RUSSIE | Les États-Unis ont partagé de nombreux renseignements, y compris des cartes, avec leurs alliés en Europe. Ces renseignements « montrent une accumulation de troupes et d’artillerie russes pour se préparer à une avancée rapide et à grande échelle en Ukraine depuis plusieurs endroits » en cas d’invasion, plus de sept ans après que la Russie a annexé la Crimée, une décision largement condamnée par l’Occident.


 

Ces derniers jours, des milliers de soldats russes se seraient amassés près de la frontière avec l’Ukraine, à proximité des zones contrôlées par les séparatistes soutenus par la Russie.

Selon plusieurs rapports, les responsables du renseignement américain ont partagé des informations avec leurs alliés pour les avertir d’une possible invasion russe en Ukraine. Le New York Times a indiqué vendredi 19 novembre que « l’accumulation de troupes est prise au sérieux et les États-Unis considèrent qu’il ne s’agit pas d’un bluff. »

Bloomberg rapporte que Moscou a « appelé des dizaines de milliers de réservistes à une échelle sans précédent dans l’ère post-soviétique ». Ces réservistes pourraient être utilisés « pour sécuriser le territoire dans une phase ultérieure. »

Les dirigeants européens mettent en œuvre un « effort diplomatique de plus en plus frénétique » avec le président Vladimir Poutine pour empêcher une telle invasion après les derniers renseignements américains « selon lesquels le président russe pourrait envisager une invasion au début de l’année prochaine. »

Le chef de l’agence de renseignement de la défense ukrainienne a déclaré samedi 20 novembre à Military Times que la Russie planifiait une attaque vers la fin du mois de janvier ou le début du mois de février. Cette attaque impliquerait probablement des « frappes aériennes, des attaques d’artillerie et de blindés » suivies d’assauts aéroportés et amphibies et d’une plus petite avancée terrestre en passant par la Biélorussie voisine.

Au total, près de 100 000 troupes russes rassemblées à la frontière ukrainienne.

« Nous constatons une concentration inhabituelle de troupes, et nous savons que, par le passé, la Russie a déjà montré qu’elle disposait des capacités militaires pour mener des actions agressives contre l’Ukraine », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à propos du récent renforcement des troupes russes. De son côté, Moscou a qualifié ces préoccupations d’« alarmistes ».

Depuis que la Russie a illégalement annexé la péninsule de Crimée en 2014, ce que les États-Unis et leurs alliés n’ont cessé de critiquer, les tensions ne cessent de croître dans cette région d’Europe. En février, le président américain Joe Biden a réaffirmé que les États-Unis ne « reconnaissent pas et ne reconnaîtront jamais la prétendue annexion de la péninsule de Crimée par la Russie » et a rappelé son soutien à l’Ukraine face aux « actes agressifs » de la Russie. L’expert de la Russie Timothy Ash a déclaré à CNBC que Vladimir Poutine « veut l’Ukraine, car il n’a jamais accepté sa perte en 1991 avec l’effondrement de l’URSS, et considère l’Ukraine comme centrale dans sa vision de la Grande Russie. » Les deux nations faisaient partie de l’Union soviétique avant son effondrement en 1991. La Crimée a été rattachée à l’Ukraine en 1954 et constitue depuis une zone de conflit.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Téa Kvetenadze

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