Les entreprises qui se demandent encore si elles doivent rendre publiques les informations sur les activités n’ont pas tout compris car elles enfreignent la loi. Plusieurs réglementations sur les rapports non financiers ont été votées récemment, notamment la loi sur l’esclavage moderne au Royaume-Uni. Il est même possible de remonter jusqu’à la loi de transparence des chaînes logistiques en Californie, adoptée en 2010. Cette loi avait pour but de rappeler aux entreprises que l’esclavage et le trafic d’êtres humains sont bel et bien des crimes et que plusieurs entreprises basées en Californie violaient cette loi. Nous ne voulons pas exagérer l’activité de pionnier de l’État de Californie, mais voici un cas pour lequel ces actions sont louables et constituent un premier pas vers la transparence totale des entreprises en matière de chaîne logistique.

Afin d’établir une base de clients fidèles, les entreprises doivent gagner leur confiance. Devenir transparent seulement lorsque l’on est obligé ou lorsque l’on est confronté à un problème, ce n’est pas le meilleur moyen de le faire. Pour résumer, la volonté d’une entreprise d’assumer l’entière responsabilité d’avoir fait appel à un fournisseur plus que suspect n’a plus réellement d’impact positif sur sa clientèle. Aujourd’hui, pour une activité de production ou de vente générant des recettes brutes supérieures à 100 millions de dollars, la Californie demande aux entreprises de dévoiler toute une série d’informations, notamment :

  • si l’entreprise a effectué des contrôles chez ses fournisseurs afin d’évaluer s’ils répondent aux normes de l’entreprise en matière de trafic d’êtres humains ou d’esclavage. Les informations rendues publiques doivent être précises au cas où la vérification n’a pas été pratiquée par un tiers ou si elle a été programmée avec le fournisseur ;
  • les fournisseurs doivent certifier que les matériaux utilisés répondent aux lois en matières de trafic d’êtres humains et d’esclavage des pays avec lesquels ils commercent ;
  • la mise en place de formations spécifiques pour les employés responsables de la gestion des chaînes logistiques, plus particulièrement en vue de l’élimination de risques de trafic d’humains ou d’esclavage au sein de leurs chaînes logistiques.

Cette loi dispose-t-elle de vrais moyens d’actions ? Bien que la seule conséquence d’une telle violation soit une poursuite en justice, les législateurs appellent les consommateurs à rapporter auprès des autorités toutes activités suspectes. Et dans la plus pure tradition californienne, c’est ce que de nombreux particuliers ont fait.

La blockchain est-elle la solution miracle contre ce genre de violations ?

La blockchain est un registre distribué ; jusque là, rien de nouveau pour les personnes familières avec les fonctionnalités des bases de données distribuées. Ce qui demande quelques explications, c’est la manière dont la blockchain gère et sécurise les transactions. La blockchain vérifie toutes les entrées de données grâce à un consensus algorithmique des membres de son réseau de fournisseurs. Autrement dit, toutes les entrées doivent être validées par certaines parties clés de la chaîne, éliminant ainsi efficacement les informations défaillantes. Le mécanisme de « confiance » ne dépend donc pas d’une autorité centrale, mais des membres de la chaîne eux-mêmes.

Le meilleur niveau de cryptographie est utilisé en plus des niveaux de confiance améliorés en matière de protection des données du réseau. C’est-à-dire que les fichiers, qu’ils soient verrouillés ou en train d’être ajoutés à la chaîne, ne sont pas plus piratables que lorsqu’ils sont sécurisés par les meilleures méthodes conventionnelles de protection dont les intermédiaires, tels que les banques, sont responsables. Pour résumer, d’un point de vue technique, toutes les histoires sur la protection physique sont exagérées. La seule inquiétude à avoir sur les blockchains, c’est qu’elles sont les cibles privilégiées des hackers car il s’agit d’une technologie récente.

Les 500 plus grandes entreprises américaines utilisent déjà cette technologie. Et bien sûr, l’attrait majeur de la blockchain est de pouvoir suivre les produits sur les chaînes logistiques. En termes de transparence, connaître la provenance d’un produit permet d’obtenir une traçabilité authentique depuis la matière brute jusqu’à sa commercialisation, en passant par la production. Il est donc possible de vérifier tout le suivi du produit. La blockchain permet de transférer les données anonymement, l’information peut donc naviguer sur la chaîne sans pour autant enfreindre les accords de confidentialité ou, par exemple, révéler certains avantages concurrentiels.

La blockchain ne cherche pas à définir la transparence mais à trouver un moyen de l’appliquer. Parce que les entreprises commencent à considérer que les consommateurs finaux sont une extension de leurs équipes d’exploitation, les applications de la technologie de la blockchain devraient proliférer dans les années, voire les mois à venir. Cette technologie pourrait révolutionner l’économie mondiale, mais ce n’est pas l’enjeu ici. Pour résumer, il est évident que le concept de base de données distribuée, où la confiance est établie au travers de la collaboration de masse, sera appliqué aux chaînes logistiques afin d’en assurer la transparence. Il est également inévitable que les entreprises adoptent cette technologie si elles ne veulent pas risquer de perdre en crédibilité auprès de ses clients.