Plus de la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine. Cette ultra concentration d’individus dans les villes oblige ces dernières à optimiser leurs ressources et leur organisation. Le « vivre-ensemble » en dépend. Selon l’ONU, les villes consomment 78 % de l’énergie mondiale et produisent plus de 60% des émissions de gaz à effet de serre, alors même qu’elles ne représentent que 2 % de la surface de la terre…

Les zones urbaines portent donc la responsabilité de faire face aux enjeux sociaux, économiques, politiques et environnementaux indissociables de leur développement. C’est pourquoi depuis quelques années, et avec l’émergence d’une nouvelle génération d’élus locaux plus conscients de ces problématiques, le concept de smart city fait parler de lui.


La ville intelligente est un mode de développement urbain qui vise, selon la CNIL, à « améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies  qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services ». C’est finalement une infrastructure invisible, un squelette, une toile d’araignée sur laquelle repose la ville. Concrètement, un territoire « smart » doit être capable de faire travailler ensemble tous les acteurs qui le constituent (infrastructures publiques, réseaux, transports, e-services, etc.) pour améliorer la qualité de vie des citoyens en utilisant la technologie dont ils disposent.

Collaboration et partage de données

La collaboration est ainsi la pierre angulaire de chaque programme smart city. Ce sont avant tout des projets humains et leur succès dépend de la capacité à rassembler les acteurs de la ville autour d’un objectif commun. Toutefois, pour se comprendre il faut communiquer. Il est donc impératif de briser les silos et de permettre à l’information de circuler librement, entre des personnes qui jusqu’à maintenant ne s’étaient peut-être même jamais rencontrées. C’est ici qu’intervient le partage de données.

Les technologies à mettre en place existent déjà, le vrai sujet est de faire un audit de l’existant : de quelle donnée une ville dispose et comment peut-elle l’utiliser ? L’analyse de la data recueillie par les différents acteurs de la ville et sa mise en commun permet de faire émerger des besoins auxquels il sera possible de répondre par le biais de nouveaux services « intelligents ». Ils pourront émaner du secteur public ou du secteur privé, c’est bien souvent la rencontre entre ces deux univers qui suscite l’innovation. Les données doivent pour cela être disponibles et consultables dans un format lisible et exploitable par tous les acteurs de la ville.

Bon élève, la ville d’Angers a par exemple créé une application dédiée à ses citoyens : Vivre à Angers, une plateforme « toute en un » qui permet l’accès à de nombreux services et informations pratiques. La Mairie de Paris a quant à elle lancé un projet expérimental de mesure des déplacements, de la pollution atmosphérique et sonore place de la Nation. Des données qui sont visibles sur la plateforme open data de la ville. Ce sont ces initiatives, ainsi que les connexions qu’elles créent entre tous types d’acteurs,  qui permettent d’inventer une smart city.

Finalement, le constat est assez simple : c’est en brisant les silos, en collaborant et en nous servant intelligemment des technologies que nous pourrons répondre aux grands défis de notre ère. Des défis tels que la surpopulation, les crises sanitaires et sociales et le dérèglement climatique, entre autres. Le modèle de la smart city est extrêmement prometteur   alors mettons-nous au travail et commençons à le  mettre en place dès à présent. Notre avenir en dépend !

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