Urban Aeronautics, avait annoncé un partenariat avec la compagnie d’ambulance aérienne, Hatzolah Air, pour travailler sur une version de leurs véhicules qui carburerait à l’hydrogène.

L’hydrogène n’a malheureusement pas fait ses preuves en tant que carburant pour les voitures, car il n’est pas efficace pour stocker l’énergie. De plus, presque toute la production d’hydrogène aujourd’hui nécessite du gaz naturel, ce qui annule l’aspect écologique de cette option. Sur le terrain, le poids des batteries est normal et de nombreux grands véhicules à hydrogène sont sur la route. Le ravitaillement rapide en carburant s’avère beaucoup moins important que ce que les gens imaginent pour les voitures, et bien que le ravitaillement en H2 puisse être rapide, il n’y a pas assez d’endroits qui proposent du H2, ce qui annule également le gain en commodité.

Cependant, lorsqu’il s’agit d’avions, en particulier ceux qui opèrent à partir d’une base fixe, le système est différent. Le poids est un facteur déterminant dans les avions, en particulier les e-VTOL sans ailes. L’hydrogène est le carburant le plus dense disponible, mais les réservoirs qui le contiennent pèsent bien plus lourd que l’hydrogène contenu. L’hydrogène liquide surfondu peut être stocké à un poids moindre, mais il est dangereux et s’évapore rapidement. Aujourd’hui, les piles à combustible à hydrogène nécessaires pour produire de l’énergie électrique à partir de l’hydrogène sont assez coûteuses si l’on considère la puissance dont ces véhicules ont besoin pour décoller. Une défaillance des piles à combustible pourrait également constituer un grave incident de sécurité, et leur redondance augmente encore le prix. La plupart des modèles à hydrogène se combinent avec une batterie pour fournir une puissance supplémentaire en cas de besoin ainsi que pour l’atterrissage d’urgence, tout en s’appuyant sur le combustible/hydrogène liquide pour assurer l’autonomie.

Ce véhicule a également des roues qui lui permettent de se déplacer après l’atterrissage, une véritable approche de voiture volante. La plupart des conceptions n’en tiennent pas compte, car le poids est très important et n’est pas souhaité dans les airs. Ils s’attendent plutôt à ce qu’un taxi (robotique ou pas) fasse le dernier kilomètre au sol.

Pour une ambulance, cependant, les règles sont différentes. Après tout, qui ne veut pas que son ambulance vole ? Elle viendrait à vous en quelques minutes seulement. Elle vous amènera à l’hôpital dans le même temps. Elle ne sera jamais bloquée dans les embouteillages ni ne perturbera la circulation. De même, personne ne se plaindra du bruit de l’ambulance. En effet, le volume du trafic est suffisamment faible pour ne pas créer de problèmes de contrôle du trafic aérien et les ambulances peuvent justifier le coût de pilotes formés. Bien qu’une ambulance volante ne puisse pas transporter le plus lourd des équipements d’urgence, c’est une victoire dans tous les sens du terme, surtout si elle peut parcourir une courte distance après avoir trouvé un endroit pour atterrir.

La plupart des modèles d’e-VTOL ont une très petite charge utile de peut-être deux personnes, qui n’est pas tout à fait suffisant pour une ambulance. En outre, ils ont une portée limitée (ce qui est normal pour une ambulance urbaine). Pour être efficaces, ces modèles ont tendance à avoir une combinaison de rotors pour se relever et des ailes pour un vol conventionnel efficace une fois en l’air. Cela les rend imposants au sol et un peu plus difficiles à concevoir par rapport aux drones à rotors.

Une fois de plus, les règles applicables à une ambulance sont différentes :

  1. Une autonomie modérée n’est pas un gros problème, du moins pour une ambulance urbaine.
  2. Trouver un « vertiport » n’est pas un problème, les hôpitaux ont souvent déjà des héliports, ou ils peuvent allouer un certain espace en haut des Parkings pour des ambulances aériennes.
  3. Il est plus facile d’obtenir une autorisation spéciale pour faire le plein d’hydrogène ou d’autres carburants de ce type sur le toit d’un bâtiment, car les hôpitaux sont équipés de réservoirs de gaz volatils.
  4. Si de l’hydrogène liquide est utilisé (cette conception est pour l’H2 comprimé), le coût d’évaporation peut être toléré dans une ambulance.
  5. En général, des coûts assez élevés peuvent être tolérés pour une ambulance.
  6. L’efficacité du vol à voilure fixe n’est pas nécessaire, et la plupart des vols devraient être inférieurs à 15km dans chaque sens.

Enfin, il ne s’agit que d’un partenariat conceptuel, donc on est encore loin d’un projet réel. Cela reste cependant une bonne nouvelle pour les patients en urgence, ainsi que pour les routes en contrebas. En outre, cela permettra à l’industrie des e-VTOL de démarrer, sans avoir à résoudre tous les problèmes de prime abord.

Article traduit de Forbes US – Auteur : Brad Templeton

<<< À lire également : Réenchantons La Technologie : Le Progrès Comme Rempart A La Crise >>>