Élu le 15 janvier dernier à la tête de l’Office Métropolitain du Tourisme et des Congrès de Marseille (OMTCM), Marc Thépot souhaite faire de la ville un exemple en matière de tourisme responsable et durable. Issu du secteur hôtelier, le nouveau président a pour objectif de fédérer l’ensemble des opérateurs autour d’un projet qui permette à la ville de Marseille de renouer avec la croissance post covid, et se positionner comme une destination phare du tourisme vert.

 

Après une année agitée d’un point de vue politique, d’aucuns à l’Office du Tourisme aspiraient à ce que le bureau se dote d’une structure de gouvernance qui échappe au calendrier électoral, et qui soit capable de faire naître un dialogue apaisé entre les acteurs, en dehors du débat politique. C’est chose faite depuis la prise de fonction de Marc Thépot, dont la grande expérience du secteur hôtelier, notamment au sein du groupe Accor, semble accélérer la mise en ordre de marche d’un secteur traumatisé par la crise. « Après un an d’agonie où les opérateurs ont accumulé des pertes abyssales, avec l’effondrement des valeurs des fonds de commerce, il y avait urgence à recréer du lien avec les hôteliers, les restaurateurs, mais aussi tous ceux qui gravitent autour du tourisme, comme les DJs, traiteurs, autocaristes, agences évènementielles ou encore fleuristes » explique Marc Thépot.
S’inscrivant dans une démarche de long terme, le président ambitionne de relancer le tourisme de la cité phocéenne de façon responsable, fédératrice et volontariste, en étroite coordination avec la métropole, qui a la compétence touristique, mais aussi la ville et la région. Le tourisme est une activité clé pour la région, qui a perdu une grande partie de ses industries au fil des années, d’autant qu’il permet d’insérer et de maintenir dans l’emploi une large population. « L’hôtellerie et la restauration font partie des derniers secteurs d’activité où l’ascenseur social fonctionne. Vous pouvez commencer votre carrière comme simple serveur et finir directeur d’établissement. Il faut préserver ce domaine où le champ des possibles est ouvert à tous ». Marseille comptabilise environ 18 000 emplois liés au tourisme.

 

Marseille
Le MUCEM, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée – ©mrOMTCM

 

En moins de vingt ans, la ville de Marseille s’est transformée pour devenir une destination phare du tourisme d’affaires et de loisir. Celle qui accueillait encore 2,5 millions de touristes par an au début des années 2000, en reçoit désormais le double, soit 5 millions de touristes en 2019 et 1,8 million de croisiéristes, pour 1 milliard d’euros de retombées, soit 8% du PIB local. Des évènements comme la Ccoupe du monde de football en 1998, celle du rugby en 2007, ou encore l’obtention du titre de capitale européenne de la culture en 2013 font partie des temps forts qui ont encouragé la ville à engager d’importants investissements. « En dix ans, de nouveaux lieux sont sortis de terre, faisant évoluer le paysage du parc hôtelier de la ville qui est passé de 4 500 chambres en 1997 à 9 000 chambres en 2019. On assiste également à une montée en gamme avec l’arrivée de gros porteurs 4 et 5 étoiles dans la ville » poursuit le président de l’Office de Tourisme de Marseille. Une dynamique qui devrait se poursuivre, compte tenu des prochains rendez-vous inscrits à l’agenda de la cité phocéenne, comme la coupe du monde de rugby en 2023 et les JO de 2024 pour les compétitions de football et de voile.
Pour que 2021 soit l’année d’un rebond durable et réfléchi en matière de tourisme, Marc Thépot souhaite obtenir l’adhésion de tous les acteurs politiques, économiques et institutionnels. Réconcilier les marseillais avec le tourisme passe par le déploiement d’une stratégie de long terme, dont les actions de promotions se veulent à la fois ciblées et judicieuses. En premier lieu, il s’agit de proposer des solutions innovantes pour gérer les flux touristiques, comme le projet de péage à Notre Dame de la Garde pour les gros bus touristiques polluants ou l’accueil twizy sur des sites très fréquentés comme le Mucem ou les Calanques. La création de parcours à travers des visites guidées spécifiques et la mise en place de signalétique ont pour but de revaloriser les quartiers marseillais (La Treille, Mazargues) et de désengorger l’hyper centre et les sites déjà très connus.

 

Marseille
Le Vieux-Port de Marseille – ©JoYanaOMTCM

 

Qui dit tourisme vert dit déploiement de produits green issus de partenariats avec des structures touristiques éco-responsables qui proposent une offre différente et respectueuse de l’environnement. C’est le cas des entreprises comme Fada Bike et ses vélos électriques, la compagnie du Levantin et son Histoboat ou encore le bateau Ecocalanques. Pour rendre l’offre hôtelière plus vertueuse et valoriser les engagements des opérateurs, l’Office a entrepris un ambitieux programme de certification sur les mois et les années à venir avec le label Clef Verte et le GDS Index, label de référence en matière de tourisme d’affaires et évènementiel. Marseille, qui est désormais la ville de France qui compte le plus d’hôtels labellisés par rapport au nombre d’hôtels existants, entend multiplier les actions de communication auprès des agences de voyages pour attirer de nouveau une clientèle nationale et européenne, avec un focus sur les ailes de saison. Pour séduire cette cible, qui codétient avec les compagnies aériennes 1 milliard d’euros d’à-valoir issus des voyages de leurs clients non réalisés en raison de la pandémie, l’Office a mis en place une market place dédiée à la vente de produits touristiques à forte valeur ajoutée sur son territoire, précise son Directeur Général Maxime Tissot. Une initiative qui démontre de la capacité des équipes à prendre avec succès le virage de la digitalisation, étape indispensable pour toucher une clientèle toujours plus large. 

 

 

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