L’arrivée d’une nouvelle équipe présidentielle est toujours un événement, et ce, pour les Français comme pour les responsables de nombreux secteurs d’activité. En effet, l’impact de la nouvelle politique mise en place peut avoir un écho sur tous nos « gestes » du quotidien, et donc, sur les législations en vigueur dans le monde du bâtiment, de l’immobilier, de l’assurance, et plus que jamais, dans l’univers du web. 

Concernant la dimension numérique du nouveau quinquennat, la nomination de Mounir Mahjoubi est un excellent signal lancé aux acteurs du numérique. En effet, ce Secrétaire d’Etat est un pur geek trentenaire qui ressemble aux internautes hexagonaux. C’est dans ce contexte que je souhaitais évoquer mon opinion concernant les « protecteurs » présumés du web (je reviendrais dans une autre tribune sur le contrôle des internautes/mobinautes).

La France est la reine en matière de régulation comme en atteste l’existence de l’ARJEL qui est le véritable gendarme du numérique.

Avons-nous besoin d’être sans cesse « cadrés »?

Pour en revenir à l’ARJEL, son rôle est notamment de faire en sorte que les internautes utilisant des services dédiés au public français soient « protégés ». Cela passe notamment par l’émission d’un agrément (« agréé par l’ARJEL ») qui valide les capacités financières et le respect d’une charte visant notamment à ne pas « racoler » en ligne (= ne pas pousser les internautes à jouer). 

Dans ce cadre, de nombreux bandeaux de prévention sont présents sur les sites de jeux d’argent en ligne afin de sensibiliser les joueurs aux risques liés à l’isolement et à la dépendance. Cela concerne donc les jeux de grattage, les paris sportifs, les paris hippiques ou encore le poker en ligne.

Cet élan protecteur est nécessaire, j’en conviens. Toutefois, il ne faut pas que cette volonté bienveillante devienne « castratrice »…En effet, nombreux sont les opérateurs ayant des « mots doux » concernant toutes les obligations qu’intègrent cet agrément (il faut clairement montrer patte blanche). De même, les joueurs estiment que les règles de ce gendarme 2.0 et les normes fiscales rendent les plateformes hexagonales moins attrayantes (cotes faibles lors des paris sportifs, tournois de poker peu rémunérateurs, gains souvent limités,…) que dans les autres pays.

En ce sens, faut-il un garde-fou concernant un telle « activité » de loisirs comme les jeux d’argent en ligne? Ne sommes-nous pas capables de nous régir et de nous contrôler? Avons-nous besoin, sans cesse, d’une entité qui va « valider » la mise en ligne ou non de telle ou telle plateforme de jeu? Je ne pense pas, en tout cas, pas à ce degré là!

Même les casinos en ligne sont encore interdits

Dans ce contexte, l’ARJEL pousse même le bouchon en interdisant de façon pure et simple les casinos en ligne…Pourtant, l’envie des joueurs d’opter pour les casinos virtuels est forte

D’ailleurs, un véritable écosystème est (déjà) entrain de se mettre en place pour informer les joueurs et les guider dans l’univers des casinos en ligne. Clairement, à ce jour, les joueurs doivent opter pour une offre illégale qui représente un réel danger, dont celui de ne jamais percevoir ses gains! Je tiens à rappeler que les 2 millions de joueurs réguliers hexagonaux ont un choix de seulement 15 sites « agréés » alors qu’il y a déjà plus de 1700 casinos en ligne…non contrôlés!

Il y a quelques mois, la perspective d’une ouverture du marché avait été entrevue, car la réalité est simple : les casinos en ligne pullulent sur la toile, et, l’ARJEL ne peut plus tout contrôler! Aussi, ne perdons pas de vue que la législation belge est beaucoup plus souple, et, les joueurs francophones sont ravis de pouvoir s’adonner aux joies du BlackJack et de la roulette au « plat pays »…

Dans ce cadre, il ne s’agit pas des casinos véreux aux formules douteuses, mais bien de structures solides et crédibles. D’ailleurs, nombreux sont les sites belges qui sont (déjà) moins regardants concernant la localisation des internautes (non-filtration des adresses IP). Dans tous les cas, s’inscrire sur un casino en ligne belge n’est pas punissable par la loi française.

Et maintenant, on fait quoi?

Pour résumer, il y a d’un côté l’ARJEL qui veut tout contrôler, et, de l’autre, un nombre croissant de joueurs prêts à prendre des risques en optant pour des plateformes étrangères. 

Nous sommes en 2017, et, sans légaliser forcément à tout-va, les joueurs ont le droit de pouvoir s’adonner à quelques minutes de bon temps sur les jeux virtuels de leur choix, non? Sans compter que la manne financière (voir les chiffres officiels) liée à cette ouverture serait conséquente…et bienvenue!