Les assistants vocaux comme Amazon Echo et Google Home espionnent-ils leurs propriétaires pour revendre leurs conversations ? Ces allégations se font de plus en plus populaires auprès des consommateurs, à tort.

Ce scandale a des origines multiples. Tout d’abord, au mois de mai, Chris Coons (un sénateur démocrate américain) exigeait, dans une lettre ouverte à Jeff Bezos, des informations supplémentaires quant aux enregistrements réalisés par Amazon Echo. Le groupe répondit que les données étaient stockées puis utilisées, à moins que l’utilisateur ne les efface. Pour rajouter aux inquiétudes, l’organe de presse belge VRT NWS a eu accès à un fichier confidentiel comportant des enregistrements anonymes d’utilisateurs. Le média a ainsi appris avec surprise que Google avait la même politique qu’Amazon concernant les enregistrements de Google Home.

Commençons par le commencement. Il ne s’agit pas ici de « découvertes » ou de « scandales ». Ces récits ont pour but d’attirer l’attention du consommateur. Il est évident que ces appareils ne servent pas seulement à répondre à des requêtes vocales, mais également à stocker des données, que ce soit pour les enregistrements intentionnels (lorsque l’utilisateur allume l’assistant par commande vocale) ou non intentionnels (lorsque l’assistant entend une requête par erreur). Mais peut-on empêcher notre assistant vocal de conserver nos données ? La réponse est oui : Amazon Echo et Google Home proposent tous les deux une fonctionnalité qui permet de désactiver l’enregistrement.

De plus, si vous prenez la décision d’acheter un de ces appareils, il est important de comprendre que, pour que l’algorithme se perfectionne au fil de vos requêtes, il est nécessaire que quelqu’un les écoute, les classe et les intègre à une base de données anonyme permettant d’améliorer les algorithmes de reconnaissance vocale. Bien que la base de données soit anonyme, c’est votre voix qui est utilisée, mais l’enregistrement n’est pas couplé aux informations personnelles de votre compte Google ou Amazon. En outre, si nous n’aidons pas les algorithmes de reconnaissance vocale à s’améliorer, les assistants vocaux ne pourront pas évoluer.

Ces appareils sont conçus pour écouter, ainsi ne nous offusquons pas s’ils remplissent leur mission purement et simplement. Il est toujours possible de débrancher les micros, même si cela semble contre-productif. En somme, les assistants vocaux n’ont pas vocation à nous espionner, mais seulement à écouter ce que nous leur demandons. Si cette technologie n’est pas infaillible et que les appareils s’activent parfois par erreur, ce n’est pas pour autant qu’ils nous surveillent. De même, comment les entreprises peuvent-elles améliorer le fonctionnement de leurs algorithmes de reconnaissance vocale sans utiliser un échantillon varié d’enregistrements ? Il faut en effet prendre en compte les différents accents, débits, tournures de phrases et bien d’autres critères propres à chaque discours. Avec le temps, les assistants vocaux pourront de plus en plus facilement reconnaître, traiter et interpréter nos requêtes.

Attention, cela ne veut pas dire que les entreprises de technologie ne sont jamais en tort. Si elles venaient à faire fuiter ces enregistrements et l’identité de leur propriétaire (ce qui n’a pas encore été le cas pour le moment), elles devraient être sanctionnées. Cela vaut également si l’entreprise ignore les préférences des utilisateurs et stocke leurs données à leur insu. La collecte de données, l’étiquetage et l’amélioration des algorithmes sont en revanche des concepts clefs qui permettent à ce genre de technologies de connaître une évolution constante.