L’Italie et la France ont une expérience importante dans le secteur naval et cela grâce au travail qu’elles ont conduit ensemble pendant plusieurs décennies sur des projets importants. Une coopération étroite existe dans les secteurs civil et militaire avec MSC Crosières, Chantiers de l’Atlantique, Fincantieri et Navalgroup. Quatre poids lourds qui peuvent se positionner comme outsiders face à la concurrence chinoise et russe.

 

Secteur naval civil : MSC Croisières et les Chantiers de l’Atlantique

Le groupe MSC, de la famille italienne Aponte, emploie plus de 70 000 personnes pour un chiffre d’affaires d’environ 30 milliards d’euros. MSC Croisières, avec ses 25 000 employés et son chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros, est le quatrième acteur mondial dans le secteur des croisières et le premier acteur à capital privé. MSC Croisières est le premier client des Chantiers de l’Atlantique.

Entre 2017 et 2026, neuf navires de croisière de dernière génération vont naître dans les Chantiers de l’Atlantique. Au total, 25 de nos 29 navires de croisière seront construits à Saint-Nazaire, pour un investissement de 14 milliards d’euros. Cela représente 5 000 emplois directs sur le site et 83 millions d’heures de travail. Il s’agit en fait du plus gros investissement étranger enregistré en France depuis des années. Seuls trois chantiers navals dans le monde sont capables de produire des navires de croisière aussi sophistiqués et ils se trouvent en France, en Italie et en Allemagne. En 2018, le marché des croisières s’élevait  à 45,6 milliards de dollars (+ 4,6% en 2018 par rapport à l’année précédente); ce volume d’affaires est généré par 26 millions de passagers transportés en un an (+ 3,3%). Un secteur économique très riche où MSC Croisières et les Chantiers de l’Atlantique peuvent gagner beaucoup.

 

Secteur naval civil : Naval militare Fincantieri et Navalgroup

Fincantieri et Navalgroup viennent de créer une société commune, la Naviris, une joint-venture à 50/50, fruit de vingt ans de coopération entre l’Italie et la France. Les deux pays entretiennent une forte coopération militaire, en particulier dans les domaines de la défense antimissile (Samp/T), de la construction navale (frégates Horizon, Fremm et pétroliers-ravitailleurs) et des communications (programme Essor), ce qui explique les grosses attentes de la co-entreprise, qui espère engranger entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de commandes au cours des quatre prochaines années. Leur but est de créer un « Airbus » de la mer et sauver le secteur de la construction navale européenne, y compris militaire, face à la concurrence russe et asiatique. A titre d’exemple, la Chine, en seulement quatre ans, a construit l’équivalent de l’ensemble de la marine militaire française. La nouvelle joint-venture franco-italienne aura son siège social à Gênes et une filiale à Ollioules, dans le Var.

 

Par le biais de la joint-venture, Fincantieri et Naval Group pourront:

  • Partager les meilleures pratiques entre les deux sociétés ;
  • Mener conjointement des activités de recherche et développement ciblées ;
  • Optimiser les politiques d’achat ;
  • Préparer conjointement les offres pour les programmes binationaux et pour les exportations.

En août dernier, Naviris a soumis à Bruxelles une étude sur des corvettes européennes d’un tirant de 3 000 tonnes, pour l’inscrire dans les projets capacitaires communs de défense de l’Union européenne. Dans la recherche, cinq projets en commun seront lancés et en même temps, les premières campagnes à l’exportation vont bientôt démarrer.  Il est intéressant de souligner que les chantiers navals Fincantieri sont dans une stratégie de rapprochement (projet Poséidon) avec le français Naval Group, dans le but de constituer un groupe européen de premier rang dans le naval militaire. Pour l’instant – et contrairement à Naval Group – Fincantieri n’est pas présent dans les systèmes de combat, mais avec Leonardo (ex-Finmeccanica), elle le sera désormais au sein de la société commune Orizzonte Sistemi Navale (OSN), qui étend son champ d’activité aux produits destinés à l’exportation, ce qui intéresse justement Naval Group, dans le cadre de ce rapprochement. 

Une alliance qui peut peser gros dans le domaine de Défense

Avec 7 000 navires fabriqué en 230 ans, 19 200 salariés, 5,4 milliards d’euros en 2018 (+9% par rapport au 2017). Un tiers de ce chiffre d’affaires est réalisé grâce aux navires militaires, et environ la moitié grâce aux bateaux de croisières (MSC Crociere, Ponant, Viking), Fincantieri est le principal constructeur naval occidental. Quant à Naval group, avec ses 3,6 milliards € en 2018, 13 612 salariés, est un des principaux constructeurs de navires européens à opérer sur le marché mondial des systèmes de défense.

 

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