Un mois après sa mise en place, le numéro vert “Solidarité entreprises Covid” dévoile ses statistiques sur les interrogations des grands groupes et PME sur les mesures mises en place par le gouvernement. Et sur leur devenir post-confinement. 

Depuis son lancement le 23 mars, plus de 2 600 chefs d’entreprise ont fait appel au numéro vert gratuit mis en place par les administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires, spécialistes de la prévention et du traitement des difficultés des entreprises, avec le ministère des Finances et de l’Economie.

Les nouvelles statistiques montrent que les entreprises maîtrisent et apprécient les mesures d’aide massives et rapides mises en place par le Gouvernement, mais il y a une inquiétude grandissante en cette fin de mois sur les questions de trésorerie et pour les entreprises qui n’ont pas reçu de réponses ou bénéficié des aides.


Besoins de trésorerie 

Les sujets de financement représentent ainsi lus de la moitié des questions posées. Parmi ces interrogations, on trouve plus précisément ces sujets : l’aide du Fonds de solidarité qui demeure le sujet n°1 de questionnement des appelants (24,7 % des questions posées avec une proportion de questions portant sur ce sujet en augmentation constante et continue) ; les demandes/ refus de prêts bancaires, PGE, etc. (12%) ; les reports d’échéances sociales ou fiscales (8,8%) ; les besoins de trésorerie à court terme (5%).

“La question de l’activité partielle demeure en deuxième position des questions posées mais son importance relative continue à décroître (10,5%)”, précise Christophe Basse, président du Conseil national des administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires (CNAJMJ), organisme qui représente l’ensemble des professionnels administrateurs et mandataires judiciaires inscrits. Ce conseil élabore les règles professionnelles et assure la défense des intérêts collectifs et de sauvegarde l’emploi. 

Tous secteurs et toutes régions

Si tous les secteurs de l’économie sont touchés par la crise, trois d’entre eux sont concentrent plus de la moitié des appels au numéro vert. Avec 24%, l’hôtellerie et la restauration semble la plus inquiète de leur santé économique. Les commerçants en général, avec 15% des appels, sont aussi armiez les plus touchés par le coup de frein à main que subit l’économie. Arrivent ensuite, avec 9% des appels, le secteur des soins et de la beauté, les salons de coiffure et d’esthétique. 

En ce qui concerne la répartition géographique des appels, plus de 20% viennent de l’Ile de France, suivie dix points plus loin par la région Paca et Auvergne-Rhône-Alpes. Logique somme toute, eu égard aux disparités économiques entre ces régions : “L’origine régionale des appelants est globalement conforme à la taille des bassins d’emplois, à l’exception de la Région Corse, qui est toujours sur-représentée dans les appels, probablement en raison de l’importance des entreprises liées au tourisme dans cette région”, analyse Christophe Basse.

Les TPE sont les plus grandes utilisatrices de ce numéro de téléphone, représentant plus de deux appels sur trois, les auto entrepreneurs les PME se partageant à égale part (15% chacun) le reste des sollicitations. Les grandes firmes, qui possèdent des services financiers et juridiques très étoffés semblent guère avoir besoin de ce service. Les ETI ne représentent de leur côté qu’un petit pourcentage des coups de fils. 

Et quelle est la situation à date de ces entreprises qui sollicitant les conseils de l’Etat ? “La plupart des entreprises qui nous contactent ne sont pas concernées par une procédure collective (74%). Celles qui sont en procédure (26%) sont sur-représentées par rapport à leur proportion habituelle dans le tissu économique français. Dans la continuité des deux dernières semaines, la proportion d’entreprises en procédure parmi les entreprises qui appellent continue d’augmenter”, ajoute Christophe Basse. Au crépuscule du confinement, l’inquiétude ne risque pas de se tarir. 

 

<<< À lire également : Ces Entreprises Qui Continuent À Recruter En Plein Confinement >>>