Facebook présente de solides résultats pour le premier trimestre 2018, surpassant ainsi toutes les prévisions de revenus et de bénéfices. Les annonceurs publicitaires ne semblent donc pas découragés par la remise en question par l’opinion publique des pratiques de l’entreprise en matière de gestion des données de ses utilisateurs. L’action a pris 7,6 % après la clôture pour atteindre 167,30 $ (137,55 €), ce qui a aidé à inverser la tendance, à la suite du scandale Cambridge Analytica.

Les revenus de Facebook pour le premier trimestre 2018 ont augmenté de 49 % pour atteindre 11,97 milliards de dollars (9,84 milliards d’euros), contre 8,03 milliards (6,6 milliards d’euros) l’an dernier à la même période. Ce qui dépasse les prévisions des analystes sondés par Yahoo Finance, qui tablaient en moyenne sur des recettes de 11,41 milliards de dollars (9,38 milliards d’euros). Ces gains représentent le 12e record trimestriel consécutif enregistré par l’entreprise, surtout grâce aux ventes d’annonces publicitaires sur mobiles, y compris celles d’Instagram, et les outils de ciblage toujours plus performants de l’entreprise.

Les recettes des publicités sur mobile représentent près de 91 % du total des ventes pour ce trimestre, soit une augmentation de 89 % en comparaison avec la même période l’an dernier. Les revenus globaux de Facebook devraient atteindre les 55,19 milliards de dollars cette année, selon les estimations des analystes. Ce qui ferait de Facebook le second plus grand vendeur de publicités au monde après Google.

Pour le premier trimestre 2018, l’entreprise présente des bénéfices de 4,99 milliards de dollars (4,1 milliards d’euros), soit 1,69 $ (1,39 €) par action, ou une hausse de 63 % en un an. Une fois de plus, les estimations des analystes sont surclassées, en effet, ils prévoyaient un bénéfice par action de seulement 1,35 $ (1,11 €).

« En matière de revenus, l’avenir de Facebook est assuré », affirme Mark Mahaney, analyste pour RBC Capital Markets, dans une note destinée aux investisseurs. « Les annonceurs continuent de dépenser des sommes folles sur la plateforme ».

Facebook a précisé que ses dépenses avaient augmenté de 39 % par rapport à la même période l’an passé, pour atteindre 6,52 milliards de dollars (5,36 milliards d’euros). En effet, l’entreprise a augmenté ses investissements dans les domaines de la sécurité, de la modération et concernant l’utilisation intensive de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle.

Durant ce trimestre, la plateforme a également gagné de nombreux nouveaux utilisateurs, malgré le scandale Cambridge Analytica survenu à mi-semestre. Dorénavant, environ 1,45 millions de personnes dans le monde utilisent la plateforme quotidiennement, ce qui correspond aux estimations des analystes. Facebook a su inversé la courbe du nombre d’utilisateurs américains qui était en déclin, et la plateforme compte désormais 241 millions utilisateurs nord-américains (États-Unis et Canada confondus), alors que les utilisateurs quotidiens de cette région sont au nombre de 185 millions.

Actuellement, Facebook doit faire face à une crise de relations publique, car il est désormais de notoriété publique qu’une société d’analyse de données politiques, qui a aidé Donald Trump durant sa campagne présidentielle, a eu accès illégalement aux données de dizaines de millions d’utilisateurs du réseau social en 2013. En février, Facebook apprenait que cette société d’analyse de données, Cambridge Analytica, n’avait peut-être pas effacé les données des utilisateurs de la plateforme, contrairement à ce qu’elle avait affirmé. Le 4 avril, Facebook révélait que 87 millions d’utilisateurs étaient touchés par cette fuite de données. Ces révélations ont incité les dirigeants de Facebook à présenter leurs excuses à maintes reprises, en plus de mettre en place une série de nouveaux outils et de nouvelles politiques, visant à permettre aux utilisateurs de mieux contrôler leurs informations sur le réseau social. Le cofondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a été auditionné à ce sujet par le congrès américain ce mois-ci.

« Malgré les défis considérables auxquels nous sommes confrontés, notre communauté et nos affaires ont solidement débuté cette nouvelle année », a déclaré Mark Zuckerberg dans un communiqué. « Nous nous rendons actuellement compte de l’ampleur de nos responsabilités, et nous investissons pour s’assurer que nos services ne soient utilisés qu’à des fins bienveillantes. Mais nous devons également continuer de développer de nouveaux outils permettant au gens de se connecter entre eux et de consolider nos communautés ».

Durant l’audition devant le Congrès, certains représentants se sont demandé si le modèle économique de Facebook était compatible avec la protection de la vie privée de ses utilisateurs. Mercredi, lors d’une conférence avec des investisseurs, Sheryl Sandberg, la directrice de l’exploitation de Facebook, a souligné que l’entreprise croyait pleinement au potentiel de son activité publicitaire et que cette dernière était entièrement compatible avec les intérêts des utilisateurs.

« Faire de la publicité tout en protégeant les données personnelles des utilisateurs, c’est possible », affirmait Sheryl Sandberg. « C’est d’ailleurs ce que nous faisons ». Avant d’ajouter : « Les annonces publicitaires correspondent parfaitement à notre activité, et cela n’est pas près de s’arrêter ».