Depuis 2016, Nissan a intégré sa technologie de conduite autonome ProPilot sur plusieurs de ses modèles, dont le Rogue. Ce système avancé d’assistance au conducteur (ADAS) intègre le régulateur de vitesse adaptatif ainsi que la faculté pour le véhicule de rester centré dans sa file, technologie qui apparaît aujourd’hui sur de nombreux autres véhicules.

Ce que Nissan a annoncé cette semaine, cependant, est tout à fait révolutionnaire. Son nouveau ProPilot 2.0 revu et corrigé inclut maintenant un logiciel de reconnaissance faciale et une navigation 3D en plus d’une vaste mise à jour de ses caméras et capteurs.

Et cela se traduit par une « conduite sans les mains ». Pour de vrai.

 

Pour la première fois, le conducteur sera capable d’expérimenter une conduite mains-libres depuis les voies d’insertion jusqu’aux sorties des autoroutes, si l’on en croit Nissan. Prévue pour être intégrée à la Nissan Skyline (Infiniti Q50) cet automne, cette nouvelle technologie inclura une caméra intérieure pour son système d’observation du conducteur (DMS) qui suivra automatiquement les yeux de ce dernier afin de s’assurer de son attention et de lutter contre la somnolence. Cette caractéristique permettra au conducteur de lâcher le volant tant que le véhicule restera sur la même voie. Activez l’indicateur et le système dépassera automatiquement le véhicule qui précède, mais le conducteur doit reprendre la conduite manuelle pour cette manœuvre.

En plus du logiciel de reconnaissance faciale, l’autre technologie qui rend ProPilot 2.0 si révolutionnaire, c’est sa fonctionnalité de cartographie 3D en haute définition. Cela permet au véhicule de savoir exactement où il se trouve sur le réseau autoroutier et de localiser la voiture à 5 centimètres près, un facteur qui améliore grandement les niveaux de fonctionnement et de sécurité de ProPilot.

Néanmoins, la complexité de la cartographie 3D en haute définition de l’énorme réseau autoroutier américain  fait partie des raisons pour lesquelles l’introduction de cette technologie sur le marché américain sera très certainement repoussée à 2020. Au Japon, dont la taille représente un 26ème de celle des États-Unis, la cartographie 3D obtient le financement du gouvernement et la grande majorité du réseau autoroutier est déjà couverte.

 

Avec ce nouveau système, Nissan tient sa promesse de créer un système d’auto-navigation et de conduite autonome pour les autoroutes d’ici la fin de la décennie. ProPilot 2.0 réunit une multitude de technologies de conduite autonome dont sept caméras, cinq capteurs radars, douze capteurs sonar, et un système de navigation cartographiée en 3D et en haute définition.

Ce qui a empêché les autres constructeurs automobiles d’employer une telle technologie de conduite autonome, c’est la question de la responsabilité. Tesla comme Uber ont été impliqué dans des accidents mortels ayant poussé l’industrie entière de la conduite autonome à repenser sa stratégie. L’ajout de la fonctionnalité de reconnaissance faciale et de la navigation cartographiée en 3D permet maintenant des périodes très longues de conduite mains-libres et à des niveaux de sécurité impossibles auparavant.

Nissan a présenté un nouveau système audacieux et est prêt à l’implémenter dans des véhicules de série tels que la Skyline, car l’entreprise a une confiance absolue dans son nouvel ensemble de technologies. Le nouveau ProPilot 2.0 est l’idée originale de Tetsuya Iijima, le gourou de la conduite autonome et le chef du département de technologie avancée de Nissan depuis ces dix dernières années. Il a créé un système précurseur qui remplit tous les critères mondiaux de conduite autonome, y compris ceux du Japon et des États-Unis.

 

Premièrement, le système ProPilot 2.0 respecte la clause 70 du code de la route japonais qui exige du conducteur d’avoir le contrôle de la direction du véhicule, de son accélération, et du freinage à tout moment. C’est le logiciel de reconnaissance faciale qui permet au système de Nissan de respecter cette réglementation, tout en offrant au conducteur la possibilité de retirer ses mains du volant. Cela dit, nous devons bien sûr nous rappeler que les systèmes semi-autonomes de niveau 2 ont permis aux véhicules de conduire au régulateur de vitesse adaptatif, actionnant automatiquement l’accélérateur et les freins, ainsi que la technologie de blocage de voie pour permettre à votre véhicule d’en suivre un autre à une distance automatiquement géré par le système. Ce que ProPilot 2.0 offre en plus est une révision stratégique qui élève la technologie actuelle au niveau 3 en surveillant minutieusement le degré d’attention du conducteur.

En parallèle, le code de la route américain est gouverné par trois conventions, la Convention de Genève sur la Circulation Routière de 1949, des réglementations promulguées par la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), et les codes de la route de l’ensemble des 50 états des États-Unis. La Convention de Genève, dont les États-Unis sont signataires, n’interdit pas la conduite automatisée. Le traité encourage la sécurité routière en établissant des règles uniformes, l’une d’elles exigeant que chaque véhicule ou combinaison de véhicules ait un conducteur qui soit « à tout moment […] capable de [le] contrôler ». Par conséquent, il est probable que cette exigence soit satisfaite si un être humain est capable d’intervenir sur la conduite du véhicule automatisé. Les réglementations de la NHTSA, qui incluent les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS) pour lesquels les nouveaux véhicules doivent être certifiés, n’interdisent ni n’imposent de règlements spécifiques aux véhicules automatisés.

Ce qu’il faut retenir, c’est que, selon la définition des conventions susmentionnées, américaines comme japonaises, il n’est pas illégal de retirer les mains du volant d’une voiture équipée du ProPilot 2.0.

Le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, a déclaré en mai dernier qu’il espère que les ventes annuelles de véhicules équipés des systèmes de conduite autonome ProPilot atteindront le million à l’échelle mondiale au cours des quatre prochaines années. Avec cette nouvelle révision révolutionnaire, dont l’application est attendue sur au moins 20 modèles d’ici les cinq prochaines années, Nissan pourrait bien avoir atteint le but ultime.