Sans conteste, le changement soudain de nos modes de travail rend nécessaire une transformation accélérée des modèles de management. En repenser les pratiques essentielles, modifier en profondeur les modalités de formation, tirer le meilleur parti du digital… sont des clés essentielles pour affûter les armes des managers d’aujourd’hui. Par Claudio Vandi, directeur pédagogique de NUMA.

On pouvait s’y attendre : le confinement a fait émerger une vague de managers en quête de sens. Entre l’impossibilité de voir leurs équipes et le sentiment de perte de contrôle, rien d’anormal, mais surtout… rien de plus faux. Dans un monde où chacun est plus autonome, parfois plus isolé, nous avons plus que jamais besoin de managers qui posent un cadre et donnent des repères, qui assurent que chacun travaille sur les bons objectifs et qui maintiennent le lien entre les collaborateurs. Ils sont les garants de l’alignement de la vision entre les collaborateurs et l’entreprise. Autrement dit : les managers compétents restent des bons managers, y compris en télétravail. En revanche, ceux qui confondent “management” avec “contrôle de l’exécution” utilisent des méthodes tout aussi désuètes hier qu’aujourd’hui. Une chose est sûre : le changement précipité des modalités de travail doit accélérer la transformation des compétences managériales. Cette dernière était déjà en ordre de marche avant la crise sanitaire mais on pensait en avoir pour des années. Misons plutôt sur quelques semaines.  


 

Arrêter de penser aux compétences de demain

Avant l’irruption massive du télétravail, le futur du travail soulevait une question qui enflammait les débats :  quelles seront les compétences de 2030 ? La transformation massive de nos modes de travail a depuis mis en exergue l’importance cruciale de prioriser la maîtrise de compétences indémodables, à commencer par la capacité à retrouver ses repères dans un environnement changeant. En effet, il y a des compétences, certes peu « spectaculaires », qui s’imposent bel et bien comme nos meilleurs alliés de résilience et d’adaptabilité, quelque soit notre domaine d’expertise. Gérer son efficacité et ses priorités pour travailler sereinement, savoir communiquer clairement, engager autour de soi, transmettre une vision et coordonner l’action collective … À l’avenir, savoir bien travailler en sachant s’adapter rapidement est bien plus utile que de prédire le futur des compétences qui auront le vent en poupe dans dix ans.

 

Définir les modalités du développement professionnel à distance 

La simple idée de remplacer un comité stratégique en présentiel par une vidéoconférence était inconcevable il y a encore 6 mois… La discussion s’arrêtait aux difficultés techniques, avant même d’arriver aux modalités pédagogiques. Depuis, les applications de vidéoconférence ont battu un record de téléchargement et ont intégré le quotidien de 65 millions de personnes en mars, en une semaine seulement. Au niveau des outils, la transition digitale est faite, il ne nous reste donc plus qu’à modifier drastiquement les pratiques de formation. Pour y parvenir, il s’agit dans un premier temps de ne plus opposer “formation” et “travail”. Dans le monde d’avant, nous passions plusieurs semaines à coordonner les agendas et à réunir tout le monde pour planifier une formation pendant laquelle nous devions arrêter de travailler pendant deux jours en moyenne. Aujourd’hui, il est possible d’organiser de courtes séquences de formation hebdomadaires qui ne perturbent pas le rythme de travail, mais qui au contraire, permettent de pratiquer des compétences acquises directement dans le contexte professionnel. Il ne s’agit pas de former à distance, mais plutôt, de former en continu et dans le temps de travail. Alors, pourquoi revenir en arrière ?

<<< A lire également : Neuf Indicateurs Pour Jauger Le Management D’Une Entreprise >>>