La crise sanitaire a incontestablement impacté l’économie mondiale, notamment à cause de l’arrêt de nombreuses activités dans différents secteurs durant le confinement. Les chiffres de l’Insee montrent un effondrement considérable des créations d’entreprises en France avec une baisse de 25,5% en avril 2020, toutes catégories confondues. La création d’entreprises classiques connaît une baisse de 30% tandis que les micro-entreprises, elles, enregistrent une baisse d’immatriculation de 19,6%. Des chiffres qui peuvent questionner les entrepreneurs : est-il pertinent de créer sa micro-entreprise dans le contexte de la reprise ?

Question à laquelle nous répondons par l’affirmative car, malgré ces chiffres, la situation a aussi fait émerger de nouveaux besoins et a mis en avant des secteurs qui, autrefois, ne bénéficiaient pas d’autant de visibilité. Ce sont autant de nouvelles opportunités que les créateurs de micro-entreprises peuvent faire jouer en leur faveur à l’heure actuelle.


Quel est l’impact de la crise du Covid-19 sur la création de micro-entreprises et quelles opportunités a-t-elle fait naître ?

Une baisse des créations d’entreprise, mais de nouvelles opportunités à explorer

Le pays enregistre certes une baisse de 19,6% des créations des micro-entreprises en avril 2020, mais ceci ne doit pourtant pas constituer un frein aux opportunités, bien au contraire ! Certains secteurs ont réussi plus que d’autres à tirer leur épingle du jeu pendant le confinement, où la population a pu se recentrer sur ses besoins réels et ceux qui s’inscrivent désormais comme une nécessité au regard des changements induits par la lutte contre la propagation du virus.

L’artisanat, plus valorisé

La crise sanitaire a plus que jamais accentué la remise en question de la délocalisation, par la population française qui s’est mise massivement à acheter local pendant le confinement pour des questions de commodités et pour respecter les restrictions de déplacement. Le passage au digital a également permis à ce secteur de booster son activité pendant la crise sanitaire en proposant des options de récupération des produits en drive ou click and collect par exemple.

Les résultats d’un sondage Odoxa-Comfluence pour Les Echos et Radio Classique, mené entre le 8 et le 9 avril 2020 parmi 1 003 personnes de plus de 18 ans, ont d’ailleurs démontré que 9 Français sur 10 souhaitent la relocalisation de l’industrie sur le territoire français. Ces chiffres dénotent aussi une prise de conscience de l’importance du « made in France » et par extension de l’artisanat local.

Ceux qui envisagent de se lancer dans la création d’entreprise ont donc intérêt à étudier le secteur de l’artisanat et du commerce de proximité et à bien se renseigner sur le statut d’entreprise pertinent, comme l’auto-entrepreneuriat, car les consommateurs ont désormais à cœur de pérenniser l’activité des commerçants français et des producteurs locaux. Les démarches pour créer une micro-entreprise restent particulièrement aisées.

L’e-commerce de produits de première nécessité en plein boom

La fermeture des commerces physiques a contribué considérablement au boom des achats de première nécessité en ligne, désormais un secteur d’avenir pour les entrepreneurs qui veulent démarrer une affaire. Une étude Kanta démontre même que 30% des clients qui ont commencé à utiliser le drive pendant le confinement affirment vouloir renouveler l’expérience après le retour à la normale.

La santé au premier plan

La nature même de la crise a valorisé de manière considérable le marché de la santé. Les consommateurs ont pris conscience de l’importance de se protéger et de pouvoir accéder aux soins médicaux à travers des dispositifs modernes tels que les téléconsultations, qui sont devenues d’usage.

Les entrepreneurs du secteur et notamment dans la branche de la biotechnologie y trouveront des opportunités et notamment ceux dont les projets sont innovants ou qui répondent aux besoins actuels des professionnels de santé.

Le marché du service à la personne fortement sollicité

Le secteur du service à la personne connaissait déjà d’une forte demande face au vieillissement de la population. Selon les chiffres clés publiés par le Gouvernement, ce secteur compte jusqu’à 2,7 millions de consommateurs pour 1,4 millions de professionnels en exercice. Le confinement a contribué à accentuer une demande déjà très forte à la base, puisque les personnes âgées isolées et/ou à mobilité réduite ont été encore plus affectées par la solitude et l’isolement.

Tous les professionnels dans le domaine, les prestataires comme les entreprises qui conçoivent des produits contribuant à lutter contre la distance sont donc dans un bon contexte pour proposer leurs services.

La création de micro-entreprise plus que jamais encouragée

Depuis l’année 2019, le Gouvernement applique une politique de facilitation de la création d’entreprise en France à travers de nombreux dispositifs fiscaux, sociaux et financiers qui sont restés d’actualités malgré la survenue de la crise sanitaire.

Des aides à la création

Les micro-entrepreneurs ont la possibilité de bénéficier d’aides à la création d’entreprise notamment par le biais de l’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) qui consiste en une exonération partielle des cotisations sociales pendant un an. Pour ce faire, vous devrez respecter les conditions spécifiquement prévues pour les auto-entrepreneurs et l’aide se traduira par l’application d’un taux réduit spécifique de ces cotisations.

Les créateurs situés dans les Départements d’Outre-mer peuvent aussi bénéficier d’une aide à la création sous la forme d’une exonération pendant 24 mois pour les professions artisanales et commerciales.

Les aides au financement

Les micro-entrepreneurs qui ont des difficultés à financer le démarrage de leur activité ont aussi la possibilité de prétendre à des aides au financement sous forme de prêts prévues par des associations à but non lucratif. Les prêts d’honneur par exemple sont des prêts personnels à taux zéro compris entre 2000 et 50 000 euros dont le remboursement peut être effectué entre 2 et 5 ans. Ils ne nécessitent ni garantie ni caution personnelle de la part du demandeur.

Ces aides au financement peuvent aussi prendre la forme d’un micro-crédit proposé par des organismes tels que l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE). Ce crédit pouvant atteindre les 10 000 euros maximum peut aussi servir à compléter le prêt d’honneur ou une aide de l’État sous certaines conditions. Contrairement au prêt d’honneur, ces micro-crédits font toutefois l’objet de taux d’intérêt qui peuvent atteindre les 7,53%.

 

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