Le Forum économique mondial, qui s’est tenu du 21 au 24 janvier à Davos, a fait couler beaucoup d’encre, mais ce sont surtout Donald Trump et Greta Thunberg qui font la une des journaux. Les débats de la 50e édition se sont concentrés sur le capitalisme participatif et sur les opportunités et besoins des entreprises à s’aligner sur le secteur public pour résoudre leurs problèmes.

C’est dans cet état d’esprit que Forbes a participé à l’organisation de la journée « Imagination in Action », en partenariat avec Tata Consultancy Services (TCS), MIT Connection Science et Global Citizen (un groupe de défense qui organisera en septembre Global Goal Live, le plus grand événement caritatif de l’histoire diffusé en direct). Cette journée a été conçue pour mettre en lumière les idées les plus incroyables, exprimées grâce à de nouvelles plateformes et de nouvelles technologies (en particulier l’intelligence artificielle et la blockchain), mais aussi de nouvelles philosophies ayant pour but de changer les choses. Parmi les orateurs, on pouvait trouver l’actrice et militante Priyanka Chopra-Jonas, mais aussi Ngozi Okonjo-Iweala, présidente de l’Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation, ou encore le PDG de Cisco Chuck Robbins et l’investisseur milliardaire Paul Tudor Jones. Après huit heures de discussion, nous avons choisi huit extraits essentiels de cette journée mémorable.

 

1. Un retour aux années 1960

Si les années 1960 sont synonymes pour beaucoup d’activisme et de conflits, elles sont aussi une période de prospérité économique. Selon Paul Tudor Jones, pour retrouver ce dynamisme, les entreprises doivent s’éloigner de l’obsession des actionnaires que Milton Friedman avait cristallisée dans les années 1980. Leur approche doit être plus équilibrée et valorisante pour les employés, les clients et l’environnement. Il a expliqué lors du sommet à Davos : « Dans les années 1960, si les marges privées étaient deux fois inférieures à celles d’aujourd’hui, le PIB était en revanche deux fois plus élevé que celui des dix dernières années ». Il ajoute que la priorisation des actionnaires sollicite des ressources gouvernementales, ce qui discrédite le discours politique.

2. Toute entreprise a un devoir d’éducation

Hans Vestberg, PDG visionnaire de Verizon, a déclaré lors de la journée « Imagination in Action » qu’il considérait les employés comme un atout essentiel de l’entreprise, et que pour cette raison leur loyauté et leur enthousiasme devaient être entretenus. Hans Vestberg a annoncé mettre l’accent sur la formation et l’éducation continues de ses 140 000 employés, avec des évaluations trimestrielles dans toute l’entreprise afin de s’assurer que chacun connaisse sa voie et puisse « se sentir responsable ».

3. La syndicalisation des données

Sandy Pentland, initiateur de l’événement « Imagination in Action » à Davos avec John Werner, lui aussi diplômé du MIT Connection Science, a déclaré : « Des entreprises comme Google, Amazon et Walmart exploitent leurs données pour libérer le potentiel humain ». Il a également comparé les droits individuels en matière de données au XXIe siècle aux droits des travailleurs au XIXe siècle. Selon lui, les coopératives de données permettraient à tous de s’opposer à l’utilisation des données personnelles par les grandes entreprises.

4. Le multilatéralisme reste essentiel

Alors qu’une grande partie du monde souffre de la fièvre nationaliste, Gavi, l’Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation, a démontré que les questions qui dépassent les frontières (concernant les pandémies, les urgences climatiques ou financières) nécessitent une coopération mondiale, avec un retour sur investissement pour tous. Jusqu’à présent, Gavi est une incroyable réussite, avec 760 millions d’enfants vaccinés depuis 2000. Ngozi Okonjo-Iweala, présidente de l’alliance, travaille actuellement pour dépasser la barre du milliard d’enfants vaccinés. Elle affirme que chaque dollar dépensé en vaccin permet d’économiser 54 dollars en frais de santé futurs, sans parler du coût humain, rappelant : « Mieux vaut prévenir que guérir ».

5. Donner de son vivant

Afin de combler le déficit annuel de 350 milliards de dollars en matière de dépenses pour mettre fin à l’extrême pauvreté, les plus riches devront payer davantage. Une proposition élégante a été discutée à Davos : chaque milliardaire pourrait faire don de 5 % de sa fortune nette chaque année. En supposant que la plupart des magnats s’enrichissent de 7 % tous les ans, ils n’auraient même pas besoin de piocher dans leurs économies. Pour Chris Stadler, directeur général de CVC et président de Global Citizen : « Le plus beau cadeau que vous puissiez faire est de changer la vie de millions de personnes ».

6. L’intelligence artificielle aussi a un cœur

Les craintes d’Elon Musk concernant le futur de l’intelligence artificielle (IA) sont justifiées. Mais si chaque IA était soumise à un filtre qui étudierait sa mission, la fin justifierait les moyens. Tommy Nicholas, cofondateur et PDG de la société Alloy, qui applique l’IA dans le secteur de la fintech, a déclaré lors du sommet à Davos : « La technologie permet de concrétiser ce qui est possible, ce qui détermine les normes et les meilleures pratiques ».

7. L’égalité est source de prospérité

Les Émirats arabes unis ont la chance d’avoir de nombreuses ressources naturelles et ont largement dépassé la plupart des sociétés pétrolières en appliquant des politiques commerciales libérales et en faisant appel à la population locale. Mohammed Bin Abdullah Al Gergawi, ministre des affaires du gouvernement et du Futur, annonce : « Nous avions un rêve en tant que petite nation. J’étais en CE2 la première fois que j’ai vu un drapeau. Nous n’avions pas encore d’université. Nous cherchions à engager des fonctionnaires, nous n’avions que 45 diplômés universitaires et seulement 5 étaient des femmes. Nous étions un jeune pays ». Aujourd’hui, les femmes représentent deux tiers des employés du gouvernement, la moitié de l’Assemblée nationale et un tiers du gouvernement. L’économie est en plein essor, et le pays ne connaît aucun conflit comme c’est le cas de ses voisins.

8. La génération Z peut faire la différence

Les jeunes militants comme Greta Thunberg, Malala Yousafzai et Emma Gonzalez ne sont pas des anomalies pour Priyanka Chopra-Jonas. Forte de ses 100 millions de followers, la jeune femme partage régulièrement son engagement avec Global Citizen et l’UNICEF. À Davos, elle a affirmé : « Moi je n’aurais jamais eu le courage de faire ça à 15 ans. C’est tellement incroyable de voir enfin le pouvoir que ces filles ont… Ensemble, les gouttes d’eau forment des océans ».

 

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