Les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) et leur écosystème d’acteurs technologiques ont cristallisé les attaques au sein de la communauté internationale. Protection des données personnelles, optimisation fiscale, puissance financière démesurée, ces plateformes n’ont cessé d’être la cible des gouvernements et autres groupes de pression. Mais ça, c’était avant. Car le confinement forcé dans lequel nous nous trouvons a fait émerger une prise de conscience bien réelle du caractère indispensable de ces mêmes GAFA, sans qui notre vie quotidienne serait certainement devenue un enfer. 

Les réseaux sociaux au service de l’humain


Lorsque Facebook a été créé, la croissance de ce réseau social est rapidement devenue exponentielle. Mais malgré son côté addictif et viral, un grand nombre de personnes considérait ce service relativement futile et dépourvu d’intérêt. Poster des photos ou des vidéos, « liker » les photos des autres n’avait rien d’essentiel et était présenté comme « nice to have », quelque chose dont l’humanité aurait aisément pu se passer. Mais alors que la moitié de la planète est entrée en confinement et que l’isolation forcée des individus représente un risque potentiel majeur sur le plan psychologique et mental, maintenir une forme de bien-être dans de telles conditions est devenu une obligation. La nécessité de rester en contact avec son cercle d’amis, de communiquer, de rire, d’avoir le sentiment de continuer d’appartenir à sa communauté et de contribuer, même virtuellement, à la vie de sa tribu, constitue un impératif vital. Il est intéressant de voir que les réseaux sociaux comme Facebook, alors considérés comme superficiels, se sont métamorphosés en outils de création de lien social, indispensable au maintien des relations humaines. 

Dans un registre similaire, des plateformes comme Twitter ou WhatsApp, ont indubitablement contribué à fluidifier et intensifier la communication à distance entre les individus et les groupes. Tant sur le plan personnel que professionnel. 

 

La technologie outil incontournable de survie professionnelle

Le monde de l’entreprise l’a bien compris et ne se prive d’ailleurs pas d’utiliser la palette de ces solutions. Maintenir une activité professionnelle tout en étant bloqué chez soi ? Cela aurait été inconcevable il y a plusieurs années. Aujourd’hui, les outils de travail collaboratif de Microsoft et autres plateformes ont permis aux entreprises d’opérer la migration de millions de salariés du bureau vers leur domicile, et d’exécuter efficacement les plans de continuité d’activité.

Même si la situation de l’emploi qui se profile ne semble pas très prometteuse, on peut, même confiné, poursuivre le développement de son network sur LinkedIn et rechercher des opportunités. Si l’une d’entre elles se matérialise en succès, des outils comme Zoom, Skype ou WebEx serviront à l’induction des nouveaux embauchés, comme le souligne le cabinet de conseil Korn Ferry. 

Dans un registre plus immatériel mais non moins tangible, il serait impossible, sans ces plateformes de partage et de communication, de maintenir une cohésion de groupe au sein des entreprises. Renforcer la mission d’une équipe, solidifier les liens de confiance qui unissent les individus, gérer les situations parfois délicates dans ce contexte sensible, autant d’objectifs stratégiques rendus possibles grâce à cet écosystème technologique pourtant souvent critiqué. Grâce à ces outils, le management d’équipe n’est pas devenu une victime collatérale supplémentaire de cette crise sanitaire. Ce sont les plateformes qui se sont mises au service du leadership.

Vers une authenticité accrue

Paradoxalement, l’utilisation des applications de communication et autres outils de travail collaboratif ont contribué à nourrir un leadership plus authentique qu’à la normale. Chacun se veut en effet plus transparent en affichant ses vulnérabilités. Les individus, leaders compris, ne cherchent pas à jouer un rôle et à être parfaits. Ils se montrent tels qu’ils sont, sans craindre de partager leurs faiblesses ou leur difficulté à gérer certaines situations. Les relations humaines professionnelles sont ainsi moins codifiées et plus naturelles. La technologie au service d’un leadership authentique est une chose qu’il aurait été difficile d’imaginer, c’est pourtant ce qui est en train de se passer. 

Il est parfois difficile de comprendre quel sera l’apport des innovations technologiques dans notre vie quotidienne. Cette crise a au moins le mérite de nous faire pleinement réaliser les bénéfices tangibles qu’elles représentent. Innovations dont l’écosystème des GAFA est largement à l’origine. Sans Google et YouTube, comment les millions de parents auraient-ils pu accompagner l’éducation de leurs enfants ? Et comment aurions-nous pu nous former et assister à divers webinars sans les plateformes de communication ?   

Nul ne sait quand cette crise se terminera. Mais une chose est certaine, le monde 2.0 sera encore plus virtuel. Parce que les entreprises ont compris que ce mode opératoire pouvait avoir ses avantages, à la fois pour leurs résultats économiques mais également pour le bien-être et l’engagement des salariés. Parce qu’on a découvert les bénéfices humains de la technologie. Parce que l’on saisit l’utilité réelle de ces applications. Parce que finalement, l’écosystème technologique contribue également à maintenir du lien social et à entretenir un tissu relationnel.  

La raison d’être de Facebook est de « rapprocher le monde » et celle de Google « d’organiser les informations à l’échelle mondiale pour les rendre accessibles et utiles à tous ». A la lumière de cette crise, ces missions prennent non seulement tout leur sens mais il semble que ces entreprises soient même allées au-delà en contribuant à réintroduire de l’humain et à aider la société à survivre en cette période de trouble.

Faut-il faire évoluer l’environnement réglementaire pour s’adapter à la réalité des GAFA ? Oui, probablement. Mais prenons un peu de recul et arrêtons de leur tirer dessus. Ces entreprises ont prouvé leur caractère utile et indispensable.