Coup de théâtre !

De façon tout à fait surprenante et inattendue, Marine Le Pen semble avoir totalement raté le débat du 4 mai avec Emmanuel Macron. Elle prétend le contraire, mais il apparaît qu’elle est bien la seule de cet avis et les sondages sont sans pitié.

Bref, la Chimère « Lepenanchon » explose en vol. Mais, bien évidemment, ce qui était à la base de l’existence de cette Chimère (la colère du peuple) n’en disparaît pas pour autant. Simplement, elle ne peut plus s’exprimer sur Marine Le Pen.

Dès lors, il n’y a pas besoin d’être Madame Soleil pour prédire une victoire assez large d’Emmanuel Macron, la colère des 40% se réfugiant très vraisemblablement dans l’abstention et les votes blanc ou nuls.

Mais gare à la suite (les législatives !)

Lundi 8 Mai

Les résultats sont effectivement conformes aux faciles prédictions qu’on pouvait faire. Ceci dit ils sont encore plus nets que prévu puisque ce n’est pas 60%-40% en faveur d’Emmanuel Macron mais 66%-34% !

Mais le succès d’Emmanuel Macron est entaché d’une grosse interrogation (pour ne pas dire inquiétude), du fait de la masse des électeurs qui ont refusé de faire un choix, rejetant ainsi les deux candidats.

Donc, les « vrais » résultats devraient être affichés ainsi (par rapport au nombre d’inscrits).

Emmanuel Macron : 43,6%

Refus des 2 candidats : 33%

Marine Le Pen : 23,4%

Le Président Macron est le seul désormais à avoir clairement cette image de GM (G Chef de village/Le Président + M Mobilisateur). Reste à ce que son Premier Ministre soit le O. Quant au R (l’expertise, la capacité d’action hors du commun : Obélix) c’est le gouvernement du Premier Ministre qui l’investit collectivement et fort bien d’ailleurs si l’on en croit les propos de Luc Ferry sur LCI (Le 19 mai 2017à 20h45) : « le gouvernement est très habilement composé », « c’est le meilleur gouvernement qu’ait pu avoir la France ».

Là, on commence à y voir clair et l’équipe peut-être gagnante prend la configuration suivante :

GM, le Président Emmanuel Macron ;

O, le Premier Ministre Edouard Philippe ;

R, le Collectif gouvernemental.

 

Comment le village gaulois s’est-il sorti de cette zizanie ?

Tout semblait perdu et ils avaient touché le fond.

Alors, pour faire renaitre le village gaulois, il faut retrouver la dynamique de base de l’équipe gagnante :

1/*G*M    Astérix et Panoramix

2/R*O*     Obélix et Abraracourcix

_________________________

Au total RGOM

Le RGOM est ainsi complet, réparti sur deux acteurs.

Dans l’entre-deux tours il a fallu que le candidat Macron revête la tunique de M en plus de G. Car, avec la prise en compte de la colère du peuple, le pouvoir de type M a pour fondement le charisme par l’empathie du ” je vous ai compris “.

Donc il nous faut comprendre comment le village peut renaître. Ils n’y vont pas quatre chemins, ils vont créer le manque. Sous la conduite du druide lui-même (M), accompagné d’Astérix (G), et d’Obélix (R), ils quittent carrément le village.

“O” est abandonné, le chef est seul, et se casse la figure comme d’habitude.

Panoramix, Astérix et Obélix en moins, ça crée un sacré manque. Pour tout arranger, le chef est par terre : disparition de tous les pouvoirs ! Manque. Affolement.

Mais G et R sont ensembles, alors une action réussie est possible. M se substitue sans problème à O (comme c’est son boulot quand O est par terre) pour, sans aucune difficulté, créer une bonne cohésion entre G et R. Dès lors le succès est là, les Romains remis à leur place, la potion magique à nouveau active et un maniement réussi de la pagaie retourne l’action de Tullius Detritus contre lui-même.

Dès lors les trois peuvent revenir. Prendront-ils le pouvoir ?

Oui, mais pour le rendre aussitôt.

Et tout repart comme d’habitude.

Mais notre village réel, lui, n’est pas allé jusqu’à la zizanie complète. Loin de là. Et le début de l’action en éloigne (définitivement ?) la perspective. Gardons en tête deux choses :

  • Si elle devait se produire, le jeu sur l’absence de pouvoir, tel qu’Astérix nous le décrit, pourrait tout faire rentrer dans l’ordre ;
  • Attention ! il ne faut pas que le Président (“GM”) empiète sur le Premier Ministre (“O”).

Pas trop d’inquiétude non plus : Emmanuel Macron déclarait d’ailleurs (Le Monde du 7/4) qu’il voulait revenir à la lettre et à l’esprit de la Vème République en retrouvant les fondements de sa Constitution (décidément Michel Debré avait dû lire Goscinny et Uderzo !)

Bref, le bouclier du chef va tanguer car le président a été élu avec moins de la moitié des voix des français et la colère des 40% est grande.  

Bref, Tullius Detritus est toujours là, ce n’est plus exactement le Lepenanchon de l’entre-deux tours, c’est « la colère des 40% + certains médias ».

Derniers exemples en date de l’action de destruction : les accusations portées contre Richard Ferrand. C’est le problème de O exclusivement, il ne faut pas que GM s’en mêle. Dans les discussions avec les partenaires sociaux, GM ne doit intervenir que pour amorcer la pompe, puis il doit laisser O mener la totalité de l’action. M ne doit intervenir dans ces domaines que si le chef O « Abraracourcix -Édouard Philippe » est trop secoué, si le bouclier tangue très fort ou s’il tombe. Là, et seulement là, le “M” de GM doit intervenir pour le remettre en selle et dès que c’est fait, M doit rentrer dans le silence de son Palais.

Ceci posé, si M ne parvient pas à remettre “O” en selle, peut-être devra-t-il jouer la dernière carte. Celle du mobilisateur négatif “M-“, le druide n’ayant pas pu faire l’unanimité « autour de lui », on va être obligé de rechercher une unanimité “contre”.

 

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