sa rentabilité. De France et d’ailleurs, les patrons semblent (pour l’instant) sous le charme d’Emmanuel Macron.