Les forces talibanes sont entrées dans Kaboul dimanche 15 août, alors que les personnels diplomatiques de plusieurs pays étaient évacués vers l’aéroport de Kaboul. L’ambassade des États-Unis craint que l’aéroport ne fasse également l’objet de menaces à la sécurité de ses ressortissants qui s’y sont réfugiés dans l’attente d’une évacuation.

 

Les talibans sont entrés dans Kaboul dimanche 15 août, alors que le porte-parole du groupe, Suhail Shaleen, avait déclaré à la BBC que les forces talibanes avaient reçu l’ordre « de rester aux portes de Kaboul, de ne pas entrer dans la ville. »

Les dirigeants talibans ont investi le palais présidentiel pour négocier un transfert du pouvoir. Suhail Shaleen a déclaré à Al-Jazeera que le groupe souhaitait une « reddition inconditionnelle » du gouvernement afghan, ce qui semble être le cas puisque le président Ashraf Ghani a quitté Kaboul et s’est envolé pour le Tadjikistan.

Le ministre afghan de l’Intérieur par intérim, Abdul Sattar Mirzakwal, a déclaré que le gouvernement serait transféré « pacifiquement » à un gouvernement « transitoire », sans préciser à quoi ressemblerait ce nouveau gouvernement.

Les États-Unis et d’autres pays évacuent leurs personnels diplomatiques. Selon CBS News, l’ambassadeur américain aurait quitté l’ambassade pour se rendre à l’aéroport. Le département d’État américain a précisé dimanche que certains rapports indiquaient que l’aéroport de Kaboul avait pris feu. Tous les citoyens américains dans la région sont invités à se mettre à l’abri à l’aéroport. La situation sécuritaire à Kaboul change rapidement.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, continue de défendre le retrait des forces américaines d’Afghanistan malgré l’entrée des talibans dans Kaboul. Pour Antony Blinken, le résultat n’aurait pas été différent si les États-Unis avaient retardé leur retrait.

Toujours selon Antony Blinken, les États-Unis ont « réussi » à atteindre leurs objectifs de lutte contre le terrorisme en entrant en Afghanistan après le 11 septembre. « L’idée que nous nous engagions à rester là-bas au milieu d’une guerre civile… n’était tout simplement pas dans l’intérêt national », a déclaré le secrétaire d’État américain.

Les États-Unis ont depuis longtemps prévu de retirer toutes leurs troupes militaires d’Afghanistan d’ici le 31 août, un calendrier qui, jusqu’à présent, ne semble pas être perturbé par la prise de contrôle rapide du pays par les talibans. Toutefois, si les talibans représentent une menace pour le personnel américain, la Maison-Blanche a promis de répondre par une démonstration de force. Si les talibans reprennent le contrôle du gouvernement afghan, les citoyens craignent que leurs droits soient sévèrement restreints comme dans les années 1990 lorsque le groupe d’insurgés contrôlait la région.

La prise de contrôle de Kaboul par les talibans et l’évacuation rapide du personnel diplomatique survient après que Joe Biden a prédit, pas plus tard que le mois dernier, que la probabilité que le groupe d’insurgés « prenne le contrôle de tout » et s’empare du pays était « hautement improbable. »

L’entrée des talibans dans Kaboul vient s’ajouter à la prise de contrôle rapide des plus grandes villes afghanes par le groupe d’insurgés depuis une semaine, alors que les États-Unis ont retiré leurs forces militaires de la région. Le groupe a pris le contrôle de Jalalabad tôt dimanche après avoir envahi la ville septentrionale Mazar-i-Sharif. La reprise du contrôle de l’Afghanistan par les talibans intervient après que Joe Biden a annoncé en avril que les États-Unis retireraient leurs troupes d’Afghanistan après deux décennies. Toutefois, cette prise de contrôle du pays a eu lieu plus rapidement que prévu, les services de renseignement militaires américains ayant prédit il y a quelques jours à peine que les talibans puissent reprendre Kaboul en trois mois. Les talibans s’étaient retirés de Kaboul en 2001 après que les États-Unis ont imposé une présence militaire dans la région après le 11 septembre.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Alison Durkee

 

<<< À lire également : Les talibans prennent le contrôle du palais présidentiel afghan alors que les États-Unis évacuent le personnel >>>