La crise sanitaire provoque la crise économique. Dans ce contexte, pas facile de tenir la barque d’une entreprise, d’une entité ou tout simplement d’une activité professionnelle. C’est le moment parfait pour gagner en résilience. De la théorie à la pratique, c’est le chemin que nous vous proposons d’accomplir avec quatre questions à vous poser.  

  1. Le récit de l’action favorise la résilience

Les capitaines des armées managent constamment dans l’incertitude et le constatent : les gens se souviennent toujours de la façon dont nous avons réagi face au chaos. Certains se mettent à l’abri, d’autres occupent le terrain, prennent le leadership, … et ça marque.


Or, nous sommes des conteurs d’histoires et Boris Cyrulnik, père de la résilience, démontre combien cette narration de nous-même permet de mieux intégrer les séismes dans nos vies.

En entreprise aussi, les récits collectifs sont puissants. Faire acte de résilience, c’est prolonger son récit d’entreprise dans l’action et dans la tempête que nous traversons. Par exemple, une société de cosmétique met ses usines au service de la création de gel hydroalcoolique, alors qu’une autre promet le télétravail à vie pour tous ses collaborateurs.

La question à se poser : Et moi, qu’ai-je envie que les autres retiennent de moi ou de mon entreprise dans cette crise ? Que faire pour alimenter ce récit ?

  1. Accepter la rupture en la constatant

Vous aimez que tout soit calme, maitrisé et budgété ? Pourtant, la rupture a des vertus. Sans renier le monde d’avant, accepter que les recettes du passé ne fonctionnent plus, c’est gagner en résilience.  « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins ».

Des offres innovantes nées de la crise ont changé notre quotidien : des outils facilitent la collaboration à distance, des grands chefs proposent leurs menus à emporter, les speakers charismatiques et chanteurs de rocks inspirent le monde entier à distance depuis leur salon …

La question pour accepter la rupture : Qu’est-ce que cette crise a changé pour moi ? Qu’ai-je fait différemment ces derniers mois ?

  1. Passer à la création et à l’innovation

Le pouvoir créatif est un élément qui favorise la résilience. Au travail aussi, la création est possible, c’est tout l’enjeu de l’innovation. Savoir se ménager des moments dédiés à l’innovation dans ce contexte, c’est essentiel. Lister les nouvelles contraintes et les utiliser comme support à l’innovation c’est se remettre en position de créateur, de leader. Les artistes nous montrent la voix : ils font de l’incapacité d’avoir de grands rassemblement une nouvelle donnée pour leur spectacle. Ils utilisent cette contrainte au profit de représentations plus intimistes, plus courtes, où l’accueil de deux ou trois groupes successifs permet d’atteindre la rentabilité économique.

Questionnement : Dans ce contexte, comment puis-je innover ? Quels sont les moments dédiés à l’innovation dans ma semaine ? Quelles sont mes sources d’inspiration ? Que vais-je tenter dans le mois qui vient ?

  1. Faire le bilan positif de la période : il y a toujours du bon, partout.

Florence Servan-Schreiber nous apprend qu’emmagasiner des expériences positives est une vraie décision[1], car par défaut nous sommes câblés pour ressentir le négatif, ce qui garantit la survie de notre espèce. Chercher le bon, le beau, est une sorte d’hygiène mentale personnelle. S’il est très rare de ne rien trouver, cela peut nécessiter d’enrichir son vocabulaire pour décrire ce qu’on ressent de positif, avec plus de nuances, de subtilité et moins d’effet wahou.

Questionnement : Quelle est ma chance aujourd’hui ? Le top 5 des 30 derniers jours ? Qu’est-il arrivé de bon pendant la crise ?

Alexia de Bernardy, présidente de laWEbox, expérience digitale de formation au management, en binôme avec Ludovic Sabatier, fondateur d’ Autrement Formations.

[1] « Moteurs d’engagement : 365 actions pour mieux travailler ensemble » chez Marabout