L’armée américaine est devenue obsédée par la Chine, à l’exclusion d’autres dangers qui pourraient s’avérer plus urgents pendant le mandat du président Biden, tels que la menace que représente la Russie. L’inquiétude suscitée par la montée en puissance de la Chine est certainement justifiée, mais le principal objectif géopolitique de Pékin est actuellement de s’assurer le contrôle de Taïwan, qu’il considère comme une province dévoyée.


Dès que l’on dépasse la vulnérabilité de cette nation insulaire, la géographie limite la portée de ce que l’armée de Pékin peut faire dans son propre voisinage ; les océans, les montagnes et les déserts empêcheraient toute tentative de s’emparer d’un territoire adjacent.

Si seulement cela était vrai en Europe de l’Est, où la géographie permet à une Russie renaissante de menacer une demi-douzaine d’États voisins, dont l’un, la Biélorussie, est déjà en train de succomber à la stratégie de Moscou (voir la carte).

 

Russie
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La Biélorussie, une nation de 9 millions d’habitants, a servi depuis la fin de la guerre froide de tampon entre le reste de l’Europe et le poids principal de l’armée russe, mais de récents exercices militaires suggèrent que ce tampon est en train de disparaître alors que le dictateur Alexander Lukashenko tente de préserver son emprise sur le pouvoir.

Alexander Loukachenko a autorisé Moscou à déployer d’importantes forces militaires dans son pays lors des exercices Zapad-21 de septembre, et il n’est pas certain qu’elles vont toutes partir.

La stratégie de défense nationale du gouvernement Biden ne voit pas le danger et reste obsédée par l’Empire du Milieu

 

Les Russes ont notamment stationné des missiles sol-air S-400 à quelques pas de la frontière polonaise, ce qui place effectivement les Polonais dans un feu croisé entre les défenses aériennes situées en Biélorussie et l’enclave balte russe de Kaliningrad.

L’effondrement de l’autonomie de la Biélorussie constitue une percée pour la campagne de Vladimir Poutine visant à rétablir l’hégémonie de la Russie dans la région, un plan qui a déjà abouti à la prise de contrôle de la Crimée sur la mer Noire, à une révolte séparatiste de sept ans dans le cœur industriel oriental de l’Ukraine et à une pression continue sur les trois États baltes de Lettonie, de Lituanie et d’Estonie.

Le graphique indique qu’une fois tous les cinq ans environ, Washington est confrontée à un défi sécuritaire colossal auquel elle est mal préparée. Il indique également qu’une grande partie de ces chocs sont directement ou indirectement liés à Moscou – non pas parce qu’elle est fondamentalement plus agressive que Pékin, mais parce que ses circonstances sont tellement différentes.

Une fois que l’on a dépassé la menace que représente Pékin pour Taïwan, un problème assez simple et facile à résoudre, les plus grands défis géopolitiques à venir sont principalement liés aux visées russes en Europe.

Le gouvernement Obama a complètement manqué l’intérêt durable de Moscou à dominer l’Europe, et n’était donc pas préparé à faire face à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Les efforts de Washington pour dissuader Moscou de faire pression sur l’Ukraine depuis lors n’ont pas porté beaucoup de fruits, et surtout, les élites américaines n’ont pas réussi à saisir le grand plan de la Russie pour rétablir sa domination en Europe de l’Est.

Pour l’instant, la Pologne est le principal rempart contre cet expansionnisme renaissant, ce qui deviendra plus évident au fur et à mesure que la Biélorussie descendra dans le statut d’État fantoche russe.

Mais si la stratégie de défense nationale du gouvernement Biden ne voit pas le danger et reste obsédée par l’Empire du Milieu, il ne faudra pas s’étonner de voir l’influence russe pénétrer progressivement au cœur de la civilisation occidentale au cours des prochaines années.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Loren Thompson

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