Les échanges économiques entre la France et l’Italie ne cessent d’augmenter, malgré une conjoncture économique défavorable. Ils ont atteint un haut niveau qui peut encore s’accroître, à condition d’augmenter leur coopération industrielle et mettre en place une vrai politique de développement commune.

L’Italie et la France sont l’un pour l’autre, et de longue date, des partenaires économiques fondamentaux. Les deux pays ont beaucoup d’atouts et d’intérêts communs qui devraient être valorisés et protégés davantage, face à une concurrence mondiale qui se présente de plus en plus agressive. En s’alliant sur un plan politique et économique, les deux pays ont tout à y gagner en matière d’influence sur la scène européenne et internationale.


 Une forte coopération qui perdure dans le temps

La France est le deuxième client et le deuxième fournisseur de l’Italie. La France est également le premier investisseur dans le pays avec 22 % des investissements internationaux (81,5 milliards d’euros, sur un total de 372,4 milliards en 2018). Plus de 1.800 filiales françaises sont présentes en Italie avec plus de 280.000 emplois. Les sociétés françaises sont fortement représentées également dans le secteur de l’énergie, l’industrie manufacturière, notamment dans les industries agroalimentaires, les textiles et habillement, les transports, les biens d’équipement, les produits intermédiaires. L’Italie est à la huitième place parmi les plus gros investisseurs étrangers en France, avec 2.000 filiales opérant en France et environ 100.000 emplois. La présence italienne est constituée par l’industrie sidérurgique, les transports, l’automobile, le secteur naval, l’énergie, la construction et les travaux publics, la mode, la gastronomie. 

Les échanges économiques

En 2019, malgré une conjoncture économique défavorable, les deux pays ont accru leurs échanges économiques à 86.4 milliards d’euros (soit 236 millions d’échanges par jour).  Plus précisément, 36,6 milliards d’euros d’exportations françaises en Italie (+0,3% par rapport au 2018) et 49,8 milliards d’euros d’importations italiennes en France (+2,9% par rapport au 2018), La France est le deuxième client de l’Italie avec une part de marché de 10,5% et son deuxième fournisseur avec une part de marché de 8,7%. L’Italie est le troisième client de la France avec 7,4 % des exportations françaises et également son quatrième fournisseur avec une part de marché de 8,1%. 

Quelques projets industriels d’envergure

FCA – PSA

La fusion FCA-PSA a donné la naissance au quatrième constructeur mondiale (derrière le groupe Volkswagen, Toyota et Renault-Nissan-Mitsubishi, mais devant General Motors) avec une capacité commerciale de 8,7 millions de véhicules par an, pour une valeur de 46 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de près de 170 milliards d’euros, un résultat opérationnel de plus de 11 milliards d’euros et des synergies annuelles quantifiables à 3,7 milliards d’euros. Mais surtout, une répartition territoriale plus équilibrée, s’il est vrai que 46% des bénéfices proviendront d’Europe et 43% d’Amérique du Nord.

Fincantieri – Navalgroup

Fincantieri et Navalgroup ont créé une société commune, la Naviris, une joint-venture à 50/50, fruit de vingt ans de coopération entre l’Italie et la France. Leur but est de créer un “Airbus” de la mer et sauver le secteur de la construction navale européenne, y compris militaire, face à la concurrence russe et asiatique. La France et l’Italie entretiennent une forte coopération militaire, en particulier dans les domaines de la défense antimissile (Samp/T), de la construction navale (frégates Horizon, Fremm et pétroliers-ravitailleurs) et des communications (programme Essor). Ces données expliquent les grosses attentes de la co-entreprise, qui espère engranger entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de commandes au cours des quatre prochaines années.

Lyon-Turin

La liaison ferroviaire européenne Lyon-Turin est un parfait exemple du type de grand chantier à privilégier dans le cadre d’un plan de relance économique après la crise.  Les investissements publics massifs dans les grands chantiers seront incontournables pour relancer l’économie. Le chantier du tunnel international de la Lyon-Turin peut reprendre sans délai après la crise. Il représente 8000 emplois directes et indirects et 8,6 Md€ injectés sur 10 ans dans les économies françaises et italiennes.  C’est un véritable coup de fouet pour l’économie : chaque euro investi pourra rapporter 1,6 € pour les économies de deux pays. La Lyon-Turin permettra un report modal massif des voyageurs et des marchandises sur le rail en renforçant l’efficacité du réseau ferroviaire européen pour lutter contre le réchauffement climatique. L’objectif de la Lyon-Turin est de basculer chaque année 1 million de poids lourds et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 3 Mt de C0² par an. 

EssilorLuxottica

EssilorLuxottica est le leader mondial de la lunetterie. La fusion entre Essilor et Luxottica représente l’une des plus importantes fusions “transfrontalières” en Europe, qui a conduit à la naissance d’un géant avec une capitalisation de 50 milliards, 140 000 employés et des ventes dans plus de 150 pays.

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