Les États-Unis et deux de leurs alliés ont demandé mercredi à la population de ne pas s’approcher de certaines entrées de l’aéroport de Kaboul, invoquant des raisons de sécurité, alors que l’effort frénétique d’évacuation mené par les États-Unis dans la ville contrôlée par les talibans est confronté à des menaces terroristes et à l’approche de la date limite du 31 août.

 

Principaux faits

  • Tôt jeudi matin, heure de Kaboul, l’ambassade des États-Unis a émis une alerte demandant aux Américains de ne pas se rendre à l’aéroport de Kaboul sans instructions des autorités américaines, et exhortant les Américains présents à trois des entrées de l’aérodrome occupé par les États-Unis – Abbey Gate, East Gate et North Gate – à « partir immédiatement ».
  • Les autorités britanniques et australiennes ont également demandé à la population de se tenir à l’écart de l’aéroport de Kaboul et de se mettre en lieu sûr si elle se trouve déjà à proximité, en raison de ce que le gouvernement britannique a appelé une « menace permanente et élevée d’attaque terroriste ».
  • Le Département d’État américain n’a pas immédiatement répondu à Forbes lorsqu’on lui a demandé si les autres portes de l’aéroport étaient encore ouvertes, et le Pentagone a transmis une demande de commentaire au Département d’État.
  • L’alerte de l’ambassade mentionnait « des menaces pour la sécurité en dehors des portes de l’aéroport de Kaboul » (un porte-parole du Département d’État n’a pas donné plus de détails sur ces menaces).
  • Le président Joe Biden a déclaré mardi que ISIS-K – un groupe terroriste basé en Afghanistan et affilié à l’État islamique, ennemi des États-Unis et des talibans – cherche à cibler des civils et des militaires à l’aéroport de Kaboul.

 

Fait surprenant

Joe Biden a déclaré vendredi dernier qu’il était particulièrement inquiet au sujet de ISIS-K car certains de ses membres ont été libérés des prisons afghanes lorsque les talibans ont pris le pouvoir.

 

Le contexte

Lorsque les talibans ont renversé le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis il y a près de deux semaines, les États-Unis ont commencé à évacuer rapidement les citoyens américains, les Afghans qui travaillaient avec l’armée américaine et d’autres personnes qui craignent les représailles des talibans. L’armée américaine a contribué à l’évacuation de plus de 82 000 personnes de Kaboul au cours des 11 derniers jours, mais cet effort a été assombri par des préoccupations en matière de sécurité. Les talibans ont installé des points de contrôle à l’extérieur de l’aéroport contrôlé par les États-Unis et ont empêché les Afghans de partir. Les forces américaines et alliées ont affronté un homme armé près de l’aéroport en début de semaine et les responsables de l’administration Biden s’inquiètent des menaces de ISIS-K.

 

Ce qu’il faut surveiller

Les États-Unis devraient retirer leurs dernières troupes de l’aéroport de Kaboul le 31 août, mettant ainsi fin à une guerre de deux décennies en Afghanistan. Certains membres du Congrès et des alliés étrangers ont prévenu que l’armée américaine pourrait ne pas être en mesure de secourir tous les évacués d’ici là, mais Joe Biden a maintenu la date limite du 31 août mardi, affirmant que les États-Unis sont en bonne voie pour terminer les évacuations à temps et qu’un départ tardif de Kaboul augmenterait le risque pour les troupes américaines.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Joe Walsh

 

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