SONDAGE | Le mouvement Dry January prend chaque année plus d’ampleur. Selon un sondage Yougov, que Forbes publie en exclusivité, désormais 23 % des Français qui boivent de l’alcool affirment s’être mis à la diète au mois de janvier.

Dry January, pour “janvier à sec”, est un mouvement mondial par lequel plusieurs millions de personnes arrêtent de consommer de l’alcool pendant le premier mois de l’année.

Au départ, tout est parti d’un simple challenge. Un défi, lancé en 2013, par l’organisation Alcohol Change UK en Grande Bretagne qui consistait à ne pas boire d’alcool pendant un mois. Le Dry January était né.


Mais ce défi très populaire outre-Manche (plus de 4 millions de participants en 2020) a tout de suite suscité polémiques et divergences en France entre les associations pour la santé et les lobbies de l’alcool.

Pourtant, l’alcoolisme est un fléau social, humain et économique. L’économiste Pierre Kopp a mesuré que le coût social de l’alcool s’élevait à 120 milliards d’euros chaque année en France, dont une partie est supportée par les entreprises. Certains secteurs comme la construction ou la filière agroalimentaire sont particulièrement touchés.

Le challenge Dry January commence donc à s’imposer progressivement dans les entreprises comme un bon moyen de faire prendre conscience des dangers de l’alcool.

Pour les associations qui soutiennent ce mouvement, cette année, le défi est d’autant plus important que la consommation d’alcool à sérieusement grimpé pendant les confinements.

Selon, Santé publique France, un quart des fumeurs déclare avoir augmenté sa consommation de tabac pendant le premier confinement et un consommateur sur dix déclare avoir augmenté sa consommation d’alcool.

Pas étonnant que, toujours le sondage YouGov que Forbes publie en exclusivité, 68 % des Français trouvent que le Dry January est une bonne chose (73 % des femmes contre 63 % des hommes) avec des motivations très diverses. Parmi les Français qui affirment faire le Dry January cette année, 42 % le font pour la détox post-fêtes de fin d’année ; 38 % pour perdre du poids ; enfin,  25 % pour économiser de l’argent.

Si les effets bénéfiques de la diète de janvier sont réels, perte de poids liées à l’excès de sucre contenu dans les boissons alcoolisées, meilleur sommeil, plus de punch, teint plus frais, gain d’argent, la privation reste une épreuve pour beaucoup. 15 % des Français disent qu’il est difficile pour eux de passer un mois sans boire d’alcool (19 % des hommes vs 10 % des femmes).

Car si l’absence de lien social et la fermeture des restaurants et des bars facilitent le sevrage, le confinement est une épreuve pour beaucoup. Un nombre croissant de Français ont troqué l’alcool festif ou mondain par un alcoolisme dépressif.

<<< À lire également : Jeûne à tous prix ! >>>