Le Comité international olympique (CIO) examine la célébration de l’athlète américaine, Raven Saunders, aux JO de Tokyo 2020 après sa médaille d’argent au lancer de poids. Les responsables du Comité olympique américain ont déjà déclaré qu’ils ne pensaient pas que leur athlète avait enfreint les règles du CIO interdisant les protestations sur le podium. Cette affaire soulève de nombreuses questions. Que se passera-t-il si les responsables américains, qui ont déclaré qu’ils ne puniraient pas les athlètes pour avoir protesté, reçoivent l’ordre de sanctionner Raven Saunders ?

 

Lundi 2 août, le Comité olympique et paralympique des États-Unis (USOPC) a déclaré que le geste de Raven Saunders ne violait pas ses règles en matière de protestations des athlètes.
Après avoir mené son propre examen, l’USOPC a estimé que « l’expression pacifique en faveur de la justice raciale et sociale » de Raven Saunders n’a pas violé les règles, « a été respectueuse de ses concurrents » et n’a pas eu lieu durant la remise des médailles ou durant l’hymne national chinois.
Du côté du CIO, une enquête est toujours en cours sur le geste de l’athlète américaine. Le CIO doit examiner si la protestation de Raven Saunders est une violation potentielle de ses règles en matière de protestations des athlètes, ce qui pourrait entraîner des sanctions contre la lanceuse de poids américaine.
Le CIO a assoupli les règles interdisant les protestations de toute nature pour les JO de Tokyo 2020, tout en précisant que ces protestations doivent être réalisées de manière respectueuse et en dehors du podium lors des cérémonies de remise de médailles.
Le CIO est également en contact avec la World Athletics (la fédération sportive internationale chargée de régir les fédérations nationales d’athlétisme et d’organiser les compétitions internationales mondiales, NDLR), bien que la fédération sportive internationale n’ait pas de règles interdisant les protestations et qu’il soit peu probable qu’elle prenne des sanctions.

Le CIO n’a pas précisé les sanctions applicables aux athlètes enfreignant ses règles en matière de protestations. Par ailleurs, les règles du CIO dans ce domaine sont en conflit avec celle de l’USOPC. Or c’est à l’USOPC qu’il incombe d’infliger toute sanction, le cas échéant. L’USOPC a déjà déclaré qu’il ne sanctionnerait pas les athlètes qui protesteraient durant les JO de Tokyo 2020.
Raven Saunders a déclaré qu’elle avait formé un X au-dessus de sa tête pour représenter « le point de rencontre de toutes les personnes opprimées. » La lanceuse de poids est une femme afro-américaine homosexuelle qui parle ouvertement de ses problèmes de santé mentale. Raven Saunders a défié les officiels Olympiques de « tenter de lui prendre cette médaille ». L’Américaine a également déclaré que son geste était un « cri d’alarme » pour la communauté noire, la communauté LGBTQIA+ et toutes les personnes faisant face à des problèmes de santé mentale. « En fin de compte, nous comprenons que c’est plus grand que nous et que c’est plus grand que les pouvoirs en place », a déclaré Raven Saunders. « Nous comprenons qu’il y a tellement de gens qui nous admirent, qui attendent de voir si nous disons quelque chose ou si nous parlons en leur nom. »
La gymnaste américaine Simone Biles, qui s’est retirée de plusieurs épreuves de gymnastique aux JO de Tokyo 2020 pour des raisons de santé mentale, a apporté son soutien à Raven Saunders sur les réseaux sociaux. La gymnaste a publié une photo de Raven Saunders avec les bras en X sur le podium, avec cette légende : « Si vous êtes noir, LGBTQIA+ ou que vous luttez mentalement, celle-ci est pour vous ».
En vertu de la règle 50 de la Charte olympique, le CIO interdit toute forme de « démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale. » Le CIO agit ainsi pour que « le terrain de jeu, le village olympique et le podium restent neutres et exempts de toute forme de manifestation politique, religieuse ou ethnique », conformément au message d’unité que le « Mouvement olympique cherche à promouvoir. » Cette règle est assez controversée et n’a pas empêché les nombreuses protestations olympiques au fil des ans. Il y a déjà eu plusieurs protestations aux JO de Tokyo 2020, mais aucune n’a encore été sanctionnée. La gymnaste costaricaine Luciana Alvarado a posé un genou au sol et levé son poing pour reconnaître le mouvement Black Lives Matter durant son programme.
Le CIO a subi de nombreuses pressions pour supprimer ou assouplir cette règle, notamment à la suite des manifestations en faveur de la justice raciale qui ont suivi le meurtre de George Floyd. Les responsables américains font pression pour que la règle soit supprimée avant que Los Angeles n’accueille les JO dans sept ans.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

<<< À lire également : JO 2020 de Tokyo | Jean Quiquampoix, l’homme au pistolet d’or ; Quentin Bigot, c’est du costaud >>>