Lors de son premier discours en tant que Premier ministre, Boris Johnson s’est engagé à « restaurer la confiance dans notre démocratie », réitérant sa promesse de quitter l’Union européenne avant le 31 octobre de cette année. Cette déclaration a déjà déclenché la démission de plusieurs ministres du gouvernement britannique.

Boris Johnson dispose désormais de 99 jours, ni plus ni moins, pour tenir sa promesse et trouver « un nouvel accord, un meilleur accord ». Cette mission s’annonce complexe au vu des congés d’été qui commencent bientôt au Parlement du Royaume-Uni. Cela lui laisse donc peu de temps pour renégocier un accord avec l’Union européenne.

Le nouveau Premier ministre a néanmoins annoncé vouloir instaurer une relation « chaleureuse et affectueuse » avec l’UE. Il a également promis de veiller au statut des 3,2 millions de citoyens européens qui vivent et travaillent au Royaume-Uni.

De plus, le Britannique s’est engagé à « résoudre la crise de l’aide sociale » pour les personnes âgées, et à augmenter le financement par élève dans les écoles.

L’ancien maire de Londres a également laissé entendre qu’il ne comptait pas rendre les 50 milliards de dollars que le Royaume-Uni devra à l’UE après le Brexit. Boris Johnson préfère plutôt les mettre de côté en cas de no deal, une voie qu’il se dit prêt à choisir.

Le Premier ministre devra désormais mettre en place son cabinet, l’un des organes de décision les plus importants du Royaume-Uni. Selon certaines informations, Priti Patel, anciennement Secrétaire d’État au Développement international et également fervente supportrice du Brexit, devrait rejoindre le conseil des ministres. Celui-ci vise à « être le reflet de la Grande-Bretagne moderne ».

Le cabinet devrait également inclure Dominic Cummings, ancien directeur controversé de la campagne officielle pour le Brexit. Celui-ci avait travaillé en étroite collaboration avec Boris Johnson pendant la période du référendum. En mars dernier, Dominic Cummings avait été déclaré coupable d’outrage au Parlement après avoir manqué de comparaître lors d’une enquête.

Comme promis, Philipp Hammond, Chancelier de l’Échiquier Second lord du Trésor, avait quitté ses fonctions avant l’arrivée de Boris Johnson. En effet, l’homme s’oppose fermement à la sortie de l’UE en cas de no deal, et sa démission fait suite à celle de David Gauke (Secrétaire d’État à la Justice), Anne Milton (Ministre d’État aux Compétences et à l’Apprentissage) et Sir Alan Duncan (Ministre d’État pour l’Europe et les Amériques).

Les ministres Penny Mordaunt, James Brokenshire, Liam Fox, Chris Grayling, Greg Clark, Karen Bradley et Damian Hinds ont fait partie des premiers membres du gouvernement destitués, afin de laisser le champ libre à l’équipe de Boris Johson.

Sur le chemin pour Buckingham Palace, le Premier ministre a été arrêté par des militants de Greenpeace qui brandissaient des banderoles « urgence climatique ». Les manifestants bloquaient The Mall, une grande avenue londonienne, et ont été repoussés par la police.

Carrie Symonds, la compagne de Boris Johnson, n’est pas officiellement entrée avec lui au 10 Downing Street, comme le veut le protocole. Elle se tenait parmi la foule de conseillers présents sur le trottoir alors que son compagnon s’adressait aux médias.

Boris Johnson a alors déclaré : « Quel que soit l’accord que nous trouvons, nous allons préparer pour cet automne un ensemble de mesures économiques visant à stimuler le commerce britannique et à prolonger notre statut de destination no1 pour les investissements étrangers sur ce continent ».

Lors de sa dernière séance des Questions au Premier ministre, Theresa May a annoncé être « ravie » de laisser la main à Boris Johnson. Non sans rappeler son engagement pour la représentation des femmes au Parlement, l’ancienne Première ministre a par la suite appelé Jeremy Corbyn, chef de l’opposition officielle, à démissionner. Elle a été applaudie par une salle comble à la fin de la séance.

Theresa May s’est ensuite rendue au 10 Downing Street pour son dernier déjeuner sur place, puis elle a prononcé un discours au cours duquel elle a souhaité bonne chance à Boris Johnson, ajoutant que « le succès de ce gouvernement fera le succès de notre pays ». Par la suite, l’ancienne Première ministre est allée voir Élisabeth II à Buckingham Palace pour un entretien de 30 minutes pendant lequel elle a démissionné officiellement. Theresa May sera cependant toujours députée pour la circonscription de Maidenhead, comme c’est le cas depuis 1997.