Article écrit en collaboration avec Tony Canadas, en charge du développement commercial chez Spie City Networks et Président de l’Association La Ville Intelligente Citoyenne

 


Dans les lignes de Forbes France, l’entrepreneur Denis Jacquet a rappelé que la révolution numérique n’aurait pas lieu et ne serait jamais acceptée si elle n’était pas profondément humaine et sociale. Nous pourrions en dire autant de l’idée de smart city ou ville intelligente. Car force est de constater que le véritable enjeu de la transformation urbaine réside bien dans son acceptation par le citoyen : si la smart city reste confinée à l’empire de la technique, de l’innovation et de la rationalisation, elle aura peu de chances de séduire nos concitoyens. Or le citoyen devient de plus en plus un «conso-acteur» responsable, prescripteur, y compris dans les changements urbains. Conso-acteur du territoire vivant, sensible à l’empreinte environnementale et au développement durable (cette conscience écologique est désormais indéniable chez les français), le citoyen français est aussi de plus en plus adepte de la connectivité urbaine. Si le mot de smart city est traditionnellement traduit en français par le terme de ville intelligente, il ne peut y avoir de ville intelligente sans intelligence citoyenne : seule la convergence entre le social et le numérique peut engendrer cette dynamique propre à la réinvention urbaine.

Mais qu’entend-on classiquement par ville intelligente ? La ville intelligente vise l’anticipation des besoins de ses habitants (personnes physiques et morales) pour y répondre de la manière la plus pertinente possible.

 

Pour qualifier une ville d’ “intelligente” cette dernière doit atteindre 5 objectifs :

1) La durabilité : prise en compte des enjeux environnementaux et énergétiques.
2) L’efficacité : la gestion des ressources, des finances et de l’économie.
3) La collaboration : le bon fonctionnement des réseaux entre tous les acteurs (collectivités, citoyens et entreprises), la participation des acteurs à la vie du territoire.
4) L’attractivité : une bonne gestion des territoires et des infrastructures
5) L’intégration des nouvelles technologies : l’information et la communication, la robotique, les systèmes de transports intelligents.

La ville intelligente doit oublier le mode de fonctionnement “en silos”, pour préférer le mode « réseau » dans tous les domaines : les infrastructures, les systèmes d’information, les télécommunications, les transports, l’énergie, les entreprises, les relations humaines, les habitations, la santé, les loisirs ou encore la sécurité.

Pour atteindre ce but, le numérique et l’innovation (les technologies) ne suffisent pas, tant s’en faut. Il faut en appeler à la logique participative, et à l’effort collectif pour une ville toujours plus moderne dans l’objectif de satisfaire la demande des citoyens.

 

Au cœur de cette co-construction, nous voulons mettre en exergue le rôle de 3 acteurs : les collectivités territoriales, les entreprises, et les citoyens-usagers. La symbiose entre ces trois acteurs explique le succès des vraies premières smart cities : Wuxi en Chine, Londres ou Stockholm avec leurs péages à tarif variables en fonction des heures de pointe ou creuses pour diminuer le trafic et la pollution. Ou encore Singapour avec ses 450 caméras (système de télégestion permettant le contrôle à distance) assurant la sécurité des habitants, avec des capteurs intégrés à tous les bâtiments publics pour prévenir les autorités en cas de séisme, gérer la pollution et les risques d’accident, les problèmes de comportements humains, etc….
Singapour utilise la technologie pour améliorer la sécurité, la prévention et la gestion des catastrophes naturelles, en protégeant ses citoyens pour donner un meilleur confort de vie !
En France, certains acteurs sont à l’avant-garde de cette transformation. Des entreprises tout d’abord, comme Spie CityNetworks qui repense l’urbanisation, ou la start-up Parking Map autour d’une nouvelle gestion des places de stationnement utilisant des capteurs sur l’éclairage public. Des élus aussi comme François Bouchart et son premier adjoint Jonathan Zerdoun à Roissy-en-Brie, ou encore le maire de Ris-Orangis et vice-président du Grand Paris Sud, Stephane Raffalli. Des élus qui tentent de rendre leur territoire plus attractif et durable.

 

Nos smart cities n’émergeront que si leur dimension sociale et citoyenne devient évidente pour tous les acteurs locaux. Mahatma Gandhi disait « Un humain n’est que le produit de ses pensées. Ce qu’il pense, il devient ». De la même manière la transformation urbaine dépendra de la transformation citoyenne des consciences.

Retrouvez l’interview de Tony Canadas et Sébastien Laye sur les Smart Cities pour l’Université de Saint Denis.


Des enjeux aussi à découvrir dans le Manifeste Citoyen, le dernier livre de Sébastien Laye