Facebook souhaite clairement concurrencer YouTube depuis que le réseau social a introduit la fonctionnalité vidéo il y a maintenant quelques années, et bien qu’il ait réussi à devenir une plateforme vidéo, ses efforts semblent stagner, alors que les créateurs de contenus sérieux se tournent toujours davantage vers la filiale de Google. Cependant, cela n’empêche pas Facebook d’essayer de nouvelles choses, et cette fois-ci, l’outil de choix, c’est Instagram.

Instagram, qui appartient à Facebook, a récemment rendu possible la publication de vidéos de longue durée sur sa plateforme, espérant ainsi optimiser les bénéfices de leurs réalisateurs, attirant au passage quelques fidèles de YouTube. Mais la réponse de YouTube ne s’est pas fait attendre, avec un certain nombre de nouveaux outils afin d’aider ses principaux utilisateurs à générer des revenus, ce qui, une fois de plus, complique la tâche de Facebook.

L’arrivée du service IGTV d’Instagram permet d’allonger la durée des vidéos de une minute à dix minutes, et les utilisateurs disposant de nombreux abonnés peuvent même poster des vidéos pouvant durer jusqu’à une heure. Le problème est  que, comme sur Facebook, il n’existe pas de moyen clair de monétiser les contenus, étant donné qu’il n’y a pas de publicités liées à ce service. On peut dire ce que l’on veut sur YouTube et ses défauts, mais au moins, les créateurs de contenus sont rémunérés.

Aujourd’hui, les youtubeurs disposent de toujours plus de moyens de gagner de l’argent avec leurs contenus. En effet, la plateforme vient d’annoncer la mise en place de trois nouvelles fonctionnalités qui devraient satisfaire ses utilisateurs. La première, c’est la possibilité de s’abonner aux chaînes moyennant finance, ce qui permettra aux fans de sponsoriser une chaîne YouTube pour 4,99 $ par mois. Ensuite, il y a la possibilité de vendre aux fans des articles directement à partir de YouTube. La dernière fonctionnalité s’intitule « Premieres », et elle permet aux créateurs de promouvoir une vidéo avant même sa publication, via une page d’accueil.

Les conséquences de ces nouvelles fonctionnalités Instagram et Facebook pour les artistes et les labels pourraient être considérables.

Bien qu’en surface, YouTube semble avoir gagné cette bataille grâce à la fonctionnalité de vente directe, le nouvel IGTV d’Instagram pourra permettre aux artistes d’atteindre un tout nouveau public, étant donné que la plateforme est plébiscitée par les consommateurs de musique populaire. Ce que certains pourraient considérer comme un inconvénient, c’est qu’elle a été conçue exclusivement pour les smartphones. En effet, les vidéos sont publiées sous un format vertical. Les clips musicaux ne pourront donc pas être diffusés sur la plateforme, à moins d’être redimensionnés. Cela dit, la possibilité de présenter du contenu aux milliard d’utilisateurs mensuels (à en croire les derniers chiffres d’Instagram) est très séduisante.

D’un autre côté, YouTube propose aux artistes et aux labels davantage de moyens de gagner de l’argent, et pour couronner le tout, la plateforme retient un pourcentage moins important sur les bénéfices. Le service avait été énormément critiqué pour sa politique de partage des revenus de 55/45 (55 % pour l’artiste ou le label), mais elle est désormais beaucoup plus généreuse avec l’abonnement aux chaînes. Les revenus ainsi générés sont redistribués dans des proportions plus proches des normes du secteur : 70/30, avec 70 % pour l’artiste ou le label.

Les ventes directes sur YouTube se font en partenariat avec Teespring. Il semblerait que les gains soient partagés à parts égales entre l’entreprise et le propriétaire de la chaîne. Mais la marge pourrait augmenter en même temps que les ventes. YouTube devrait également prendre un faible pourcentage de la commission de Teespring.

De manière générale, il s’agit de bonnes nouvelles pour les créateurs de contenus, et surtout dans le domaine de la musique. Le contenu des vidéos de tous types gagne encore en popularité et tous les moyens de le promouvoir ou de le monétiser sont bons à prendre.