Réunissant le « gotha » des entreprises de renommée internationale sous les ors du château de Versailles, le président de la République Emmanuel Macron, VRP de luxe de l’économie hexagonale, veut convaincre multinationales et investisseurs de « miser sur la France ».

« Choose France ». Tel est l’intitulé – sobre et efficace – de ce mini-sommet prenant place sous les ors du château de Versailles en cette « veillée d’armes » de Davos, « l’autre grand rendez-vous » de l’économie mondiale.  Mais ce « petit raout » a néanmoins produit son effet et a permis à Emmanuel Macron de vanter les mérites de la France, véritable terre d’accueil pour PDG et investisseurs en déshérence après la « déflagration Brexit ». Parmi ce beau monde, citons pêle-mêle le dirigeant de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, celui de JP Morgan, Jamie Dimon et celui de Facebook, Sheryl Sandberg. Mais également les groupes d’envergure internationale comme Rolls Royce, SAP, UPS, Bosch, GlaxoSmithKline, Novo Nordisk, Novartis, Cisco, Google, Alibaba ou JD.com. Tout ce « beau monde » a eu toute latitude d’échanger avec les différents institutionnels présents comme bpifrance, Business France ou encore l’Agence des Participations de l’Etat mais également avec le Premier ministre en personne et une quinzaine de ministres présents. Avant qu’Emmanuel Macron ne vienne clôturer les « festivités » en fin de journée. 

Au menu pour le chef de l’Etat : une série d’entretiens avec Sheryl Sandberg (Facebook), Sundar Pichai (Google), Vasant Narasimhan (Novartis) et Bill McDermott (SAP). Si ce type d’exercice a déjà été éprouvé sous les mandatures de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ce rendez-vous détonne par la diversité et le nombre de participants. « Ce lundi, dans le monde économique mondial, c’est en France qu’il faudra être », souligne-t-on à l’Elysée. Et d’ajouter. « L’enjeu n’est pas de parler à des CEO (…), l’enjeu, au-delà de l’explication, c’est d’avoir ces projets et de les faire investir en France ». Un postulat qui a d’ores et déjà trouvé écho chez Facebook puisque le groupe de Mark Zuckerberg a fait état de sa volonté, dans la nuit de dimanche à lundi, d’investir 10 millions d’euros dans l’Hexagone via son centre de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Une thématique sur laquelle la France se veut particulièrement à la pointe, un rapport très attendu du député et mathématicien Cédric Villani devant prochainement atterrir sur le bureau d’Edouard Philippe à Matignon.  

Facebook et Toyota premiers de cordée

Outre Facebook, un autre géant dans son domaine, Toyota, longtemps premier constructeur mondial, va accroître ses investissements dans l’Hexagone, en l’occurrence 300 millions d’euros pour son usine d’Onnaing (Nord). Conséquence immédiate de cette “apport d’argent frais” : la création de près de 700 emplois en CDI. Un engagement qui a donné des ailes au président de la République. “Si Toyota décide d’investir 300 millions et créer 700 CDI ici, c’est parce que vous êtes bons”, a déclaré Emmanuel Macron aux salariés de l’usine, lors d’une visite sur place en début d’après-midi. Et de poursuivre. « On va essayer de le montrer à de grands groupes, c’est l’engagement des gens dans l’entreprise qui compte ». Deux exemples qui attestent de « l’attractivité retrouvée » de l’économie française depuis l’accession d’Emmanuel Macron à la magistrature suprême.

Une tendance qui se confirme à travers diverses enquêtes d’opinion. Ainsi, selon un sondage Ipsos publié en décembre, plus de 60% des responsables d’entreprises étrangères implantées en France interrogés estimaient que le pays était attractif depuis l’élection présidentielle, contre seulement 36% en 2016. « La défiance que certains investisseurs, industriels ou financiers pouvaient avoir historiquement à l’égard de la France était liée à l’instablilité, ne pas savoir si l’année suivante des mesures fiscales allaient être prises et les pénaliser », analyse-t-on à l’Elysée. « Je pense que les investisseurs accordent le crédit de la stabilité au président. Il a toujours dit ce qu’il ferait et il fait ce qu’il a dit ». Suffisant pour inciter davantage à davantage se déployer en France ou investir massivement dans l’économie française ? L’avenir nous le dira mais toujours est-il que l’offensive de charme d’Emmanuel Macron auprès des décideurs étrangers commence à récolter ces premiers fruits.