Alors que les tensions entre la Chine et les États-Unis concernant l’origine du Covid-19 s’exacerbent, le gouvernement américain a pris la décision de punir son opposant par un nouveau projet de loi qui ravive la guerre commerciale entre les deux géants.

Mercredi, Donald Trump a annoncé sur Twitter que les bénéfices de l’accord commercial signé avec la Chine ne suffiront pas à compenser les pertes économiques subies par son pays depuis le début de la pandémie de coronavirus, qu’il appelle volontiers « la peste de Chine ». Ce n’est pas la première fois que la Maison-Blanche tient la Chine pour responsable du bilan humain et économique du virus.


En début de semaine, un groupe de sénateurs républicains a présenté un projet de loi intitulé « COVID-19 Accountability Act », qui autoriserait Donald Trump à sanctionner la Chine si celle-ci ne fournissait pas de compte-rendu complet des événements qui ont engendré la pandémie de coronavirus telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Le même jour, le département du Travail des États-Unis a ordonné à un fonds de pension fédéral de 557 milliards de dollars de cesser tout investissement dans les actions chinoises, en raison du risque pour la sécurité nationale. En effet, selon CNBC, la Chine ne permettrait pas aux autorités américaines d’accéder aux rapports d’audit.

Par ailleurs, les autorités américaines ont averti mercredi que des pirates informatiques liés au gouvernement chinois tentaient de mettre la main sur la recherche des États-Unis sur les vaccins et les traitements contre le coronavirus.

Depuis plusieurs jours, le président et le secrétaire d’État Mike Pompeo répètent à l’envi une théorie controversée selon laquelle le coronavirus proviendrait d’un laboratoire de Wuhan, en Chine. Notons qu’il n’existe aucune preuve permettant de corroborer de cette information. 

En réponse à l’affirmation d’un journal d’État chinois selon lequel des responsables du pays auraient fait pression pour négocier des conditions commerciales plus favorables avec les États-Unis, Donald Trump a déclaré qu’il n’était « pas intéressé » par une renégociation de l’accord.

 

 

Donald Trump et Liu He, vice-Premier ministre de la République populaire de Chine, ont signé en janvier dernier la première phase de l’accord commercial tant attendu, après 19 mois de conflit. Dans le cadre de cet accord, la Chine s’est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars supplémentaires d’exportations américaines sur une période de deux ans. Depuis, l’économie chinoise a été fortement touchée par le virus, même si les experts affirment que sa reprise a été relativement rapide.

Les analystes de Goldman Sachs affirment que cette reprise est due aux mesures rigoureuses de confinement prises par la Chine et à la solidité de son secteur industriel (qui s’est redressé plus rapidement que d’autres). Cependant, la Chine a subi des pertes de plusieurs milliards de dollars (son économie a reculé de 6,8 % au premier trimestre par rapport à 2019, sa première baisse depuis 1992) et Pékin est sous pression, tenue d’augmenter ses importations en provenance des États-Unis. 

Bien que le département de l’Agriculture des États-Unis ait annoncé le mois dernier des « progrès continus » dans la mise en œuvre de certaines dispositions de l’accord commercial, le site d’informations Axios affirme que la Chine est loin de respecter les termes de l’accord.

La semaine dernière, Donald Trump a annoncé sur Fox News qu’il était prêt annuler l’accord commercial si la Chine ne remplissait pas sa part du marché : « S’ils n’achètent pas, nous mettrons fin à l’accord. C’est très simple ».

Mardi, la Chine a annoncé la mise en place de nouvelles exemptions de droits de douane pour 79 produits américains, dont des métaux de terres rares, ainsi que les minerais d’or et d’argent. Les nouvelles mesures prendront effet le 19 mai et seront effectives pour une durée d’un an. 696 produits américains étaient déjà concernés depuis février, comme le soja et le porc.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Sarah Hansen

 

<<< À lire également : A Quoi Vont Servir Les Millions De Thermomètres Commandés A Amazon Par Trump ? >>>